L'Ania pointe la fragilité de la situation des entreprises alimentaires

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L'Association des industries alimentaires (Ania) présentait ce matin lors d'une conférence de presse le bilan économique du secteur, à 157 milliards d'euros, en légère baisse par rapport à l'exercice précédent. Mais elle dénonçait aussi la guerre des prix qui la fragilise, à la fois en termes d'investissement et d'emplois. 

Le président de l'Ania espère qu'une prise de conscience s'opère sur les conséquences de la guerre des prix
Le président de l'Ania espère qu'une prise de conscience s'opère sur les conséquences de la guerre des prix© ©PERENOM Luc

L'industrie alimentaire française a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 157,6 milliards d'euros, en baisse de 0,8 % par rapport à l'exercice précédent, pour les 15 789 entreprises recencées, dont 2 618 de plus de vingt salariés. Mais le secteur reste très fragile, puisque 273 entreprises ont connu des défaillances, un chiffre certes un peu moins important que l'année précédente (376 défaillances) mais qui se cumule avec celui-ci.

"Au cours des cinq dernières années, ce sont les TPE, les plus fragiles, qui disparaissaient. Mais aujourd'hui, ce sont des entreprises de taille de plus en plus importante, soulignait Jean-Philippe Girard, président de l'Ania. Avec le manque d'investissement, l'outil vieillit et les entreprises ferment. On se fait grignoter petit à petit, alors que nous avons un énorme potentiel, notamment à l'export"

Pour lui, la cause principale des difficultés de l'industrie est celle de la baisse de prix exigée par les distributeurs aux fournisseurs dans les négociations commerciales. "Richard Girardot - patron de Nestlé - a eu raison de dénoncer les pratiques des enseignes. C'est un grand groupe, sa prise de position a du poids, mais c'est aussi ce que pensent des milliers de patrons de PME, qui ne sont pas épargnés". Pour lui, la déflation n'est pas acceptable, elle pèse sur l'innovation, le maintien de l'emploi - près de 500 000 salariés, un effectif stable. 

Ce qu'on sait faire de mieux, se tirer une balle dans le pied

Jean-Philippe Girard n'est pas satisfait non plus de l'intention du gouvernement d'imposer un étiquetage nutritionnel avec des codes ouleurs stigmatisant certains produits. "En France, ce qu'on sait faire de mieux, c'est se tirer une balle dans le pied. Il faut faire de l'éducation pour lutter contre les excès, comme les insuffisances, en matière de nutrition. L'industrie alimentaire est résiliente, mais pour combien de temps ?

Il a en revanche salué l'avis de l'Autorité de la concurrence sur le rapprochement des centrales d'achat, qui pointe les risques pour les fournisseurs d'éviction des rayons, ou de dépendance économique. "Tous ces éléments doivent permettre aux politiques une prise de conscience. Je rencontre aussi les patrons des enseignes, ils ne sont pas ravis de la guerre des prix mais me disent qu'ils ne peuvent pas se décaler les uns des autres en matière de prix. C'est donc ensemble qu'ils doivent permettre de recréer de la valeur à la filière". 

Mais d'après les chiffres d'Iri sur les dernières périodes, la baisse de prix se poursuit. "L'an dernier, les prix des 1600 marques principales ont chuté de 8 %, indiquait Jacques Dupré, un des dirigeants de l'entreprise de panels. Et au global, sur la période, toutes références confondues, la baisse s'inscrivait à - 1,1 %. Or, au cours des dernières semaines, la baisse était remontée à 1,3 %..."

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