L'Édhec s'intéresse à la distribution

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FOCUSEDITION SPÉCIALEPour répondre à l'évolution des métiers de la distribution et à l'émergence d'un marketing de plus en plus opérationnel, la «business school» lilloise adapte ses programmes et multiplie les échanges avec les professionnels.


L'Édhec a attendu de fêter ses 100 ans pour laisser entrer les techniques de la distribution dans ses programmes. Les élèves de la majeure marketing peuvent désormais prendre cette discipline en option depuis la rentrée 2006-2007. « L'Édhec a toujours été ouverte à la grande distribution, mais le secteur souffre encore d'un déficit d'image auprès des étudiants, déplore Christophe Roquilly, le directeur programme grandes écoles. Il offre pourtant des métiers passionnants et de belles opportunités, notamment dans les domaines des achats, de la logistique et de la supply chain. C'est ce que nous souhaitons leur faire découvrir. »

À peine 12% des élèves ayant suivi le cursus grandes écoles se tournent vers la grande distribution leur diplôme en poche. Pour « faire changer leur regard », rien de mieux que de les amener à travailler sur des études de cas proposées par les entreprises du secteur.

Depuis trois ou quatre ans, des échanges se multiplient donc entre l'école et des entreprises telles que Kiabi, Castorama, Redcats, Carrefour, Leroy Merlin ou Auchan... Une dizaine de partenariats ont déjà été signés. Outre l'intervention des professionnels de la distribution dans les cours et des offres de stage pour les étudiants, des entreprises sont directement impliquées dans des travaux de recherche pédagogique.

La vie associative, le plus de l'école

Aujourd'hui, les enseignes sont obligées d'avoir une vraie démarche marketing et de s'en remettre aux mains de spécialistes. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Lorsque Thomas Pocher, Édhec de la promo 1997, succède à son père à la tête du Leclerc de Wattrelos (Nord), il était l'un des rares professionnels du secteur à avoir été formé au marketing: « Il y a dix ans, les gens avaient une formation commerciale ou venaient du terrain. » Son cursus l'a aidé à « décoder les discours des fabricants ». Surtout, il lui a permis d'introduire des techniques telles que l'utilisation d'outils de géomarketing pour mieux appréhender sa zone de chalandise, augmenter le trafic en magasin et voir grimper le panier moyen de 10 % !

Outre la qualité de l'enseignement, l'Édhec tire sa richesse de sa vie associative. Elle est l'une des rares écoles qui ne financent pas les activités extra-scolaires. Que les élèves se débrouillent pour trouver leurs financements et soutenir leurs projets est une volonté de toujours. « Cela m'a appris à naviguer dans un réseau, à avoir cette capacité à nouer des contacts tout en restant autonome », reconnaît Thomas Pocher. Christian Polge, président de Coca-Cola France, élu Édhec de l'année 2006, en a gardé des valeurs, dont l'esprit d'équipe, qu'il applique au quotidien : « C'est en rassemblant des gens de compétences et d'horizons divers autour du même objectif que l'on avance. »

Trésorier de la Course croisière Édhec en deuxième année, il s'est frotté à la réalité: « Organiser un événement de cette envergure, c'est déjà avoir deux pieds dans l'entreprise !  » La course nécessite le plus gros budget associatif école en Europe : plus de 1 million d'euros ! « Cela m'a passionné et donné le sens des responsabilités. » L'enthousiasme, sans lequel rien n'est possible, est resté intact: « Je vis une grande aventure. J'ai trouvé chez Coca-Cola des valeurs en phase avec les miennes. »
Nathalie Tran

 

« J'ai appris le sens des responsabilités et la passion » : Christian Polge, président de Coca-cola France promotion 1989, élu Édhec 2006

Christian Polge, PDG de Coca-Cola
Ses conseils
«En début de carrière, il est important d'entrer dans une entreprise en développement, car on est en mouvement, on évolue dans un environnement ouvert à la nouveauté ; l'avenir semble sans limite. Une entreprise comme Coca-Cola permet de continuer à apprendre et de prendre du plaisir. De plus, il est essentiel de bien comprendre la culture de chaque société. Un individu peut être excellent dans une entreprise et passable dans une autre. D'où la nécessité de faire un travail sur soi pour identifier ce que l'on aime et ce que l'on veut. Il est capital de bien se connaître. »


 

En tête du peloton européen des mastères en management

En 2006, l'Edhec a été classée :
> 7e école proposant les meilleurs mastères, selon le «Financial Time ».
> 3e, parmi les programmes européens, pour la rapidité de l'évolution de carrière de ses jeunes diplômés après trois ans d'activité professionnelle.
> 6e pour l'ouverture internationale de son cursus.
> au top 5 des grandes écoles de commerce de France dans les palmarès de «L'Étudiant» et de «L'Express ».


 

Des anciens EDHEC

Franck Moison (1975), président de Colgate-Palmolive Europe et Pacifique Sud.
Franck-Richard Simonin (1976), directeur général du Groupe Etam.
Laurent Freixe (1985), directeur général de Nestlé Espagne.
Frédéric Rouzies (1990), global marketing category manager chez Kingfisher.


Cet article est paru dans l'édition magazine de LSA du 29 mars 2007, page 90. Un numéro que vous pouvez commander en ligne.

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