L’Ania lance un “pacte” pour rapprocher les industriels des consommateurs

L’Association des industries alimentaire lance un “pacte alimentaire” pour répondre à la demande des consommateurs qui ont pu être “écoutés” via une “consultation citoyenne”. Et concernant la guerre des prix, l’Ania veut réformer la LME,. Une idée que rejette Jérôme Bédier, le numéro 2 de Carrefour...

 
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L’Ania lance un “pacte” pour rapprocher les industriels des consommateurs
Jean-Philippe Girard veut tenir compte des souhaits des consommateurs afin de redorer l'image de l'industrie alimentaire, "stigmatisée"

Contrairement à la gastronomie dont elle est issue, l’industrie alimentaire a une mauvaise image. Il faut y remédier. En renouant le dialogue avec le consommateur. C'était le thème principale des Assises nationales de l’alimentation qui se tenaien dans le cadre du palais Brongniart à Paris. L'affaire avait été bien préparé : depuis plusieurs mois, tout un chacun pouvait aller sur le site de l’Ania répondre à la “consultation citoyenne” sur l’industrie alimentaire, l’alimentation, les attentes en matière de qualité, de prix, de transparence, de sécurité alimentaire, etc. Près de 9 000 internautes ont répondu. De là découle le “nouveau pacte alimentaire”, lancé par l'Ania, qui engage les industriels à mieux prendre en compte les attentes.

Il faut que le consommateur perçoive enfin l’amélioration de la qualité que l'industrie a réalisé depuis 20 ans. Nous devons parler de nos recettes, de nos savoir-faire, ouvrir nos usines, permettre de rencontrer les salariés, rendre les sites réels ou virtuels plus accessibles, a lancé Jean-Philippe Girard, président de l’Ania, aux manettes de la manifestation. C’est un pacte entre nous et les citoyens, avec un objectif de qualité pour tous”. Les industriels n’en peuvent plus de voir des émissions à charge sur leur activité, tout en convenant qu’ils ont des marges de progression pour renouer le dialogue avec la société, très méfiante à leur égard, notamment en raison de l’affaire de la viande de cheval, de l’ESB, des pesticides ou autres additifs, voire la “cacophonie nutritoinnelle” qui nourrissent peurs ou fantasmes. “Nous ne méritons pas d’être stigmatisés comme nous le sommes”, défend Jean-Philippe Girard

Le consommateur au centre, mais aussi le producteur...

Un bel objectif, cependant. “C’est la première fois que nous sollicitons l’avis du consommateur à cette échelle, ajoutait Catherine Petitjean, présidente de l’Alliance 7. Il est au centre de nos préoccupations, nous devons le satisfaire, lui donner du plaisir,tenir compte aussi de l’environnement, du social, tel qu’il le souhaite”. Thierry Blandinières, directeur général d’In Vivo a vanté les progrès en terme d’écoresponsabilité grâce à “l’agriculture de précision”, et Pascal Pasquier, patron des brioches du même nom, a rappelé la fabrication très traditionnelle des brioches, comme dans le passé, dans les 15 usines du groupe partout en France. Bref, entre tradition et modernité, l’industriel à des messages très positifs et rassurants à faire passer. Jusque là, l’ambiance était détendue.

Mais pour y parvenir, il faudrait que les industriels puissent investir, innover, et donc vendre leurs produits plus chers, grâce à une “co-construction” tout au long de la filière, du producteur au distributeur, selon la formule de Jean-Philippe Girard. Et c’est là que le bât blesse. Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, a tancé Jérôme Bédier, numéro 2 de Carrefour. “A une époque, il y a longtemps, Carrefour proposait des contrats profitables pour tous les acteurs, ce n'est plus vrai aujourd'hui. Il faut renverser la table des négociations, remettre le producteur au centre, car la guerre des prix est fratricide”. “Ne faites pas pression sur la distribution, il ne faut pas détourner les agriculteurs des vrais sujets. La crise vient de la surproduction laitière, laquelle aussi à un impact sur le prix de la viande”. Du coup, le consommateur n’était plus vraiment au centre, le débat glissant sur les relations industrie commerce

L'Ania va mettre la pression sur les candidats à la présidentielle

Car il y a aussi l’aspect politique. Et visiblement, le président de l’Ania entend mettre la pression. Il se promet de rencontrer tous les candidats à la présidentielle - si c’est avant les primaires, il ne chômera pas - pour savoir quelle sera leur approche vis à vis de son industrie, notoirement en froid avec le ministère de la Santé, parfois avec le Budget quand il s’agit de taxes. Et surtout, il soutient la réforme de la LME, dans le cadre de la loi Sapin 2 qui va arriver sous peu au parlement. Des amendements surprise pourraient voir le jour. Il défend aussi l’abus de dépendance économique, - du distributeur sur le fournisseur - qui vient d’être adopté en première lecture à l’Assemblée nationale sur une proposition du parti républicain. Et Guillaume Garot, député socialiste et ancien ministre de l’Alimentation, apporte également un soutien sans faille à ces deux objectifs (le dernier contre l'avis de Bercy)…

On ne peut pas dire que ces projets aient laissé Jérôme Bédier sans voix, puisqu’il était déjà arrivé aphone, et s’en était excusé. Le patron de Carrefour a tout de même trouvé la force de rappeler qu’il avait été nommé président de la FCD en 1995 et que depuis lors une dizaine de lois avaient été votées, sans rien changer aux relations industrie-commerce. Normal, pour Philippe Chalmin, président de l’Observatoire des prix et des marges. Peut-on s’entendre sur la question des prix au sein de la filière ? “Mais non. Sauf pour quelques circuits courts, le prix est le résultat de l’offre et de la demande, j’ai vu le prix du blé à 50 $ à Chicago quand il était à 500 $ en Arabie Saoudite. Et avec la mondialisation, le prix des céréales est fixé à Rouen qui lui-même se cale sur les cours de Chicago, tandis que le prix mondial du lait se fait sur la base des enchères de Fonterra qui se trouve en Nouvelle-Zélande”. Douche froide pour la co-construction, et gros applaudissements de la pour le professeur d'économie, en pleine forme. Décidément, le thème du "pacte" avec le consommateur était finalement le bon, et bien plus tranquille. Ce dernier demande tout et son contraire, il n’y en avait pas un dans la salle, et le dialogue est bien plus simple via internet! Il n'aurait pas fallu aborder le sujet des négociations commerciales...

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