"L'alliance aux achats Mano, entre Conforama et Casino, c'est 1,3 milliard d'euros d'affaires en commun" [Interview]

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Son nom : Mano, pour les deux dernières syllabes de Conforama et de Casino. Les deux enseignes feront achats communs d'ici le 1er décembre pour un total de 1,3 milliard d'euros de volume d'affaires et une trentaine de grandes marques. Alexandre Nodale, le pdg de Conforama, donne à LSA son analyse.

Pour Alexandre Nodale, le pdg de Conforama, la nouvelle centrale d'achats doit être simple, du moins pour démarrer.
Pour Alexandre Nodale, le pdg de Conforama, la nouvelle centrale d'achats doit être simple, du moins pour démarrer.© © Gerard Uferas

LSA : Les accords aux achats dans le non-alimentaire sont très rares, du moins en France. Vous avez annoncé ce matin la création d’une centrale d’achats commune avec Casino. Quels en sont les contours  ?

Alexandre Nodale : Cet accord porte uniquement sur les produits blanc-brun gris, autrement dit tout l’électroménager et les produits techniques (télévisions, ordinateurs…). Il se concentre également sur les grandes marques, ce qui représente un volume d’achats de 1,3 milliard d’euros, commun au groupe Casino et à Conforama.

LSA : Quel est le périmètre exact retenu par l’accord ?

A.N : L’accord porte sur la France uniquement, et ne concerne pas les autres pays dans lesquels nous sommes, comme la Suisse, l’Espagne ou le Portugal, ni le groupe Steinhoff. Pour Casino, cela concerne Cdiscount, Géant, Monoprix et Supermarché Casino. La nouvelle centrale, baptisée Mano, sera détenue à 50/50 par Conforama et Casino. Notre alliance devrait entrer en vigueur avant le 1er décembre et ne nécessite pas une autorisation de l’Autorité de la concurrence, qui doit être sollicitée pour les accords générant un volume d’affaires supérieur à 3 milliards d’euros.

LSA : Au printemps dernier, Fnac et Darty ont constitué un nouvel ensemble pesant plus de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. S’allier avec un distributeur alimentaire est une manière de le contrer ?

A.N : Ce partenariat s’inscrit dans un environnement de plus en plus concurrentiel, où la concentration se fait plus forte, tant du côté des fabricants que des distributeurs. Pour nous, c’est très important puisqu’avec les produits techniques, ce qu’on appelle le « blanc-brun-gris » pèse presque 40% du chiffre d’affaires de Conforama. Cela va forcément apporter plus de compétitivité sur ces produits.

LSA : Comment va se traduire concrètement cette alliance aux achats ?

A.N : La centrale d’achats  devrait être basée entre les deux sièges de Conforama et de Casino, vers Bercy Village. Les équipes seront très courtes, composées d’une petite dizaine de personnes. Elles travailleront au départ sur une trentaine de marques, les plus gros fournisseurs. Demain, ce sera peut-être plus. Pour qu’un rapprochement aux achats fonctionne, il faut que ce soit simple.

LSA : A combien chiffrez-vous les gains à l’achat ?

A.N : Je ne communique pas de chiffres, mais il est certain que cela renforcera notre compétitivité.

 

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