Jean-Claude Jaunait, président de Système U, s'exprime sur sa succession et sur Lucie

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Le 27 mai prochain, Jean-Claude Jaunait quittera la présidence de Système U après 30 ans de mandat national (et 45 ans de présence chez Système U). Il explique à LSA les modalités de sa succession et fait le point sur Lucie, l'alliance avec Leclerc. Cliq

 

 

L'alliance que vous avez créé avec Leclerc semble au point mort. Quel bilan faites vous de ce partenariat au sein de Lucie, alors que vous vous apprêtez à quitter la présidence de votre groupe ?

Au départ, l'action a été limitée à quelques opérations de partenariats économiques. Leclerc refusait que l'on examine plus complètement l'ensemble de nos relations. Et finalement, nous sommes arrivés à la conclusion qu'on ne pourrait pas créer un nouveau groupement. Nous sommes donc revenus au point de départ. Qui est de reprendre les bases du partenariat et de les assainir. L'alliance fonctionne donc mieux qu'à ses débuts. Il s'agit véritablement d'un partenariat renforcé. Mais ce n'est pas la constitution d'un nouveau groupement dans lequel les deux réseaux seraient complètement liés. Nous restons deux entités indépendantes. Pourquoi ? Parce qu'on ne veut pas et qu'on ne sait pas faire autrement. On ne peut  pas parce que nous n'arrivons pas à nous départager sur ce qu'est l'hyper et le super. On ne veut pas parce que nous sommes des entrepreneurs indépendants et les équipes ont envie de pousser, de progresser, plus que de partager. Et enfin, nous ne savons pas dire à des gens tu t'en vas parce que dans tel « pays » ou telle région, il y en a un de trop !  Nous en sommes incapables et même incapables juridiquement. Bien sûr, nous continuerons à acheter ensemble le carburant ou les premiers prix et à réaliser des importations en commun. Et même bien d?autres choses encore car il existe d'autres pistes d'amélioration. Mais nous ne lancerons pas de stratégie commerciale communautaire.

 

Au niveau européen, des partenariats sont-ils toutefois envisageables ?

C'est effectivement différent. Leclerc pense que son enseigne d'hypers peut exister en Europe. Nous,  nous pensons que nous pouvons collaborer avec d'autres enseignes indépendantes. Nous agirons donc de concert de plus en plus. Mais attention, les indépendants sont incapables de  faire ce que font les groupes intégrés; c'est-à-dire racheter des chaînes pour avoir une bonne base de départ. Si, demain, Leclerc devient un leader européen, tant mieux , car il n'y aura à l'avenir que quelques grand groupes qui auront une signification mondiale. Mais je ne pense pas que les groupements d'indépendants  seront les gros acteurs internationaux de demain. En revanche, nous pouvons être meilleurs régionalement, localement. Notre objectif est d'atteindre les 10% de parts de marché, ce qui sera fait à l'horizon 2007. En effet, cela représente un gain de 0,4 point par an, ce qui correspond approximativement à notre progression en 2002.

 

Et un rapprochement avec Intermarché est-il envisageable ?

Je souhaite sincèrement que Leclerc, Intermarché et Système U se rapprochent afin d'aborder les problèmes interprofessionnels. Peut-être au sein de la FCD, qui devrait regrouper l'ensemble des acteurs. Nous y réfléchissons.

 

Le 27 mai, vous vous retirez de la présidence de Système U. Comment votre succession va-t-elle se dérouler ?

Mon objectif  a toujours été de partir à 65 ans. J'ai juste un peu de retard. Mais ce retard ne pose aucun problème. D'autant plus que nous devions changer notre mode d'organisation.  Prenons le cas de Système U Ouest. J'en étais le président-directeur général avec tous les pouvoirs. Et j'avais incité les autres responsables à en faire autant. Car pour faire bouger le mouvement Unico, une telle concentration était alors nécessaire. Depuis, le groupement a bien avancé et le métier a changé. Une telle organisation n'est plus nécessaire. Nous sommes revenus à deux hommes, l'élu du réseau et le dirigeant permanent. L'un a en charge la vie associative (le HER pour Hommes/Enseignes/Réseau) et l'autre la conduite de l'entreprise. Le développement du réseau signifie le développement de la politique d'enseignes, le recrutement, le juridique, les finances... Alors que le permanent traite de l'offre commerciale, de l'informatique, de la logistique ou de l'administration. Le premier est plus conséquent en termes d'avenir et le second plus important en termes de moyens. Ces deux pôles demandent deux directions. Nous souhaitons faire remonter vers le national cette logique mise en place en régions. A savoir, là encore, le pôle associatif HER et le pôle économique. Le premier sera animé par Serge Papin. Président du GIE U, il sera porte-parole des valeurs de l'enseigne. Le second sera conduit par Yves Petitpas, président régional de l'Ouest. A ce titre, il sera le « chef de file » des régions et aura en charge la cohésion des centrales régionales et nationales. A ces deux pôles s'en ajoute un troisième au plan national. Il aura en charge les institutions du mouvement. On y appréhendera la logique d'ensemble des organes collectifs. A sa tête, on trouvera Yves Bartholomé qui, en tant que président du conseil d'administration de l'Union Nationale, veillera au bon fonctionnement de ces instances. Ces trois hommes sont donc aujourd'hui vice-président. Le 27 mai, me retirant, Yves Bartholomé quittera son titre pour prendre celui de président, avec à ses côtés deux-vice-présidents.

 

Et que devient l'Association ?
Elle devient l'émanation nationale de ce que le GEP (le Groupe d'entente et de proposition qui devient une association loi 1901) est au plan local. Plus politique qu'exécutive, elle aura principalement pour rôle de travailler sur les fondements du groupe, sur ses valeurs. Elle aura à sa tête un Conseil de l'Association. Le président de l'Association et le président de l'Union fonctionneront en relation étroite. Finalement, le GEP est l'élément de rassemblement sur un territoire de proximité et l'Association, le rassemblement de tous les associés U, au-delà des limites territoriales.  

 

Quel sera votre rôle ?

 Ils m'ont demandé de rester à leur côté. Je le ferai à une condition : que je puisse être à la fois critique et soutien. Car je ne veux pas être l'homme d'hier qui impose la vision d'aujourd'hui.  Ce qui serait invivable pour tout le monde A partir du 28 mai, je n'aurai donc que des fonctions bénévoles.

 

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