L' audacieuse rénovation du Cnit à la Défense mise à l'honneur

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Les professionnels ont salué par un Trophée de la rénovation-extension le travail de « reconnexion » commerciale du Cnit réalisée par Unibail-Rodamco. Ce monument de l'architecture française développe désormais un « autre temps », en contrepoint de l'offre de son voisin, les Quatre Temps.

1955 à 1958 Édification, au rond-point de la Défense, du centre national des industries et technologies (Cnit) sous la structure de Nicolas Esquillan inspirée par les voûtes gothiques.

12 septembre 1958 Inauguration, par le président René Coty, du lieu destiné aux salons de l'industrie française.

Octobre 1989 Première requalification. La structure intérieure a été évidée pour accueillir 240 000 m² de surface destinée aux centres de congrès, d'expositions et d'affaires, ainsi que des bureaux, des hôtels, des services et des commerces.

2000 Acquisition du Cnit par Unibail-Rodamco. Premières études en 2003. Début des travaux de réhabilitation en 2006. Livraisons en 2007 (centre de congrès), 2008 (bureaux) et 2009 (commerces).

Avril 2010 Fin de la restructuration commerciale avec l'ouverture de Monoprix.

La croissance du chiffre d'affaires à périmètre et commerces comparables, entre mai 2009 et mai 2010.

Source : Unibail-Rodamco

Imaginez un bel et ancien coquillage auquel on redonnerait son éclat originel en le dégageant de concrétions accumulées durant un demi-siècle. C'est un peu l'histoire du réaménagement du Cnit (Centre des nouvelles industries et technologies) à la Défense par Unibail-Rodamco. Une réhabilitation à ce point atypique qu'elle s'est vue décerner, à la veille de l'été, le Trophée de la rénovation-extension par le Conseil national des centres commerciaux, dans le cadre du Siec. « Le jury a salué notre démarche ambitieuse, la création d'un lieu atypique et multisensoriel sous la voûte majestueuse du Cnit, commentait Bertrand Julien-Laferrière, directeur exécutif développement d'Unibail-Rodamco. La conciliation de la monumentalité et de la convivialité. »

Un espace de caractère dédié au shopping

Face aux Quatre Temps la Défense (également propriété d'Unibail-Rodamco), « le Cnit renforce et complète désormais son offre pour faire de cet ensemble un vrai quartier de shopping », continue Bertrand Julien-Laferrière. Un « cinquième temps » en quelque sorte, qui, avec ses 27 000 m² de commerces, représente le cinquiéme des surfaces des Quatre Temps, mais joués en contrepoint, avec une ambiance, un décor, et un style d'offre qui lui est propre.

L'une des premières tâches des rénovateurs a été, dans tous les sens du terme, de remettre le Cnit « à niveau ». Édifié en 1958, il constitua la structure originelle de ce qui allait devenir le quartier d'affaires de la Défense. Mais cette architecture surélevée « sur dalle » allait proprement enfouir le premier niveau du Cnit. Celui-ci est désormais rouvert au jour via un escalier menant au parvis. De même, l'immense salle d'échanges RER-métro-bus desservant les Quatre Temps était restée close au vieux Cnit ! Là encore, la connexion a été opérée, les usagers trouvant aujourd'hui les entrées des deux centres en vis-à-vis.

Le « living-room » de la Défense

Le contenu de la célèbre « coquille » striée a aussi été entièrement reformatée. C'est sa deuxième métamorphose. En effet, déjà en 1989, on l'avait évidée pour lui affecter une triple vocation : d'exposition et de salon d'abord, aujourd'hui réduite et requalifiée ; de bureaux ensuite, totalement restructurés, et, enfin, de commerces, passés de 15 000 m² à près de 30 000 m², déployés sur deux niveaux au lieu d'un seul.

Là où la voûte coiffait une sombre et froide place au commerce en déshérence a été conçue une « bulle de quiétude ». On y accède, depuis le RER, par un « mystérieux » passage animé de couleurs, d'odeurs, de musiques et de bruits d'eau, pour déboucher sur un ensemble où le parti pris du blanc donne une ambiance lumineuse et zen. Jusqu'au mobilier cosy de la place centrale qui invite à se relaxer dans ce que Bertrand Julien-Laferrière nomme le « living-room » de la Défense. Le temps de découvrir le contenu commercial qui ne « saute pas à l'oeil ».

De l'ancienne affectation, seule la Fnac a été conservée et étendue d'un niveau pour atteindre 5 150 m2, voisinant avec une offre de « culture-loisirs-évasion », telles que Décathlon, Arteum (LSA n° 2127) ou Kitchen Bazaar. L'offre vestimentaire est plutôt connotée hommes, adaptée à la clientèle active du quartier ou de Neuilly-sur-Seine. L'ouverture de Monoprix en avril a fermé la marche. Une opération réussie, puisque « la fréquentation, de 8 millions de visites en 2006, devrait atteindre 15 millions en 2010, précise Bertrand Julien-Laferrière. Tandis qu'à périmètre et commerces comparables, le chiffre d'affaires s'est accru de plus de 35 % entre les mois de mai 2009 et 2010. »

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Article extrait
du magazine N° 2146

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