Jouets sexistes, et si c'était pire pour les garçons ?

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Haro sur le rose ! Lors des dernières fêtes de fin d’année, les actions contre les jouets « sexistes » ont fait florès. Dès mi-novembre, une maman américaine s’insurgeait d’un livre sous licence Barbie relatant les piètres capacités en informatique de la blonde poupée de Mattel. Une semaine plus tard, une fillette anglaise tançait Tesco sur Twitter à cause de pancartes « jouets pour garçons » dans ses rayons. En France en décembre, des collectifs féministes ont manifesté devant un magasin Toys‘R’Us pour dénoncer le marketing « genré » des jouets… une semaine avant la présentation au Sénat d’un rapport épinglant également les jouets sexués. Qu’on se le dise : y’en a marre de voir du rose sur les jouets destinés aux filles !

Mais qu’en est-il du bleu pour les garçons ? « Ces derniers sont encore plus conservateurs que les filles. Ainsi, quand on les questionne sur leurs héros préférés, ils ne citent que des personnages masculins, Spider-Man en tête, mais aucune héroïne, alors que les filles, notamment les plus âgées, citent également Spider-Man et Superman », pointe Charlotte Dupuis, directrice du cabinet spécialisé sur les enfants ABC+.

Tabou à sens unique

« Pourtant, les valeurs de bien et de justice incarnées par les super-héros ne sont pas masculines, elles sont humaines avant tout. Mais si on autorise désormais les filles à s’approprier ces valeurs, on interdit encore la réciproque aux garçons : une fillette qui joue avec des petites voitures ne choque plus personne, mais un garçon s’amusant avec une poupée ne passe toujours pas », observe Anoush Kevorkian, directrice exécutive de Warner Bros Consumer Products. Pour Franck Mathais, directeur du département consommation de La Grande Récré, qui a sorti dès 2009 des catalogues montrant des garçonnets jouant à la dînette, il reste encore beaucoup d’activités dites « de filles » desquelles sont exclus les garçons, comme les perles ou les poupons : « Le jour où l’on considérera qu’un petit garçon ne joue pas à la poupée mais joue au papa, les choses enfin changeront ! » La fin, peut-être, d’une vision de l’enfance en rose et bleu. 

Système U a déjà tenté de casser
les codes dans son catalogue de jouets en  2012.                                                                     

 

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Article extrait
du magazine N° 2351

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