L’audacieux « bouquet énergétiq ue » d’un entrepôt d’Ikea

Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

ENQUÊTE La plate-forme logistique de Saint-Quentin-Fallavier cumuleles réalisations environnementales : toiture photovoltaïque, chaudière biomasse, chariots élévateurs munis d’une pileà combustible hydrogène, palettes en carton… Détails.

Des palettes en carton pour l’envoi de marchandises? En 2009, Ikea a conçu une paletteen carton. Environ 90?% des envois magasins sont réalisés avec ce support? Les palettes intercalaires ne servent qu’une fois, et sont recyclées après avoir livré le magasin? Les retours vers les centres de distribution n’étant plus nécessaires, Ikea estime avoir éliminé un camion sur cinq dans la chaîne d’approvisionnement
Des palettes en carton pour l’envoi de marchandises? En 2009, Ikea a conçu une paletteen carton. Environ 90?% des envois magasins sont réalisés avec ce support? Les palettes intercalaires ne servent qu’une fois, et sont recyclées après avoir livré le magasin? Les retours vers les centres de distribution n’étant plus nécessaires, Ikea estime avoir éliminé un camion sur cinq dans la chaîne d’approvisionnement

Atteindre l’indépendance énergétique en 2020, voilà l’objectif affiché d’Ikea dans le monde. En France, les différentes unités du géant suédois – magasins, mais aussi plates-formes logistiques – sont chacune engagées dans le processus. À Saint-Quentin-Fallavier, dans le nord de l’Isère, le plus grand entrepôt hexagonal d’Ikea, de 100 000 m², qui livre à la fois les magasins et les particuliers, teste ainsi un « bouquet énergétique » particulièrement complet, qui en fait une référence en la matière dans l’Hexagone.

Premier axe : les panneaux photo­voltaïques. Ce sont 15 351 panneaux qui sont installés sur environ 65 000 m² de toitures, depuis novembre dernier. Ils portent ainsi le total des panneaux solaires à 550 000 dans le monde, pour la firme suédoise. « Nous sommes le seul site français équipé à ce jour, précise Jean-Christophe Menuel, le directeur du site. Les magasins neufs de Clermont-Ferrand et de Bayonne, ainsi que celui de Bordeaux, vont l’être, de même que notre centre de relations clients déjà existant d’Évry, dans l’Essonne. »

Trois postesde transformation 

L’apport de ces panneaux, dont l’installation a nécessité le dépôt d’un permis de construire et la mise à jour de l’autorisation d’exploiter, est significatif. Ils dégagent une production annuelle de 4 gigawatts-heure (GWh), grâce à une puissance installée de 4 mégawatts crête (MWc). « Cela équivaut à la consommation annuelle de 1 500 foyers », calcule Jean-Christophe Menuel. Surtout, cela correspond à 125% des besoins de consommation en électricité (éclairage notamment) du site de Saint-Quentin-Fallavier. L’énergie produite est revendue à Électricité Réseau Distribution France (ERDF). « Nous avons installé trois postes de transformation sur notre site, afin de recueillir l’énergie solaire, explique le directeur du site. Ils sont eux-mêmes reliés à un “transfo” d’ERDF. » Ce projet, l’un des plus grands en Europe, a nécessité un investissement de 6?millions d’euros.

Deuxième axe développé sur le site : une chaudière à biomasse, installée en 2010. Fonctionnant au bois, elle couvre 60% des besoins en chauffage de l’entrepôt, où une température minimale de 15 degrés est assurée. La substitution du bois au gaz permet au passage, selon Ikea, de réduire ses émissions de CO2 de 1 250 tonnes par an. « Les copeaux de bois nous sont fournis par ONF Énergie, qui garantit une matière première renouvelable », indique Jean-Christophe Menuel. Près de 1 300 tonnes de bois sont nécessaires sur une année, et l’investissement consenti par Ikea s’élève à 1,8?million d’euros. Le retour sur investissement de la chaudière à biomasse et des panneaux photovoltaïques est estimé à dix ans, au total.

L’entrepôt héberge un projet d’une autre nature. Le groupe suédois y teste, en effet, des chariots élévateurs électriques fonctionnant à l’hydrogène. Une station-service dédiée, ravitaillée par Air liquide, alimente deux prototypes. Lesquels sont fournis par le constructeur Crown, qui les a convertis en remplaçant la batterie acide-plomb par un réservoir à hydrogène alimentant une pile à combustible, qui produit l’électricité nécessaire pour faire tourner le moteur de l’engin. La plate-forme de Saint-Quentin mène ce pilote d’une portée mondiale pour Ikea.

Gain de productivité

« Le bénéfice n’est pas seulement environnemental, assure Jean-Christophe Menuel. Les chariots élévateurs traditionnels fonctionnent avec une batterie de 200?kg qu’il est assez chronophage de remplacer, puisqu’un changement nécessite une vingtaine de minutes. » Le rechargement des batteries à hydrogène, en revanche, ne prend que deux à trois minutes. Un gain de productivité non négligeable. D’autant que l’autonomie des chariots à hydrogène affiche une durée de sept heures, supérieure à celle des chariots à batterie. « Nous allons nous munir de 20 chariots à hydrogène supplémentaires », annonce le directeur du site. Soit un cinquième de la flotte totale de chariots élévateurs, qui compte 100 unités. Le retour sur investissement de ces chariots est estimé à six ans, du fait de leur surcoût.

100 000 mètres carrés La surface totaledu centrede distributionde Saint-Quentin-Fallavier (Isère)
Source : Ikea

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2329

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA