L’écoresponsabilité au niveau de la supply chain, un enjeu stratégique majeur [Tribune]

|

TRIBUNE D'EXPERTS Depuis quelques années, les activités de supply chain sont de plus en plus concernées par la notion d’écoresponsabilité. Et pour Raphaël de Perlinghi, Director Consumer Business EMEA de Targus les conséquences se jouent sur tous les niveaux de la supply chain.   

Raphaël de Perlinghi, Director Consumer Business EMEA
Raphaël de Perlinghi, Director Consumer Business EMEA© DR

Pourquoi la notion d’écoresponsabilité au niveau de la supply chain est-elle devenue si importante pour les entreprises ? Et comment s’est-elle imposée comme un facteur clé de différenciation ?  De nos jours, l’impact que peuvent avoir nos habitudes de consommation est largement décrié dans le monde entier. Les réactions sont de plus en plus nombreuses, faisant écho aux préoccupations formulées face aux conséquences du réchauffement climatique. De fait, les consommateurs exigent désormais des entreprises qu’elles assument leurs responsabilités et respectent les normes d’écoresponsabilité pour participer à la préservation de la planète. Celles qui ne s’engageraient pas dans une démarche proactive pour développer des pratiques concrètes plus respectueuses de l’environnement pourraient être délaissées par les consommateurs et perdre, à terme, des parts de marché. 

Écoresponsabilité : un écran de fumée ?

Les marques ont bien compris l’enjeu et nombreuses sont celles à se déclarer éco-friendly. Mais malgré les bonnes intentions affichées, les actions peinent à se concrétiser et la notion d’écoresponsabilité est alors perçue comme un simple argument marketing qui finit par se retourner contre les entreprises, fautes de preuves tangibles de leur engagement.
Certaines ont d’ailleurs fait face à des polémiques de greenwashing, ayant parfois d’importantes conséquences sur leur business. Lorsque les politiques dites « vertes » se retournent contre une entreprise, la perception des consommateurs en est affectée. Le greenwashing, qui consiste en un investissement fictif d’une entreprise dans des programmes dits « verts », est un réel écran de fumée. Malheureusement, de par l’absence de législation, le concept séduit de plus en plus d’entreprises qui n’ont, au final, aucune obligation de rendre des comptes sur les actions menées. Les contrecoups d’une telle attitude sont réellement visibles dès lors que les manquements aux questions écologiques sont dévoilés sur la place publique. Volkswagen et ses véhicules présentant des niveaux choquants d’émissions de carbone ou encore Levi’s et ses quantités d’eau utilisées pour la fabrication de leurs fameux jeans, en sont des preuves.

Matériaux recyclés : le premier pas des supply chain vers l’écoresponsabilité

Comment les entreprises peuvent-elles alors agir pour prouver leur engagement ? En agissant au niveau de la supply chain, plusieurs actions peuvent être envisagées. L’utilisation de véhicules de livraison électriques est par exemple un premier pas, mais beaucoup d’autres peuvent suivre comme le choix de matériaux recyclés pour la production. Les clients sont prêts à payer plus cher s’ils ont la garantie de pouvoir accéder à des produits écologiques de haute qualité. Il peut être alors envisageable de proposer ces produits à un prix de vente plus élevé pour contre balancer des coûts qui peuvent sembler dissuasifs. Beaucoup de personnes, très engagées dans la préservation de la planète et de ses ressources, préfèreront souvent acheter un produit plus cher si celui-ci présente une meilleure empreinte environnementale. Au final, nous en revenons au principe de l’offre et de la demande : si nous instaurons les bases autour « d’éco-produits »,  conçus à partir de matériaux recyclés, nous pourrons standardiser cette nouvelle demande et suivre une nouvelle voie.

Ce passage au « vert » présente quelques obstacles qui diffèrent en fonction de la taille des entreprises : plus petite sera l’entreprise, plus il sera aisé d’avoir un contrôle optimal sur la chaine d’approvisionnement qui est souvent plus courte. C’est notamment le cas des créateurs, de fabricants locaux ou encore de start-ups. Il n’en est pas de même pour les plus grandes entreprises pour qui la mise en place de processus écoresponsables est plus difficile à assurer à tous les niveaux. Ce type d’entreprises présente tellement d’éléments constitutifs à prendre en compte qu’il leur faudra au moins plusieurs années pour parvenir à une chaine d’approvisionnement écoresponsable. Il est alors indispensable pour les grands groupes de mettre de l’ordre avant de pouvoir se transformer.

Évidemment, il incombe à toute entreprise de prendre le virage de l’écoresponsabilité. La transparence, qui figure parmi les principaux facteurs de succès, joue ici un rôle tout particulier : rien n’est plus apprécié par les clients que des entreprises honnêtes concernant leur transformation ou leur parcours en rapport avec le développement durable. L’écoresponsabilité n’est alors plus seulement une promesse, mais un véritable enjeu stratégique.
 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez chaque semaine l’actualité des équipements et technologies pour le magasin et de la supply chain des distributeurs.

Ne plus voir ce message