L’autorisation du projet commercial de Frey, Ode à la Mer à Montpellier, suscite des contestations

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La Commission nationale d’aménagement commercial a donné son feu vert, le 17 juillet 2015, pour le projet Ode à la Mer à Montpellier. A l’initiative du promoteur Frey, il devrait développer 50 000 m² de surfaces de vente de commerces, assorties de 21 000 m² d’activités tertiaires et 16 000 m² de loisirs sportifs et de restauration. Pour Frey, ce réaménagement commercial et urbain, participe avant tout de l’indispensable réhabilitation des entrées d’agglomérations dites "sauvages". Le promoteur soulignant que la majorité des surfaces commerciales installées sera issue de transferts d’enseignes déjà présentes sur la zone. Mais les opposants au projet – qui avaient déjà opéré un recours contre la décision favorable de la Commission Départementale d’Aménagement Commercial en février 2015 – voient dans l’ensemble Ode à la Mer une menace de plus pour les commerçants de centre-ville, dans une agglomération déjà bien équipée. Avec notamment le méga centre commercial Odysseum ouvert en septembre 2009.

La première phase de l’ensemble Ode à la Mer jouera la mixité d’équipement en associant 50 000 m² commerciaux, à 21 000 m² d’activités tertiaires et 16 000 m² de loisirs et restauration. Pour Frey, les conséquences sur le commerce local devraient être limitées, la majorité des surfaces mises en place étant issue de la réinstallation d’enseignes déjà présentes sur la zone. Ce que contestent les commerçants de centre-ville en pointant 70% de transferts effectifs. Pour 30% de créations menaçant les équilibres locaux.
La première phase de l’ensemble Ode à la Mer jouera la mixité d’équipement en associant 50 000 m² commerciaux, à 21 000 m² d’activités tertiaires et 16 000 m² de loisirs et restauration. Pour Frey, les conséquences sur le commerce local devraient être limitées, la majorité des surfaces mises en place étant issue de la réinstallation d’enseignes déjà présentes sur la zone. Ce que contestent les commerçants de centre-ville en pointant 70% de transferts effectifs. Pour 30% de créations menaçant les équilibres locaux.

Durant un été des plus calmes dans les actualités de l’immobilier commercial une décision a pourtant marqué une étape décisive pour le promoteur Frey ! C’est l’autorisation de son projet Ode à la Mer, à Montpellier (Hérault), par la Commission Nationale d’Aménagement Commercial, le vendredi 17 juillet 2015. Nous verrons que cet avis positif ne fait pas que des heureux, comme souvent en matière de mégaprojets, et a déjà soulevé des vagues de protestation. Le feu vert n’en est pas moins donné – sous réserve de nouveaux recours - pour cet ensemble de 50 000 m² de surfaces de vente de commerces - dont la majorité issue des transferts des enseignes voisines -, assorti de 21 000 m² d’activités tertiaires (hôtel et bureaux), ainsi que 16 000 m² de loisirs sportifs et de restauration.

Un projet de réhabilitation unique en Europe

En s’attelant à une telle réalisation Frey confirme sa spécialisation dans une catégorie particulière de l’immobilier commercial : le réaménagement de zones urbaines. Ce que le promoteur a déjà fait en opérant sur l’Aire des Moissons à Troyes en 2013. Ce qu’il conduit actuellement au cœur de la zone commerciale de Strasbourg-Vendenheim. Et ce qu’il fera donc en se voyant confier par Montpellier Agglomération, au terme d’un concours étendu sur 2 ans, ''l’une des plus grandes opérations de renouvellement urbain et commercial jamais lancées en France pour une zone commerciale d’entrée de ville'' assure l’intéressé. Ce projet de ''reconquête urbaine et commerciale'' se situe sur les communes de Lattes et Pérols, le long de la Route de la Mer, reliant le centre-ville de Montpellier au littoral. Et s’inscrit comme première phase – baptisée Ode Acte 1 - d’un plus vaste projet  ''unique en Europe à son échelle''.

Des places de stationnements intégrées au bâti

Sur 250 hectares, Montpellier Agglomération ''réinvente la première destination commerciale de son territoire en s’appuyant sur la mixité des usages (commerces, logements, bureaux, services…) et la revalorisation des espaces naturels et inondables'' explicite son dossier. Ode Acte 1 développera sur quelque 12 hectares de foncier un nouveau pôle de vie annoncé comme "fonctionnel et innovant". Conçu par le cabinet espagnol L35 et son architecte en chef Jos Galan, l’ensemble additionnera donc aux 50 000 m² de surfaces de vente de commerces majoritairement transférés, les 21 000 m² d’activités tertiaires et les 16 000 m² de loisirs sportifs et de restauration. Le tout intégrant dans son bâti 2 500 places de stationnement totalement dissimulées à la vue des usagers.

