L'accord entre la FCD et Coop de France pour les relations commerciales se veut "historique"

L'accord sur les relations commerciales au sens large signé par les deux fédérations, la Fédération du commerce et de la distribution, et Coop de France, qui représente des centaines de coopératives, se veut "historique", si l'on en croit la ferveur des signataires lors d'une conférence de presse. Verbatims.  

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L'accord entre la FCD et Coop de France pour les relations commerciales se veut
Jacques Creyssel (FCD) et Philippe Mangin (Coop de France) à l'occasion de la signature de leur partenariat

Si le ramage se rapporte au plumage, l'accord signé par Jacques Creyssel au nom de la FCD (Auchan, Carrefour, Casino...) et Philippe Mangin, président de Coop de France qui représente 40 % des ventes dans l'alimentation via ses coopératives adhérentes, devrait être d'une très grande importance pour les deux parties. Les deux dirigeants ont rivalisé de ferveur, qualifiant leur accord "d'historique", et égrénant les chantiers auquels ils ont bien l'intention de s'attaquer, comme les relations commerciales sous l'égide de guides de bonnes pratiques, un partage des connaissances sur l'évolution de la consommation, la recherche de gains logistiques, le soutien à la politique sociale et environnementale et bien sûr la mise en valeur des produits et des marques issues du modèle coopératif. Autant de chantiers à ouvrir qui s'ajouteront aux "Matinales de la distribution", lancées il y a un an, et qui visent à établir un dialogue constant entre les dirigeants de coopératives fabriquant des produits alimentaires et les dirigeants d'enseigne qui les écoulent. Nous vous livrons quelques verbatims lancés lors de la conférence.

Philippe Mangin : "l'accord est un acte de responsabilité"

"La création du pôle alimentaire au sein de Coop de France il y a un an et qui est désormais bien installé visait notamment àn ouvrir un dialogue avec les enseignes. Nous sommes en conformité avec notre objectif. L'accord signé aujourd'hui est historique, c'est un acte de responsabilité. La guerre des prix bat son plein depuis deux ans et nous partageons avec les enseignes le même diagnostic. Tout le monde perd de l'argent. Nous devons établir un dialogue de qualité, notamment en tenant compte du consommateur dont le pouvoir d'achat est contraint. Il faut rapprocher les agriculteurs des consommateurs. C'est un New Deal, nous voulons sortir de la situation de conflit permanent par médias interposés pour nous concentrer sur la recherche de solutions pour toute la filière."

Jacques Creyssel : "c'est le début d'une histoire"

"Nous voulons ouvrir des chantiers colossaux, c'est le début d'une histoire entre les enseignes et les coopératives. Nous aurons des rendez-vous réguliers, sur tous les sujets. La révolution digitale touche tous les acteurs, la crise que nous connaissons depuis deux ans nous contraint à revisiter tous les domaines, en sortant de la relation de posture, du conflit, et en passant à la construction. Le seul côté positif de la crise de l'élevage, c'est qu'elle a révélé combien les sujets étaient complexes, qu'elle trouvait aussi son origine dans l'embargo russe, les décisions prises par l'Europe, la compétitivité, dont les enseignes ne sont pas responsables. Nous devons faire face à la crise ensemble, créer de la valeur, redonner confiance au consommateur"

Philippe Mangin : "nous n'entrons pas dans un monde de bisounours"

"Nous restons réalistes, ce n'est pas cet accord qui va nous entraîner dans un monde de bisounours où il n'y aurait plus aucun conflit. Mais on veut se placer dans une démarche de progrès. Nous n'avions jamais essayé d'entamer le dialogue, or nous voyons bien que nos réunions s'étoffent de séance en séance. Les coopératives sont encore trop peu connues des consommateurs, mais notre nouvelle campagne de communication commence à faire le lien entre les coopératives et les produits qu'elles fabriquent. Nous avons une histoire à raconter. Une enseigne va nous suivre pour la première fois dans la promotion de nos produits à l'occasion de cette campagne" (Philipe Mangin refuse de dire laquelle, ndlr)

