Marchés

L'économie : Au bord du gouffre

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DossierDe l'euphorie de janvier à la panique des dettes souveraines en Europe depuis la rentrée, l'économie a fait le grand écart. Mais la consommation tient encore, notamment grâce à l'alimentaire.

Où va-t-on ? C'est la grande question qui s'est posée de manière de plus en plus aiguë tout au long de l'année et qui n'a toujours pas de réponse. Jamais les gouvernants du monde ne se seront retrouvés si souvent, entre G8, G20, jamais la convergence européenne n'aura été aussi évoquée, ni les divergences aussi exacerbées.

Les États-Unis ont perdu leur « AAA », qui détermine le coût du remboursement de la dette, l'Europe - qui se résume à la France et à l'Allemagne - va probablement le perdre, la Chine commence à connaître une chute de l'immobilier souvent prélude à la baisse de l'activité. La crise en Grèce, en Italie, en Espagne et au Portugal a balayé les dirigeants en place.

 

La France, jamais autant touchée

Pourquoi citer tous ces pays ? Parce que jamais auparavant, la France n'avait été exposée aux soubresauts de l'économie européenne et mondiale. Les exportations sont en déroute - sauf l'agroalimentaire, mais qui perd des parts de marché -, l'investissement en France est au plus bas, et la consommation - sous les effets de la hausse des prélèvements fiscaux sur les ménages et sur les entreprises, et de l'envolée des dépenses contraintes - commence à tousser. Même si elle tient encore, et si l'inflation demeure bien plus faible en France qu'ailleurs en Europe. Mais, comme le chômage repart à la hausse, et que l'essentiel du maintien du pouvoir d'achat tient à l'emploi salarié, les dépenses des Français vont se réduire. C'est déjà le cas dans l'électronique, les biens durables et l'habillement. Le dernier rempart solide reste l'alimentaire, comme si chacun se préparait à rester aux abris dans la tempête, et, de préférence, avec de quoi bien se nourrir. 2011 aura été une année d'incertitude. Celle qui suit ne sera pas moins compliquée.

L'inquiétude croît...

L'INFLATION est encore contenue en début d'année, à 2% en GMS, mais ce chiffre bondit à plus de 3% en fin d'année, selon Nielsen. Toutefois, les analystes ne pensent pas que la hausse des prix reste durable.

LA VOLATILITÉ DES MATIÈRES PREMIÈRES, notamment agricoles, s'installe. Celles-ci sont à leur plus haut niveau au début de l'année, mais le blé finit en dessous de son coût de production en fin d'année.

LA LOI SUR LA PROTECTION DES CONSOMMATEURS est présentée en Conseil des ministres en juin et examinée à l'Assemblée nationale en août. Les groupements indépendants et les franchiseurs sont inquiets. L'article 1 instaure des règles de concurrence qui pourraient faire exploser leur modèle économique. L'Assemblée nationale en réduit la portée et le Sénat doit l'examiner en fin d'année.

UN PREMIER PLAN DE RIGUEUR, sans précédent, est annoncé par François Fillon, fin août, rabotant de près de 25% les 50 Mrds € de niches fiscales - autrement dit une hausse des impôts sur les sociétés et les ménages, qui débouchera sur des hausses de coûts et une baisse du pouvoir d'achat en 2012.

GRÈCE ET ITALIE EN QUASI-FAILLITE. Les marchés paniquent, la France est menacée de perdre son AAA.

HAUSSE DES TAXES POUR LES SPIRITUEUX ET LES BOISSONS, de 350 M€ pour les premiers et de 250 M€ pour les boissons sucrées et édulcorées, dont 200 M€ pour baisser le coût de main-d'oeuvre en agriculture et 50 M E pour la Sécurité sociale.

UN DEUXIÈME PLAN DE RIGUEUR, avec la TVA à 7%, censé rapporter 5 Mrds € de plus. Le gouvernement affirme que la hausse des impôts et la réduction des dépenses représentent au total 115 Mrds €. LE CHÔMAGE repart à la hausse, et la barre des 9% espérée par le gouvernement s'envole.

TOUTE LA ZONE EURO EST PLACÉE SOUS SURVEILLANCE des agences de notation, et les pays s'apprêtent à voir leurs notes dégradées. La hausse du prix du gaz est annoncée, et le volume de dépenses contraintes continue de gonfler, un mauvais signe pour le pouvoir d'achat.

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