Dimension loisirs et sports

Intégré à la démarche EcoCité, le projet promet de multiples innovations urbaines assurant la pluralité de fonctions de ce nouveau "morceau de ville". Outre son pan commercial, Ode à la Mer, proposera un grand "jardin sportif " situé sur les toits avec piste de running, skate-park, terrain de beach volley, mur d’escalade, parcours accrobranche… En association avec Dock 39, partenaire de Frey spécialisé dans le loisir-aventure en famille. Une station de la mobilité proposera des services urbains : billetterie, point de click & collect, station Vellomagg’… Un "sport-court" regroupera dans un même espace des corners de vente et de démonstration animés par des spécialistes de différentes disciplines sportives. Un "hôtel commercial", dans l’esprit d’une pépinière d’entreprises, aidera à l’émergence de nouveaux concepts ou accueillera temporairement des enseignes en cours de transfert.

Les promoteurs du projet arguent du respect du tissu économique local

Au moment de la présentation du projet, en octobre 2014, Philippe Saurel, président de la Communauté d’Agglomération de Montpellier et maire de Montpellier jugeait que Frey et L35 avaient conçu, "un projet où l’humain a toute sa place, en tant qu’usager et acteur. Avec Ode, nous développons une nouvelle vision du territoire, à l’urbanisme modéré, et une nouvelle méthode pour refaire la ville sur le grand commerce, autour des stations de tramway". Le  projet se veut donc respectueux des équilibres du tissu économique local. "Ode Acte 1 renouvelle les formes de distribution tout en garantissant la pérennité des commerces existants dans le périmètre d’aménagement". La grande majorité des surfaces commerciales sera certes consacrée au transfert des enseignes voisines, qui pourront "exprimer leurs concepts dans un environnement bien plus qualitatif tout en conservant des loyers attractifs. Avec seulement 10% de surfaces nouvelles pour assurer l’émergence de nouveaux concept et dynamiser l’offre, la programmation maintient ainsi les grands équilibres commerciaux entre le centre-ville de Montpellier, Odysseum et la Route de la Mer".

Renouveau économique et dynamique d’emplois 

Antoine Frey, Président Directeur Général de Frey argue aussi de ses ambitions pour contribuer, au mieux, à la restructuration de la Route de la Mer. "Ce n’est pas un nouveau centre commercial, appuie-t-il, mais un nouveau quartier permettant aux commerçants et aux propriétaires de renouveler leurs outils de travail et leur patrimoine, et à des entreprises tertiaires de s’installer aux étages de bureaux. Ceci en conservant les équilibres du tissu économique local. ". La création d’emplois est également un solide argument. Puisqu’en 2019, échéance annoncée pour son ouverture au public, la première tranche mobilisera déjà 1800 postes. Sans parler, d’ici-là, de la création de quelque 2500 emplois (directs et indirects) induits par les 24 mois de chantier.

Vers un immobilier commercial plus vertueux

Frey n’a de cesse de souligner que la requalification des entrées de ville est un enjeu urbanistique majeur. Puisque "les zones commerciales des années 70-80 sont aujourd’hui rattrapées par la ville et l’acte d’achat y a souvent été complètement déshumanisé. La requalification et le réaménagement urbain de ces pôles économiques d’entrée de villes sont devenus des évidences afin de les adapter aux modes de consommation modernes". Menés en concertation avec les collectivités locales, "les projets visant à donner un nouvel élan et inscrire le succès commercial de ces sites dans la durée sont de plus en plus nombreux en France. En développant un savoir-faire unique, Frey est devenu en quelques années le grand spécialiste français du réaménagement commercial et urbain des entrées d’agglomérations".

Levée de boucliers des commerçants de centre-ville et des écologistes

Mais ces arguments sont loin de convaincre les opposants au projet, dont les protestations n’ont pas manqué de s'élever en juillet, dès l’annonce de l’avis favorable de la commission nationale ! Au premier rang desquels les commerçants du centre-ville, représentés par la Faduc (fédération des commerçants de Montpellier). Qui conteste notamment la thèse du nouvel ensemble constitué par simples transferts d’enseignes existantes, en soulignant que loin de représenter 100% des surfaces commerciales installées, ces transferts ne concernent que 70 %. Et induit donc 30 % de "pures créations" de commerces. De plus le sud-est de l’agglomération de Montpellier étant déjà très meublé en pôles commerciaux – dont le méga centre commercial Odysseum ouvert il y a 6 ans – les détracteurs ne voient pas l’utilité d’y ajouter le pôle Ode à la Mer. Les écologistes font également partie des opposants. Par la voix, notamment des représentants du parti Europe Ecologie Les Verts (EELV) arguant aussi du suréquipement local. Tandis que l’association "Non au béton" estime que l’édification du pôle fragiliserait l’écosystème de la zone.

Vers de nouveaux recours ?

Face à cette levée de boucliers, Philippe Saurel, le maire de Montpellier a réitéré son engagement pour que des discussions avec la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Montpellier soient engagées, concernant l’affectation des nouveaux mètres carrés installés. Et il évoque aussi des mesures compensatoires pour les commerces du centre-ville. En février 2015, le projet Ode à la Mer avait reçu l’aval la Commission Départementale d’Aménagement Commercial de l’Hérault. Et les opposants avaient ensuite saisi la Commission Nationale d’Aménagement Commercial, qui a donc validé cet avis ce 17 juillet 2015. Mais le feuilleton pourrait ne pas être fini. La prochaine étape pour les requérants antiprojet serait de saisir la cour d’appel administrative de Marseille. Avant l’instance suprême du Conseil d’Etat.

 

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