L'e-commerce franchit le cap des 50 Mrds €

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Dans un contexte de dégradation économique, l'e-commerce en France a cumulé un chiffre d'affaires de 51,1 milliards d'euros en 2013. Un résultat porté par les cybersacheteurs et l'évolution de leurs comportements, ainsi que par la dynamique des enseignes traditionnelles.

C'est une réaction d'enfants gâtés. À l'annonce de la baisse du montant moyen des transactions et d'un chiffre d'affaires légèrement en retrait par rapport aux prévisions, les commentaires se sont faits plus acerbes vis-à-vis du commerce électronique. Pourtant, avec 51,1 milliards d'euros de chiffres d'affaires et un panier moyen de 84,50 €, le commerce électronique, de plus en plus poreux avec le monde physique et dilué dans le cross-canal, affiche une croissance toujours aussi solide. Une croissance d'autant plus marquée pour les ventes de produits BtoC (9%) que pour l'ensemble du secteur (8%), qui comprend également le tourisme et le BtoB.

 

Boum des places de marché

 

Parmi les nombreux facteurs qui expliquent ce résultat, celui de la poussée des places de marché apparaît comme stratégique. En cherchant à créer de la rentabilité, les e-commerçants les plus puissants ont trouvé le moyen de mettre à disposition des industriels leur savoir-faire digital et logistique. Et cela fonctionne. Leur volume d'affaires a augmenté de 50% en 2013 par rapport à 2012 et compte désormais pour 15% du chiffre d'affaires global du secteur.

 

La GMS accélère

 

Autre facteur de croissance, la montée en puissance de la grande distribution traditionnelle. Carrefour, Auchan et €. Leclerc font désormais partie du top 15 des sites les plus consultés, selon Médiamétrie. « Si ces acteurs sont entrés par le drive, ils vont désormais chercher à se développer dans le non-alimentaire », prévoit François Momboisse, président de la Fevad. Encore largement en retrait sur la thématique du m-commerce par rapport aux pure players, leur marge de progression est immense et il serait logique de les voir dans les prochaines années accentuer la pression sur les leaders du classement comme Amazon et Cdiscount.

 

Des modes de consommation en mutation pour 2014

 

D'autant que les consommateurs avancent au pas de charge. Selon le baromètre Fevad-CSA-Buzzpanel, qui mesure les perspectives d'achat sur internet fixe et mobile, présenté en marge du bilan annuel, 19% des internautes prévoient de réaliser leurs achats en ligne sur tablette, contre 12% en 2013. Alors que, dans le même temps, les commandes par ordinateur perdront 5 points. Certains secteurs d'activité vont profiter de ces changements. Les produits de beauté en tête, puisque 20% des internautes envisagent d'effectuer un achat courant 2014 dans cette catégorie. L'alimentaire aussi est concerné. Avec 19% des internautes qui prévoient d'acheter en ligne, les enseignes de grande distribution devraient encore accentuer leur poids dans l'e-commerce. À moins que d'autres, comme Amazon, ne se décident à se lancer dans une bataille qui s'annonce homérique.

 

20 000 emplois créés

 

Pour accompagner ces changements, la question du management est centrale. En 2013, Oxatis estime que les 138 000 sites recensés par la Fevad ont créé 20 000 emplois, dont 15% par des TPE-PM€. Un enjeu de taille donc, puisque les intentions de recrutement s'élèvent même à 40 000 postes pour 2014, soit un tiers des créations dans le secteur de l'industrie et des services. Largement de quoi achever de convaincre les esprits les plus chagrins.

  • 11% La part de chiffre d'affaires réalisée sur des outils mobiles (smartphones et tablettes), contre 5,5% l'année passée.
  • 15% Le volume d'affaires réalisé par les places de marché en 2013, contre 10% l'année précédente.
  • 84,50 € Le montant du panier moyen a reculé, il était de 87,50 € en 2012.
  • 2,3 Le taux de transformation enregistré se maintient à un bon niveau.

Source : Fevad

LES FACTEURS CLÉS

  • Des cyberacheteurs de plus en plus nombreux
  • Une fréquence des achats en hausse
  • L'accélération du développement des enseignes de grande distribution traditionnelles
  • Un rythme de création de nouveaux sites très soutenu

DES CROISSANCES SOUTENUES

Évolution du chiffre d’affaires depuis 2005 (en milliards d’euros)

Malgré un atterrissage en dessous des prévisions à 52 M €, l'e-commerce français maintient une solide progression. La Fevad estime que le chiffre d'affaires 2014 devrait s'établir à 57,5 Mrds €.

Évolution du montant moyen de la transaction (en euros) Source : Fevad

C'est le point noir des résultats de cette année. Le panier moyen de chaque transaction n'a jamais été aussi bas, et la baisse devrait se poursuivre en 2014.

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Article extrait
du magazine N° 2305

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