Jacques Creyssel "la baisse des prix a permis de maintenir les volumes"

"Le consommateur a changé. La crise l'ai aidé à évoluer. Il a réinvesti les baisses de prix obtenues depuis deux ans dans les volumes d'achat et la qualité des produits. C'est ce qui explique le succès des labels de qualité, la confiance dans la marque, dans le respect de l'environnement, la santé, les droits sociaux, l'innovation technologique. Ce sont ces changements de comportement que nous devons observer ensemble, pour créer la segmentation qui répond aux nouvelles attentes"

Philippe Mangin : "pas d'accord global avec les indépendants"

"Nous n'avons pas de charte globale avec les groupements d'indépendants parce que c'est plus compliqué. Nous ne pouvons pas nous inscrire dans la démarche producteur-commerçant d'Intermarché, puisqu'elle consiste justement à promouvoir ses propres usines et ses propres produits. Et Michel-Edouard Leclerc, il n'est pas facile, il sourit beaucoup, il est chaleureux, mais de là à ce que ca débouche sur du concret, non, il ne se passe rien. Et puis, n'essayons pas de vouloir tout faire."

Jacques Creyssel :"les consommateurs sont sensibles aux promotions"

"Il y a eu un décret sur les promotions de la viande. Or, les consommateurs sont très sensibles aux promotions. Il faut trouver un équilibre mais quand la consommation baisse, la promotion permet de faire repartir les ventes. Le but n'est pas de faire du low cost, mais de savoir comment préserver le volume de vente avec les prix correspondant au pouvoir d'achat. Les promotions servent aussi aux industriels à préserver leur part de marché"

Phlippe Mangin : "les filières en crise doivent s'adapter"

"On connaît toutes les raisons qui ont amené les filières animales dans la crise et l'une d'elle est sa désorganisation, nous ne le cachons pas. On lit aussi ce qui est écrit là-dessus et il faut que les dirigeants de coopératives rendent des comptes à leurs adhérents, sans aller jusqu'à ce que ces derniers aillent dans les box de négociations avec les enseignes. Je ne vois pas le directeur commercial de Delpeyrat aller négocier accompagné de trois producteurs de canard. En revanche, les coopératives doivent redoubler d'énergie, expliquer l'évolution de la consommation. Dans ma coopérative, on a demandé à tous les éleveurs de changer la race de leur troupeau pour que les produits répondent au marché, du lait, du steack haché, et de l'entrecôte. C'est celà, accompagner les adhérents".

Jacques Creyssel "Nous sommes prêts à la même démarche avec l'Ania"

"L'accord que nous avons passé avec les coopératives est une nouvelle étape, nous avions déjà initié la même démarche avec la Feef, mais cette fois la dimension est plus importante compte tenu des volumes produits. Nous avons la conviction que la collaboration est la bonne démarche, mais ce n'est pas le cas de l'Ania et de l'Ilec, sauf pour des dossiers comme les codes nutritionnels où nos positions se rejoignent. Nous pourrions être autour de la table aussi pour les autres sujets, nous y sommes prêts, nous devons pouvoir réfléchir ensemble sans faire appel aux pouvoirs publics"

Philippe Mangin "soutenir l'agriculture et l'agroalimentaire"

"Avec cet accord, si nous réussissons notre coup, si nous arrivons à une bonne exécution de la charte, cette journée aura été très importante pour l'agriculture et l'agroalimentaire. Nous devons progresser, nous n'y échapperons pas. Nous ne prétendons pas qu'il n'y aura plus de négociations entre les acteurs ou qu'elles se passeront toujours dans la facilité. Mais l'enjeu est bien plus important, il faut faire reconnaître le modèle agricole que défendent les coopératives, en s'adressant aux citoyens, et maintenant au consommateur, avec l'appui des distributeurs"

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