L'accord Carrefour-Cora expliqué à 103 fournisseurs : un industriel raconte ce meeting stratégique

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Carrefour a accueilli le 6 janvier 103 fournisseurs de produits de grande consommation (PGC) au siège de Massy-Palaiseau, en compagnie des équipes de Cora, afin d’expliquer la teneur de l’accord d’achat signé fin décembre. Un industriel nous a confié ses impressions.

Noël Prioux, directeur général de Carrefour france, a expliqué l'accord avec Cora devant 103 fournisseurs, le 6 janvier.
Noël Prioux, directeur général de Carrefour france, a expliqué l'accord avec Cora devant 103 fournisseurs, le 6 janvier.

Carrefour a accueilli le 6 janvier 103 fournisseurs de produits de grande consommation (PGC) au siège de Massy-Palaiseau, en compagnie des équipes de Cora, afin d’expliquer la teneur de l’accord d’achat signé fin décembre. Le directeur commercial d’un industriel nous raconte comment il a vécu ce raout stratégique. Industriel oblige, il est critique. Et, en pleine période de négociation, il a tenu à garder l’anonymat, mais son analyse de l’accord n’en est pas moins pertinente.

103 fournisseurs au siege de CArrefour
"Le grand meeting a commencé à 13h45 avec les grands noms des PGC comme Nestlé, Coca, etc. Les PME et les fabricants MDD en étaient exclus. Le but était de présenter le sens donné au rapprochement des achats. Sur scène, il y avait Jérôme Hamrit, directeur des achats PGC de Carrefour, et Gérard Germain, directeur général de la centrale Provera. Ensuite, Noël Prioux, le directeur général de Carrefour France est monté sur scène avec Patrick Bonislawski, le directeur général de Cora France. Au total, il y a eu une heure d’explication et une trentaine de minute de questions."

Un levier de croissance pour Carrefour, « rien de plus »
"Noël Prioux [directeur général de Carrefour France, NDLR] a insisté sur la dynamique retrouvée de Carrefour, avec plus de 600 rénovations de magasins hypers, super et proxi prévues pour 2015. Dans ce cadre, il a présenté le renfort de Cora-Match comme un levier supplémentaire sur les prix et la promo, mais rien de plus. Quant à Cora, il a reconnu de grosses difficultés en 2014, malgré de bons mois de novembre et décembre. Il a admis que la croissance passe aujourd’hui par le prix, donc de bonnes conditions d’achat."

La nature surprenante de l’accord
"Il y aurait une convention d’adhésion de Provera aux centrales de référencement de Carrefour. Cora-Match remet donc un mandat d’achat. Ce qui m’a surpris, c’est qu’il a été dit que seul Carrefour sera amené à négocier, il rédige une convention unique et le plan d’affaire. Le déploiement opérationnel est ensuite le fait de chaque enseigne. C’est un événement majeur de voir Cora confier la totale responsabilité de ses achats. Je m’attendais vraiment à le retrouver dans le processus, comme dans les alliances Système U-Auchan et Intermarché-Casino."

Cora n’aura pas accès au secret des négociations
"Les conditions commerciales ne seront connues que par Carrefour, qui transmettra ensuite le prix d’achat à Provera, en toute confiance. Si l’on regarde ça de haut, cela veut dire que Carrefour se réserve le droit de faire une marge au passage. Ce qui peut expliquer son intérêt pour cette alliance…"

Une première étape vers un rachat ?
"Même si les dirigeants de Cora s’en sont défendus, cela ressemble quand même beaucoup à une première étape avant une intégration totale. Je vois mal des distributeurs de plus de 50 ans [les frères François et Pierre Bouriez, co-directeurs généraux de Cora, NDLR], qui se sont autant battus pour conserver leur indépendance et leur leadership dans l’Est, faire une telle concession sans arrière-pensée."
 

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