[Edito] Joyeux Noël... commercial !

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yves puget

Pourquoi titrer ainsi cet éditorial ? Pourquoi, cette semaine, la rubrique dite « L’événement » est-elle dédiée à la mise en place des décorations de Noël dans les grands magasins parisiens ? D’autres sujets auraient pu s’imposer, comme l’inflation, le pouvoir d’achat ou les difficultés de recrutement. Mais comme les mauvaises nouvelles s’enchaînent, comme la pandémie est au centre des débats depuis bientôt deux ans et comme l’élection présidentielle n’annonce pas un apaisement général, il nous paraît opportun pour ce numéro daté du 25 novembre (et donc tout juste un mois avant Noël) de mettre un peu d’optimisme dans cette grisaille ambiante. C’est pourquoi nous voulons souhaiter à tous les acteurs de la consommation un joyeux Noël et donc de bonnes fêtes commerciales. Car dans les usines, les entrepôts, les camions et les magasins, tout sera mis en œuvre pour satisfaire les clients afin d’être au rendez-vous de ce mois crucial. Un véritable juge de paix commercial.

Les Français ont quatre semaines pour démontrer qu’ils n’ont pas perdu le goût de la fête ou qu’ils ont vraiment besoin de se changer les idées. Ils ont une trentaine de jours pour démentir tous ces sondages qui les disent inquiets et voulant réduire leurs dépenses. On ne peut que souhaiter qu’ils retrouvent l’envie de manger ensemble, le plaisir d’offrir. Qu’ils succombent à la tentation, à la nouveauté et aux achats d’impulsion. Qu’ils fassent plaisir à leur famille, à leurs amis et tout simplement à eux-mêmes. Qu’ils n’hésitent pas à « festoyer » avec de bons produits, de préférence made in France. Qu’ils oublient un peu les régimes et autres restrictions – leur moral n’en sera que meilleur. Quitte à prendre quelques bonnes résolutions dès le 1er janvier… Qu’ils s’abandonnent aux rites de cette société de consommation, tout en tenant compte des questions d’environnement et de responsabilité sociale et sociétale (ce n’est pas incompatible !). Qu’ils retrouvent du plaisir à déambuler dans les magasins et les centres commerciaux pour faire leurs emplettes. Qu’ils conservent ou retrouvent leur capacité d’émerveillement !

Car, bien au-delà des Galeries Lafayette et du boulevard Haussmann, des milliers de magasins se sont mis aux couleurs de Noël ou ont simplement sorti des décorations de fête. Des salariés vont se lever tôt pour fabriquer, livrer, mettre en rayons, animer, informer, aider et encaisser. Des clients seront souriants et compréhensifs, et d’autres seront pressés et énervés. Il faudra gérer le stress des urgences et des imprévus. Ce qui est toujours préférable à des magasins ou des rayons fermés car dits « non essentiels », ou à de longues minutes à attendre les clients. Voilà pourquoi ces quatre semaines ne doivent pas être perçues par les équipes comme une corvée mais comme l’aboutissement de leur métier : être au service des consommateurs. Car n’en déplaise aux thuriféraires de la déconsommation et aux apôtres du déclinisme, cette ruée – certes parfois boulimique – vers les rayons ou les écrans démontre le rôle primordial des achats dans notre bonheur personnel ou partagé. Le commerce se doit aussi d’être une fête ! 

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2677

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