L’Ania, Coop de France et la FNSEA à l’assaut de Bercy

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LÉGISLATION - LOIS Les trois lobbies tenaient hier une conférence de presse pour faire part de leur insatisfaction sur le projet de loi Hamon, l’écotaxe et la situation de l’agroalimentaire, et le quasi-refus de Bercy d’accorder le Cice aux coopératives…

Philippe Mangin, président de Coop de France, Xavier Beulin, président de la FNSEA et Jean-Philippe Girard, président de l'Ania.
Philippe Mangin, président de Coop de France, Xavier Beulin, président de la FNSEA et Jean-Philippe Girard, président de l'Ania.

Décidément, la situation reste très tendue entre les représentants de l’industrie alimentaire, des coopératives et de l’agriculture. Xavier Beulin, président de la FNSEA, Jean-Philippe Girard, président de l’Ania et Philippe Mangin, président de Coop de France, ne décolèrent pas sur la pression fiscale mise en place par Bercy, dont l’écotaxe paraît le point le plus névralgique. Mais ils ont aussi des craintes quant au contenu de la loi Hamon, qui arrive en discussion devant le Parlement le 9 décembre. «Si le texte est voté en l’état, ce sera catastrophique pour les entreprises et l’emploi, a soutenu Jean-Philippe Girard. Le texte ne convient à personne, nos marges ont diminué de 14 % en cinq ans, nous arrivons au point zéro, 300 entreprises ont déposé le bilan, 5000 emplois détruits. Nous sommes soumis à la renégociation permanente, il y a des menaces physique sur les commerciaux, c’est épuisant »…Et de dénoncer, à nouveau, les « plans d’affaires vides, les refus systématiques des tarifs, les demandes de compensation de marges »…

La politique fiscale pointée du doigt

C’est une des causes des difficultés que connaissent certaines entreprises, mais certainement pas la seule. La politique fiscale est pointée du doigt comme entravant aujourd’hui la compétitivité des entreprises agricoles et agroalimentaires, et elle s’ajoute au problème du coût du travail comparé à l’Allemagne. « L’écotaxe a cristallisé le ras le bol fiscal dont parle le ministre de l’Economie, a lancé Xavier Beulin. La situation impose un regard lucide sur cette politique fiscale insupportable ». Pas question, toutefois, de participer au « gouvernement bashing » :  «J’avais contesté la taxe Borloo, qui avait été votée à l’unanimité. L’écotaxe n’est donc pas un problème de droite ou de gauche ». Philippe Mangin, lui  aussi, rappelle qu’il a voté contre la taxe Borloo finalement défendue au Parlement par le ministre actuel des transports, Frédéric Cuvillier. « Nous avons déposé un amendement pour que les parcours de moins de 200 km soient exonérés. Il a été rejeté. Le paradoxe, c’est que l’on attaque l’économie régionale, l’économie de proximité, qui justement limite les transports ». Et de comparer avec l’Allemagne, dont les péages ne rapportent que 4 milliards d’euros, quand les péages français autoroutiers en rapportent déjà 8 milliards à l’Etat. L’écotaxe, évaluée à plus 1,2 milliards d’euros, serait vraiment la taxe de trop. Et les dirigeants craignent que celle-ci ne soit finalement appliquée en juin, après les élections locales, qui permettent d’être électriques pour le pouvoir actuel.

Totalement incompréhensible

Ce n’est pas tout. Philippe Mangin ne cache pas son irritation devant l’incapacité du gouvernement d’obtenir le feu vert de Bruxelles pour que les coopératives puissent bénéficier du CICE, comme toutes les entreprises privées. « Stéphane Le Foll a pratiquement dit devant le Sénat que les coopératives n’y seraient pas éligibles. C’est totalement incompréhensible. Le Cice a été mis en place pour abaisser le coût du travail. La Cooperl, c’est 3 000 salariés, en concurrence avec l’Allemagne où les salaires sont trois fois inférieurs. Les coopératives devraient percevoir environ 120 millions d’euros ». Sur quoi s’appuie l’interdit ? « On ne sait pas. Nous avions obtenu une réponse claire et favorable pour la fiscalité des coopératives à Buxelles, après une plainte des grossistes. Mais Bercy bloque, c’est incompréhensible »…  Philippe Mangin craint qu’après le dépôt de bilan de Gad, et la suppression de 1 000 emplois, d’autres abattoirs, dans le porc ou le bœuf, ne connaissent le même sort…  « Il est urgent de réallouer de la ressource au pôle productif,  ajoute Xavier Beulin. Finalement, Bercy se laisse toujours convaincre par le discours de soutien à la consommation et la crainte de l’inflation que tient la grande distribution. Et cette fois encore, il ne s’agit pas d’une question de droite ou de gauche, puisque tous les gouvernements font la même chose »…  

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