Que devient Kindy, un an après sa reprise ?

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Quinze mois après la reprise de Kindy par un duo d’entrepreneurs, Thierry Carpentier et Salih Halissi, la marque des « chaussettes qui ne se cachent plus » entend revenir sur le devant de la scène. Démonstration depuis son siège de Moliens, dans l’Oise.

Kindy parviendra-t-elle à retrouver son statut d'antan?
Kindy parviendra-t-elle à retrouver son statut d'antan?© Xavier RENOUX

Reprendre Kindy… Et puis après ? Quand, en juin 2017, Thierry Carpentier et Salih Halissi acquièrent Kindy, c’est peu de dire qu’on les attend au tournant. L’ancien fleuron de la chaussette en France, à ses belles heures flirtant avec les 60 millions d’euros de chiffre d’affaires et les 1000 employés, était tombé bien bas : moins de 15 millions d’euros de ventes et des pertes cumulées qui s’affichaient à un niveau similaire.

Un objectif à 20 M€ dans les trois ans
De quoi largement avoir le moral… dans les chaussettes. Vous nous pardonnerez ce mauvais jeu de mots, mais on se l’autorise puisque, quinze mois plus tard, sans que ce soit encore youpi-tralala à tous les étages, Kindy va mieux, merci. « Nous atteindrons entre 14 et 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en cette année 2018, et visons les 20 millions dans les trois ans », avance Thierry Carpentier. Cette information posée, encore faut-il aller au-delà. Chez Kindy encore plus qu’ailleurs, où tous les ans on perdait deux à trois millions d’euros, on est bien placé pour savoir qu’une chiffre d’affaires seul ne veut rien dire. C’est pourquoi la suite est bien plus intéressante. « Nous avons bon espoir d’être rentable dès cette année », précise Thierry Carpentier.
Après une mise à niveau…
En soi, un petit miracle. Dans le textile, les collections sont conçues bien en amont et, tout au long de ces quinze mois qui viennent de s’écouler, les deux repreneurs ont dû faire avec ce qu’ils ont trouvé. Ce fut vrai des collections comme du reste. Et même plutôt du reste, d’ailleurs. « En année 1, on continue forcément à subir le passé, avance Thierry Carpentier. Notre première urgence a été de dresser un constat global de notre usine de Moliens. Il nous a fallu réparer les sols, les fenêtres, les toitures, les machines, bref tout remettre à plat et d’aplomb. » Un travail d’autant plus colossal que, la confiance étant à ce point brisée, la seule activité de trouver un artisan acceptant de se rendre encore à Moliens tenait d’un défi digne d’une épreuve de survie à Koh-Lanta. Mais, bon an mal an, ce qui devait être remis en état l’a été. Et, surtout, cette mise à niveau, pour gourmande en cash et en énergie qu’elle fut, n’a pas empêché les repreneurs d’investir dans le « business », le vrai. « Hors maintenance, pour l’achat de nouvelles machines ou la mise à niveau des systèmes d’information, nous avons injecté un bon million d’euros », soutient Thierry Carpentier.
…le retour des ambitions commerciales
Aujourd’hui, 40 machines sont déployées dans l’usine et, au dernier pointage, le cap des 100 employés, intérimaires compris, a été franchi quand, au moment de la reprise, Kindy n’employait plus que 59 personnes. « Notre mission est de faire renaître cette si belle marque », appuie Salih Halissi. En réalité, trois marques mêmes. Car si Kindy représente environ 70% de l’activité, le groupe dispose également dans son portefeuille d’Achile, distribuée dans le réseau des magasins indépendants et les grands magasins, et de Thyo, sur un créneau du sport plus spécialisé. Sans parler des licences, notamment celle du Coq Sportif, et de la production pour les MDD de deux grands groupes de la distribution.
Mais puisqu’il faut savoir concentrer ses efforts, la priorité est bien sûr donnée à Kindy. Ici, le postulat est assez simple. La marque est installée en cœur de gamme dans le réseau des grandes surfaces alimentaires (GSA). Elle y bataille avec des marques comme Dim ou Olympia, et avec les MDD. Elle doit faire, surtout, avec un désengagement massif de la part des hypers pour tout ce qui concerne l’offre non-alimentaire, ces dernières années. Bref, si le marché de la chaussette reste colossal en France, estimé à 600 millions d’euros par an, Kindy doit agir.
Le rachat de Tissel et une collab’ avec Giabiconi
Deux axes sont clairement identifiés pour cela. Ils ont tous deux trait à de la diversification. Celle de l’offre, d’abord, avec une gamme textile (sous-vêtements, sans doute tee-shirts basiques) à l’étude, « à moyen-court terme », pour sortir d’un socle mono-produit aujourd’hui trop risqué. Celle des canaux de distribution, ensuite. « Nous croyons énormément au système de l’abonnement », explique Thierry Carpentier. Le groupe y croit même tellement qu’il a racheté, en juin dernier, Tissel, un spécialiste nordiste de la vente « par coffrets ». Dans ses belles années, pas si lointaines, Tissel naviguait aux alentours des 15 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et si les ventes sont désormais tombées à 1,9 million d’euros, reste un savoir-faire logistique et, dans le bouquet de la mariée, un joli cadeau de quelque 100.000 clients dans la base de données. Autant de personnes qui, un jour, ont acheté des chaussettes à Tissel. Et qui donc, demain, sont susceptibles de faire de même avec Kindy. « Nous travaillons au lancement de notre service d’abonnement, explique Thierry Carpentier. Il se voudra le plus modulable et le plus adaptable possible, avec au moins deux offres, une pour les hommes (60% du chiffre aujourd’hui pour Kindy, Ndlr) et une pour les femmes (30% du chiffre, pour 10% aux enfants, Ndlr). » Pas bête si l’on considère qu’au moins, avec des chaussettes, le groupe ne sera pas trop embêté avec des taux de retours importants. C’est en tout cas une manière de sécuriser son activité, avec un canal de vente supplémentaire. Et puisque décidément Kindy entend être de retour, on pourra voir, dès le mois de novembre 2018, une collection capsule conçue avec Baptiste Giabiconi, tandis qu’un nouveau logo est attendu pour l’année prochaine, de même qu’une nouvelle mouture du site web, pour les semaines à venir. 

 

 

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA