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Kraft Foods group et Heinz Co fusionnent aux Etats-Unis

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Le groupe américain Kraft Foods a annoncé un accord de fusion avec son compatriote H.J. Heinz Company, contrôlé par le brésilien 3G Capital et par Berkshire Hathaway, la holding de l'investisseur Warren Buffett, pour créer le nouveau numéro cinq mondial de l'alimentation et de boissons.

 The Kraft Heinz Company sera le nom d'une nouvel ensemble issu de la fusion entre Heinz Co et Kraft Foods Group
The Kraft Heinz Company sera le nom d'une nouvel ensemble issu de la fusion entre Heinz Co et Kraft Foods Group

C’est confirmé ! Kraft Foods Group, l’un des géants de l’agro-alimentaire aux Etats-Unis fusionnera avec Heinz CO, détenu par le fonds brésilien 3G Capital du milliardaire Jorge Paulo Lemann, associé à la holding de Warren Buffett, qui détiendront 51% du nouvel ensemble, contre 49% pour les actionnaires actuels de Kraft. Ces derniers se verront proposer d’échanger leurs titres contre des actions du nouveau groupe et un dividende exceptionnel de 16.50 dollars par action, soit 10 milliards de dollars financés par Berkshire Hathaway et 3G capital. L’accord, qui devrait être finalisé au cours du second semestre 2015, reste soumis à l’approbation des actionnaires de Kraft et aux autorités de la concurrence. Bernardo Hees, l’actuel directeur général de Heinz prendra la direction du nouvel ensemble baptisée The Kraft Heinz Company qui affichera un chiffre d’affaires de 28 milliards de dollars (25,2 milliards d’euros) et regroupera huit marques réalisant plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires et 5 marques dont les ventes oscillent entre 500 millions et 1 milliard. Celui-ci représentera le nouveau numéro 5 mondial de l’alimentation et de la boisson. Les synergies pourraient représenter 1,5 milliards de dollars annuel d’économies à partir de 2017.

Une entreprise en difficulté

On le savait, Kraft Foods traversait une passe difficile sur un marché des produits alimentaires flat aux Etats-Unis. L’entité est issue de la scission en 2012 de Kraft en deux avec d’un côté, Mondelez, concentré sur les marques de snacks et de confiserie à l’international et pesant environ 35 milliards de dollars avec des marques milliardaires comme Oreo, Nabisco, Lu, Cadbury ou Milka. De l'autre, Kraft Foods, concentré sur les produits d’épicerie en Amérique du Nord avec des marques comme Philadelphia, Velveeta (fromage), Maxwell House ou Kool-Aid (boissons), Oscar Mayer (charcuterie). L’an dernier, son chiffre d’affaires est resté stable à 18 milliards mais avec une perte de 398 millions de dollars au 4ème trimestre et des bénéfices qui ont chuté pour l’année de 62% à 1 milliard de dollars, compte tenu notamment de la hausse du prix des matières premières. Kraft Foods a connu une crise de gouvernance, avec l'éviction en décembre dernier de Tony Vernon remplacé par John Cahill à la direction, et des problèmes stratégiques liés à l’évolution des consommateurs aux Etats-Unis qui réclament des produits plus sains et plus premium alors que la société n’a pas pris le virage vers des produits naturels ou bio, contrairement à ses concurrents.

Les fonds, nouveaux multi-spécialistes de l’alimentaire

Une proie idéale pour 3G Capital Partners qu’on savait, après la levée récente d’un fonds d’achat de 5 milliards auprès de ses investisseurs, à la recherche de nouvelles cibles. La société brésilienne avait racheté en 2013 H.J.Heinz  (ketchup et surgelés) pour 23,6 milliards de dollars. Pour cette opération elle avait déjà fait équipe avec l'investisseur Warrenn Buffett de Berkshire Hathaway Inc. Ce rachat avait entraîné des réductions de coûts drastiques, la suppression de milliers d’emplois et le remplacement de l’équipe de direction en quasi-totalité. Aujourd’hui le fonds brésilien constitue un acteur majeur de l’agroalimentaire mondial. Avec, dans son escarcelle, la chaîne de restauration rapide Burger King, rachetée en 2010 pour 3,3 milliards de dollars. « Cela confirme cette tendance des fonds à devenir des multi-spécialistes de l’alimentaire en investissant directement leur argent dans plusieurs activités avec des méthodes de gestion drastique et de réduction de coûts quand les multinationales se concentrent aujourd'hui sur les activités stratégiques et les marques milliardaires, en arrêtant de saupoudrer les investissements », observe Yves Marin, Senior manager du cabinet Kurt Salmon. Un nouveau rôle des fonds qui se généralise aussi dans la distribution.

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