L'alliance Leclerc-Système U se joue des obstacles

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Parmi les grands desseins poursuivis par Leclerc, l'Alliance Leclerc-Système U occupe une place à part. Beaucoup plus qu'une simple centrale d'achats, leur structure commune, Lucie, est un cadre où se joue l'avenir des deux alliés.

Un à un, les obstacles qui freinaient la montée en puissance de l'Alliance entre Système U et Leclerc, les deux groupements d'indépendants les plus performants de France, volent en éclats. Les hauts cris des fournisseurs, qui dénonçaient au moment de la création de Lucie (L'Union des coopérateurs indépendants européens), début mars 1999, une énième strate de référencement et de « racket », se sont tus. Les menaces de boycott des adhérents de l'Institut de liaisons et d'études des industries de consommation (Ilec), le puissant lobby des grands industriels des PGC ont également fait long feu. « Les industriels ont compris que nous étions déterminés, que nous allions durer. Mais aussi que nous constituons une alternative essentielle, un pôle de stabilité, face aux grands groupes multinationaux, comme Carrefour et peut-être bientôt Wal Mart », expliquent Bernard Bornancin, président de la Scalandes, et Yves Petitpas, président de Système U Ouest, les deux principaux artisans de la mise en oeuvre de l'Alliance, qui sont aussi président et vice-président de Lucie.

Deux tiers des marques achetées en commun

« Ce que nous faisons ensemble aujourd'hui était encore totalement inconcevable il y a cinq ans. C'est énorme », insiste Bernard Bornancin. La totalité des carburants et des premiers prix (plus de 700 références) sont désormais achetés en commun. Dès cette année, 60 à 70 % du chiffre d'affaires en PCG des deux enseignes seront négociés de concert pour 2001. Et d'ici à deux ou trois ans, 80 à 90 % de la grande importation (produits non alimentaires, produits de sourcing surgelés, etc.) passeront par Lucie. Autres synergies envisagées à court terme : l'achat d'espace publicitaire, l'achat de papier pour les prospectus, voire, peut-être, des services financiers communs.

Même du côté des marques propres, les choses évoluent. Écartées des premières négociations, elles commencent à être examinées de concert. « Nous allons faire de la verrerie ensemble et rien ne nous empêche d'aller voir les mêmes fournisseurs pour une référence donnée, même si les packagings et la logistique ne sont pas les mêmes », indique Yves Petitpas. Des réflexions sont aussi en cours autour des sélections de produits de terroir : Savoir des Saveurs et Nos régions ont du talent. Autre avancée : les échanges de savoir-faire. « Nous travaillons dans les deux groupes, afin que les éléments les meilleurs de la culture de chaque enseigne soient diffusés dans l'ensemble, souligne Michel-Édouard Leclerc. Système U nous a montré la voie sur des troncs d'assortiment communs. Et ils se penchent sur un système de bons d'achats. »

Objectif : fédérer les indépendants européens

Des premiers succès que le coprésident des centres Leclerc justifie par la méthode employée. Les associés et les adhérents des deux groupements sont systématiquement impliqués dans les décisions. Tous les projets de l'Alliance et de Lucie sont soumis au Comité stratégique de Leclerc et au Conseil d'administration national de Système U. Et ce sont les assemblées générales des deux groupes qui en fixent les grandes orientations et les limites à ne pas franchir. Notamment le respect de trois chasses gardées : l'assortiment, la politique commerciale des enseignes et, surtout, l'exploitation des points de vente. « On ne touche pas aux magasins, c'est le patrimoine des adhérents qui restent indépendants », insiste Bernard Bornancin. Et la compétition entre les deux enseignes demeure, même si un code de bonnes pratiques est à l'étude pour éviter les débordements.

Mais l'Alliance ne se réduit pas aux achats. « Nous plaçons dans Lucie tous les chantiers à valeur ajoutée qui apportent une dynamique supplémentaire aux deux groupes, explique Michel-Édouard Leclerc. Notre objectif est de devenir à moyen terme le groupe européen phare susceptible de fédérer les autres indépendants. La concentration en cours dans la distribution nous donne des arguments par rapport à ces alliés potentiels pour renforcer les processus de coopération à tous les niveaux. » Reste à convaincre les partenaires potentiels. Or, les discussions engagées avec Elos, au Portugal, et Sisa, en Italie, n'ont pas encore débouché sur des projets très tangibles.
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Article extrait
du magazine N° 1703

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