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L'avenir du rosé passera par les appellations

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Le marché des rosés se porte bien. Reste à le valoriser, ce qui devrait passer par le développement de l'offre des vins d'appellation.

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Pendant un temps, Paul-François Vranken, PDG du groupe champenois Vranken-Pommery, fut inquiet : avait-il bien fait d'investir dans les domaines Listel - une superbe propriété en Camargue de 2 000 hectares de vignes pour produire les marques Listel- et Billette, en Côtes de Provence ? Autant dire les deux premières marques de rosés vendues en GMS. « Toutes les régions se sont mises à produire du rosé, remarquait Paul-François Vranken lors de l'annonce de ses résultats. Cela aurait pu réduire la visibilité de nos marques. » Il n'en est rien. Listel détient 9,6% du marché des vins de pays rosés, et Billette, 8,3% de celui des côtes-de-provence.

De belles performances sur un marché aux multiples intervenants. « Voici quinze ans, il y avait une dizaine de références de rosé en rayons, explique-t-on chez Listel. Au dernier recensement, il y en avait 139 ! » Et pour cause : le rosé continue d'être la couleur qui grimpe. De 5,3% en valeur, en 2010, à 757 millions d'euros, quand le marché global n'enregistre qu'un faible 1,9% (3,5 milliards d'euros).

 

Couleur de Provence

Du coup, et Paul-François Vranken l'a bien noté, Bordeaux, comme la vallée du Rhône - régions de rouges -, s'intéressent à cette couleur historiquement associée à la Provence (38% de la production française). « Dans la vallée du Rhône, on plante de la syrah, un cépage qui donne des rosés fruités », note un intervenant. « Le rouge est en perte de vitesse, alors que le rosé gagne sans cesse des parts de marché », explique Sébastien Verrons, directeur commercial France du groupement de producteurs Marrenon (marques L'Aiguebrun, Amédée).

Mais attention au miroir aux alouettes : le rosé est loin d'être la couleur la plus valorisée du rayon. Son prix moyen ? 3,90 €, contre 4,30 € pour un vin tranquille, toutes couleurs confondues. Pas bien cher pour l'un des vins les plus difficiles à réaliser techniquement. Car, pour lui assurer une jolie couleur, il faut presser le raisin rouge, ni trop longtemps, sous peine qu'il soit fuchsia, ni trop peu, il serait pâlichon. La valorisation passera par les appellations, comme dans les autres couleurs. Pour l'heure, le gros des volumes (34%) reste encore dû aux vins de table et de pays.

 

Des ventes hors saisons

Autre voie de « premiumisation », les foires aux vins. Un bon moyen de mettre en valeur ses nectars. Las ! Tout dépend de la météo. « En septembre 2009, nous avions bien vendu nos rosés car le temps s'y prêtait, explique Emmanuel Podevin, chef de produits national vins de Système U. Quand l'automne est pluvieux, nous en vendons peu. En revanche, notre offre de rosés est très conséquente lors de notre foire aux vins de printemps. » Encore un produit, comme la bière ou la glace, très dépendant de l'ensoleillement.

Pour autant, les ventes ont commencé à se désaisonnaliser. « Un acheteur me disait que la deuxième meilleure période de vente pour le rosé était Noël », raconte Sébastien Verrons. La dinde aux marrons arrosée d'un petit côtes-de-provence ? Un mariage tout de même très (r)osé.

LE ROSÉ EN CHIFFRES

757,3 M € Le poids des ventes totales

Dont

58 % en VQPRD (vins d'appellation),

à 445 M € (+ 5,4%) 15 % en vins de cépage,

à 110,6 M € (+ 15,2%)

Source : SymphonyIRI, CAM à début janvier 2011

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