Jeux de société : "L'écart entre les classiques et les nouveautés se réduit chaque année" [Tribune]

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TRIBUNE D'EXPERTS A quelques jours de l'ouverture du festival "Paris est ludique !" et du démarrage des tournées des plages et autres événements autour du jeu de société, Alain Mihranyan, responsable de la catégorie jeux de société chez l'éditeur Goliath, fait le point sur ce marché, aujourd'hui très en vogue.

Le jeu Triominos (ici en version junior) est le sixième jeu le plus vendus en France.
Le jeu Triominos (ici en version junior) est le sixième jeu le plus vendus en France.© Goliath

Entre janvier et mai 2016, les ventes de jeux de société, hors cartes (Panini...), jeux de voyage et puzzles, ont réalisé un chiffre d'affaires d'environ 33 millions d'euros, en hausse de plus de 11% selon NPD. Cette performance, supérieure à celle de l'ensemble du marché français du jeu et du joue, en croissance de +5%, confirme l'engouement actuel des familles pour le jeu de société. 

Un marché encore dominé par les classiques, mais...

Dominé par Hasbro, qui totalise près d'un quart du chiffre d'affaires du jeu de société, le marché donne toujours la prime aux classiques : le Monopoly standard est toujours le jeu le plus vendu, devant La Bonne Paye, Scrabble classique, Puissance 4, Rubik's Cube et Triominos. Mais l'écart entre les classiques et les nouveaux jeux se réduit chaque année.

Alain Mihranyan, directeur commercial de Goliath

Le succès des classiques tient beaucoup aux parents qui, lorsqu'ils s'équipent en jeux de société revisitent d'abord ceux dont ils gardent un bon souvenir de leurs jeunes années, comme le Monopoly par exemple... même si au final, ils ne le sortent ensuite que deux fois par an. C'est la "ludothèque fantasmée" : les parents achètent ces jeux parce qu'ils estiment qu'il "faut" les avoir. 

Les party games en force

A l'inverse, les familles ont aussi chez elles une "ludothèque usitée" qui concentre les produits plus inscrits dans la tendance et au goût du jour. Devenus incontournables, les "party games" ou "jeux d'ambiance" doivent d'abord cet engouement à leur concept de jeu aux parties courtes et aux règles simples, voire très simples, à comprendre : le temps de concentration du joueur est de plus en plus court, l'apprentissage des règles de jeu doit être quasi immédiat. L'autre clé de réussite de ces jeux est leur humour : un jeu d'ambiance doit être aussi de la rigolade ! Enfin, la force de ces jeux est de s'adapter à la temporalité des jeunes d'aujourd'hui. Ils sont un peu au jeu de société ce que sont les applications mobiles au jeu vidéo sur lesquelles on joue quelques minutes : un petit plaisir ludique quotidien.

Aujourd'hui, cette tendance autour de ces jeux oblige les éditeurs à se lancer sur ce créneau. Difficile cependant de sortir du lot tant le marché du jeu de société est riche en nouveautés : chaque jour, deux nouveaux jeux sortent en France ! Du coup, nombre d'éditeurs ont réalisé un virage vers la distribution ultra-spécialiste pour leurs nouveautés. Grâce à leur forte dimension de conseil, les magasins spécialistes sont devenus un véritable tremplin de lancement avant une distribution ensuite progressivement élargie aux grands spécialistes et autres réseaux.

Plus d'action pour les jeux enfants

Sur le créneau des 4-6 ans, la tendance est au jeu d'action. Alors que les parents poussaient autrefois vers les jeux éducatifs, on note aujourd'hui des attentes d'émotion, de frisson et d'un contenu un peu plus transgressif. Les parents semblent avoir revu leur politique en la matière... d'autant que les enfants savent de plus en plus jeunes et de plus en plus précisément ce qu'ils veulent. 

Pour le choix d'un jeu enfant, la prime est aujourd'hui donnée au plaisir que l'on retire d'une partie, petits comme grands. Et les parents n'hésitent plus à se prendre également au jeu. La clé du succès : faire en sorte que tout soit dans la boîte, sans avoir besoin d'accessoires supplémentaires ou de télécharger des applications pour fonctionner. Les nouvelles technologies ne doivent pas créer d'interface supplémentaire entre les joueurs car le jeu de société reste avant tout un prétexte pour créer des liens avec les autres.

 

 

 

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