L’assemblée générale de Carrefour entérine la scission de Dia

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Carrefour tenait ce matin son assemblée générale des actionnaires, à Paris. Au menu, principalement, la scission de Dia, finalement votée à 77%. Le tout sous fond de manifestations des salariés, à l’extérieur, et de signes tangibles d’inquiétude de la part des petits porteurs.

Lars Olofsson, désormais PDG de Carrefour
Lars Olofsson, désormais PDG de Carrefour© BERNARD MARTINEZ
Longue et parfois laborieuse, mais avec finalement toutes les résolutions votées. Carrefour tenait ce matin son assemblée générale des actionnaires, au Carrousel du Louvre, à Paris, et on lui promettait sinon l’enfer, du moins tout sauf une partie de plaisir. Or, sans grande bataille, les deux principales mesures proposées ont été suivies par la majorité des actionnaires : 77% de oui pour la scission de Dia, et 78% de oui pour le renouvellement du mandat d’administrateur de Bernard Arnault. Avec même, cerise sur le gâteau, Lars Olofsson qui prend du galon, devenant président directeur général et non plus simplement directeur général.
Pour autant, beaucoup d’interrogations n’ont pas été levées, et il serait bien illusoire de croire que, pour Carrefour, le plus dur est fait. Le cours de Bourse est tombé bien bas – 27 € seulement à 16h aujourd’hui, quand il était à 37 € il y a encore trois mois, et à 53 € en 2007 – et aucun signal fort ne semble devoir le faire remonter en flèche dans les semaines à venir. Plus grave encore, le moral des équipes, en interne, semble plus mal en point encore. A l’extérieur de la salle, les cors de brume des salariés manifestants résonnent de plus en plus forts. Ils s’étaient donné rendez-vous à 9h30 devant les jardins du Palais Royal, face au Louvre, avant de converger lentement vers la salle où se tenait l’assemblée générale. Un service d’ordre, prudent et attentif, aura tôt fait de les canaliser, en fermant toutes les portes d’accès. Seul le brouhaha de la manifestation parvenait finalement à troubler, un peu, les orateurs, au pupitre.
Ce qui ne les aura pas empêché, ces orateurs, au premier rang desquels Amaury de Sèze, impeccable président du conseil d’administration, semblant presque prendre plaisir à présider la séance, et Lars Olofsson, directeur général, plus tendu peut-être que d’ordinaire, de devoir faire face à quelques attaques. Car, une fois n’est pas coutume, les traditionnelles séances de questions, posées par les petits actionnaires, ont cette fois été quasi toutes sérieuses (on se souvient, il y a deux ans, de l’épisode de la fraise, qui avait connu son petit succès sur le Net - http://www.youtube.com/watch?v=NwP-Zt0jKWY). Untel a réclamé la démission du conseil d’administration et de Lars Olofsson, « qui ont échoué dans leur mission. » Tel autre s’est demandé si Bernard Arnault, principal actionnaire du groupe, se sentait vraiment concerné par Carrefour – ce qui valut cette réponse ahurissante d’Amaury de Sèze, affirmant que « oui, bien sûr, il se sentait concerné, puisqu’il se rendait lui-même dans un hyper tous les samedis. » Et un troisième, enfin, pour s’en tenir à cet exemple, se demanda « quand nous allions enfin refaire du commerce plutôt que d’avoir sans cesse à subir la dictature financière de certains actionnaires. » Plus directement concerné, le représentant du syndicat FO de Carrefour, prenant la parole, d’une manière calme et courtoise, s’est quant à lui fendu de ce cri du cœur lancé par certains des salariés : « La confiance a disparu à l’intérieur de l’entreprise. Les projets ne fonctionnent pas, et perturbent les équipes. »
En somme, en passant le cap de cette assemblée générale, Carrefour s’est peut-être donné un petit bol d’air, mais le groupe se sait encore attendu au tournant. « Carrefour est sur les chemins de la transformation, a ainsi plaidé Lars Olofsson. Le cap est fixé, la barre est tenue. Il y a encore des étapes à franchir, sans doute encore du vent contraire, et peut-être même des tempêtes à affronter, mais vous pouvez compter sur ma détermination, mon énergie et mon ambition. » On ne lui dira pas que, au fond de la salle, une femme un peu agitée scanda un «  il n’y a que toi qui y crois » qu’il n’entendit sans doute pas.
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