Marchés

L'Ania n'est pas satisfaite de Marisol Touraine sur l'étiquetage nutritionnel

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L'Association nationale de l'industrie alimentaire (Ania) dénonce le "simulacre de concertation" mis en place par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. La ministre ne semble pas vouloir tenir compte de la position de l'industrie sur l'étiquetage nutritionnel. La dernière réunion au ministère de la Santé aurait démontré l'absence d'un vrai dialogue. 

Jean-Philippe Girard, président de l'Ania, furieux contre le ministère de la Santé
Jean-Philippe Girard, président de l'Ania, furieux contre le ministère de la Santé© photos laetitia duarte
"L’ANIA, ses 20 fédérations adhérentes et ses 23 associations régionales, dénoncent collectivement la posture dogmatique de la ministre de la santé. A l’absence de dialogue et de considération, s’ajoute aujourd’hui la provocation". Le lobby de l'agroalimentaire n'est pas tendre avec Marisol Touraine, ministre de la Santé. En cause, une réunion de concertation  "tenue dans la précipitation ce jour au ministère de la santé, au final "pour imposer un étiquetage simpliste et stigmatisant", qui marquerait un manque de considération total vis-à-vis du premier secteur industriel de France.
 
Polémique nutritionnelle
 
L'Ania n'a pas aimé non plus que le ministère diffuse un communiqué de presse avant même la fin de la réunion, "ce qui  illustre bien l’état d’esprit de la ministre.  "Cette attitude n’est pas à la hauteur de l’importance de l’enjeu. Le défi de la lutte contre l’obésité et les problèmes de nutrition en France nécessitent de la concertation et l’engagement de toutes les parties-prenantes. Il ne nous semble pas approprié d’enfermer un débat sur l’alimentation dans une polémique nutritionnelle. Notre modèle alimentaire mérite plus de considération ! » déclare Jean-Philippe GIRARD, Président de l’ANIA, via un communiqué.  
 
Les codes couleurs en question 
 
L'Ania rappelle qu'elle tente de discuter du sujet important de l’alimentation et de la santé depuis deux ans avec la ministre sans aucun retour de sa part. "Prenons le sujet avec plus d’ambition, réclame Jean-Philippe Girard. Nous avons toujours été favorables à l’idée de poursuivre le travail d’amélioration de l’information des consommateurs et avons affirmé publiquement notre opposition aux dispositifs reposant uniquement sur un code couleurs.» C'est effectivement la voie que semble prendre le ministère, imposer des codes couleurs - rouge, rose, vert ou jaune - selon les taux de graisse, de sucre ou de sel contenus dans les aliments. Du rouge pour le camembert, du vert pour les boites de légumes, du jaune , de l'orange et du rose entre les deux. Evidemment, les industriels concernés par les produits en rouge se sentent stigmatisés... 
 
La campagne de Michelle Obama
 
A raison d'ailleurs, car si l'information du consommateur est bien nécessaire pour répondre à l'équilibre nutritionnel, il ne résoudra au final pas grand chose de l'épidémie d'obésité. On sait en effet que les prises de poids sont multifactorielles, notamment le manque d'activité physique - d'où la campagne intelligente de Michelle Obama aux Etats-Unis, à laquelle adhèrent les industriels américains - au grignotage et à l'absence de repas, au stress des parents, à leur absence ou à leur présence, à leur niveau de connaissance, etc... Comme les messages et les photos sur les paquets de cigarette n'ont eu aucun effet sur le tabagisme, ni la loi Evin sur l'alcoolisme - sauf le fait que nul n'en parle plus - les codes couleurs ne répondront assurément pas seuls au problème de santé qui va pourtant finir par coûter fort cher à la société, en frappant dès l'enfance. 
 
 
 
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