L'agroalimentaire bénéficie d'une bonne image sauf sur les prix

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Le premier baromètre d'image des industries alimentaires témoigne de la confiance des Français envers le secteur. Mais aussi de l'ampleur de leurs attentes en matière de traçabilité et de prix.

Une bonne réputation mais quelques grosses faiblesses. L'Association nationale des industries agroalimentaires (Ania) vient de publier un premier baromètre d'image du secteur dont les résultats ont « assez agréablement surpris » Jean-René Buisson, président de l'Ania, « bien qu'une personne sur deux n'ait pas de connaissance précise » de cette branche de l'économie.

En effet, seulement 47% des Français sondés par GfK ISL disent avoir une idée claire de l'activité du secteur, contre 46% qui disent le contraire et 7% qui ne se prononcent pas.

 

20 % de méfiants

Cette réserve faite, près des deux tiers de la population française ont « une belle image et de très fortes attentes » vis-à-vis du secteur, contre « 15% de désimpliqués - pour des raisons économiques - et 20% de méfiants », explique Helen Zeitoun, directrice générale de GfK ISL France.

Lorsque l'on aborde des sujets plus concrets, le même visage de Janus s'impose. Ainsi, une large majorité trouvent les produits alimentaires goûteux, variés et innovants. Mais le revers de la médaille, c'est le sentiment que les produits sont de plus en plus standardisés. Et que les prix augmentent.

Les Français ont en effet l'impression que la part de l'alimentaire dans leur budget croît quand celle-ci a été divisée par deux en cinquante ans ! C'est, selon Jean-René Buisson, le secteur qui veut ça : « À la différence de l'internet ou du high-tech, où les achats sont volontaires, les achats alimentaires sont nécessaires. Toute augmentation est vécue négativement. » Un handicap quand la hausse des matières premières pousse inéluctablement à une augmentation des prix... « Il faudra passer des hausses, les tarifs ne peuvent pas être figés », martèle le patron de l'Ania, en plein bras de fer des négociations commerciales entre fournisseurs et distributeurs.

 

D'autres leviers à activer

« Aujourd'hui, aucun accord n'a été signé avec les enseignes, la situation est même bloquée avec Carrefour et Leclerc », précise-t-il, avant d'agiter les risques du statu quo pour l'emploi.

Créer des emplois, justement, est la deuxième priorité exprimée par les sondés, juste entre le souhait d'un étiquetage nutritionnel plus clair et celui d'une meilleure sécurité alimentaire... Autres leviers d'image que l'Ania entend actionner.

Une perception ambivalente du secteur


Une bonne image générale

3,2 / 5 : La note d'image de l'agroalimentaire parmi dix secteurs économiques


Des bons points sur la qualité

76% des sondés estiment que les produits répondent aux besoins

74% trouvent l'offre plus variée qu'avant


Une mauvaise image prix

87% trouvent les prix de l'alimentaire plus élevés qu'il y a six mois

84% trouvent les produits plus standardisés en termes de goût et de packaging

71% estiment que la part de l'alimentaire a augmenté dans le budget de leur foyer au cours des dernières années


Des attentes prioritaires

65% attendent le développement d'un étiquetage nutritionnel compréhensible

60% espèrent la création d'emplois

60% veulent des garanties pour une alimentation plus sûre

59% souhaitent voir se développer les produits bio


Avec une cote d'amour qui correspond à la moyenne de dix secteurs économiques (banque, chimie, santé...), l'agroalimentaire arrive en troisième position derrière l'artisanat et le petit commerce, loin devant la grande distribution (2,8 / 5). Les sondés jugent positivement les produits alimentaires en termes de goût et de praticité. Mais ils regrettent que l'alimentation leur coûte plus cher - contre toute évidence en ce qui concerne la part du budget - et reste ambigus concernant la diversité de l'offre (une offre plus variée mais des produits plus standardisés...). En tant que consommateurs, leurs priorités se portent cependant sur la transparence et la traçabilité, en tant que citoyens, sur l'emploi.

Source : GfK pour l'Ania, enquête en ligne auprès d'un échantillon représentatif de la population française de plus de 1 000 personnes.

Nous devons expliquer aux consommateurs qui nous sommes, ce que nous faisons quotidiennement pour garantir une alimentation variée, équilibrée et source de plaisir et ce que nous faisons en termes de métiers

Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries agroalimentaires

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Article extrait
du magazine N° 2167

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