L'écoconception, un effort de mieux en mieux intégré

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Dossier Les emballages du traiteur doivent intégrer de nombreuses contraintes pour se faire une place en linéaires. L'écoconception en est une, intégrée dès la création de l'emballage.

Toujours plus. L'emballage doit se montrer de plus en plus polyvalent et répondre à de multiples contraintes pour pouvoir siéger dans les linéaires du rayon traiteur, où les places sont chères. « Sa fonction première reste la contrainte d'étanchéité », indique Gérard Chambet, directeur général des activités traiteur chez Fleury Michon, qui égrène la liste des obligations auxquelles doivent se soumettre les packagings : ils doivent pouvoir supporter le bain-marie, la chaleur du four à micro-ondes, le transport bien sûr... Avec un impératif supplémentaire au traiteur : la praticité. Et en incluant un nouvel élément de taille : l'écoconception.

 

Le matériau roi

Pour réaliser un emballage recyclable et limiter la matière utilisée, mieux vaut réfléchir dès l'amont, c'est-à-dire lors de la conception du packaging. Pour cela, équipes de marketing et de R et D sont unies autour d'un même impératif. Premier critère décisif : le choix du matériau. « Avant de parler écoconception, des matières telles que le bisphénol n'ont jamais été une composante de nos emballages », rappelle Emmanuelle Gelard, responsable des achats d'emballages chez Fleury Michon. Pour les barquettes vendéennes, le polypropylène est le seul matériau utilisé depuis 1998.

Tous les acteurs interrogés s'accordent sur la nécessité de limiter le nombre de matériaux au sein d'un même emballage : « Cela permet d'augmenter sa " recyclabilité " », appuie-t-on chez Eco-Emballages, entreprise à but non lucratif qui pilote les initiatives sur le tri et le recyclage en France. « Que les monomatériaux deviennent de plus en plus la norme, les usines de recyclage le souhaitent ouvertement », appuie Bastiaan Bekkers, directeur général de Faert Plast, acteur majeur de la fabrication d'emballages alimentaires.

 

L'aide de la technologie

Une fois la matière sélectionnée, la technologie permet aussi de réduire la quantité d'emballage : « Pour la réalisation de notre barquette thermoperformée, nous utilisions jusqu'à présent une feuille de plastique dure que l'on moulait. Désormais, grâce à l'avancée technologique, des billes de polypropylène sont injectées directement sur un moule, ce qui permet d'utiliser moins de matière. On estime avoir gagné 25 % d'emballage en moins sur six à sept ans », assure Gérard Chambet.

Pour la catégorie des plats cuisinés, s'ajoute à cet emballage en plastique un autre réalisé en carton : « Il n'y pas d'emballages superflus, prévient Philippe Rondeau, directeur marketing Sodebo. Dans le cas de la box, le premier sert à réchauffer le produit et le deuxième emballage en carton évite au consommateur de se brûler les doigts. » À chaque emballage, un effort est réalisé pour limiter la matière. Fleury Michon estime avoir ôté 6% d'emballage de ses étuis, soit une économie de 60 tonnes de carton en 2011 pour les plats cuisinés, premier segment du traiteur.

 

Économies de poids, pas de coût

Pour autant, économie de matière ne signifie pas économie financière : « Les emballages intègrent de plus en plus de technologie et coûtent plus cher à l'achat », assure Emmanuelle Gelard. Les préoccupations environnementales peuvent prendre diverses formes, les deux marques du traiteur expliquent ainsi augmenter la part d'emballage en carton réalisée à partir de matière issue de forêts écogérées (90% pour Fleury Michon). « La fin de vie des déchets est, en outre, un aspect de plus en plus intégré dès la conception du packaging », assure Jean-Paul Cornillou, directeur du département packaging de l'école supérieure de design industriel de Sèvres. « Les entreprises paient à Eco-Emballages en fonction du poids de leur emballage et de la quantité réalisée. Un bonus de 2% est attribué aux entreprises qui explicitent les consignes de tri sélectif sur leur emballage, afin de mieux sensibiliser les clients », détaille-ton chez Eco-Emballages.

D'autres pans de la chaîne peuvent encore permettre de limiter l'impact écologique de ces produits : travail sur les cagettes pour transporter les références, optimisation des circuits à réaliser pour achalander les distributeurs... Quand les distributeurs prennent à bras le corps l'écoconception, tous les efforts sont permis.

L'ENJEU DU MONOMATÉRIAU

Dans le but d'optimiser le recyclage des emballages, le choix des matières de base est essentiel pour les industriels. « Nous venons d'introduire un matériau d'emballage révolutionnaire appelé MAPET II », s'enthousiasme Bastiaan Bekkers, directeur général de Faerch Plast SAS, un des acteurs majeurs sur le marché de l'emballage alimentaire. Le MAPET II s'inscrit dans la mouvance des packagings soucieux de l'écoconception : « Aujourd'hui, le coût pour le recyclage de certains types d'emballage est encore un problème pour l'environnement. Par exemple, les multicouches sont très coûteux. C'est pourquoi nous voyons une tendance très nette vers les matériaux " mono ", comme le MAPET II, qui peuvent être recyclés plus facilement. Dans l'avenir, on peut s'attendre à de nouveaux types de matériaux très respectueux de l'environnement. »

VERS UN EMBALLAGE COMESTIBLE ?

Surfant sur la vague verte de l'écoconception, l'emballage intégré à l'objet fait rêver plus d'un fabricant. C'est notamment le cas de la firme américaine MonoSol (85 M E de CA en 2011), qui vient d'inventer un film cellophane soluble et comestible. Pour déguster en toute gourmandise ce film transparent, l'entreprise évoque la possibilité de parfumer ses sachets avec différentes saveurs. David Edwards, professeur à Harvard, a développé un concept de membrane comestible autour de l'aliment baptisé Wikicells (ci-contre). Plusieurs entreprises agroalimentaires se seraient rapprochées du concepteur, qui a installé son premier centre de production à Paris. Un bémol toutefois : un emballage comestible implique une DLC, ce qui pourrait réfréner les ardeurs.

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Article extrait
du magazine N° 2238

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