[L'édito de la semaine] Dommage collatéral

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[L'édito de la semaine] Dommage collatéral

Vitrines cassées, magasins saccagés. Les images de commerces pillés à Paris, Nantes ou Rennes ont fait la « Une » des médias. Des restaurants, des banques ou des boutiques sont ainsi devenus en quelques minutes des champs de bataille. Le débat n’est pas de savoir si les jeunes ou moins jeunes ont raison ou de non de manifester contre la loi El Khomri. Chaque camp avance ses arguments, et le droit de manifester ne peut pas être remis en cause.

Le problème est ailleurs. Il se trouve en fin de cortège avec ces bandes qui menacent, détruisent et pillent. Il ne s’agit plus de manifestations citoyennes, mais de vandalisme. Pour le commerce, les pertes sont d’abord matérielles. Comme dans ce magasin de Nantes où, il y a quelques mois, des « zadistes » survoltés ne se sont pas contentés de casser la vitrine. Ils sont entrés et ont jeté tout ce qu’ils pouvaient dans la rue, des ordinateurs aux bureaux, en passant par les chaises. Il s’en est suivi des palabres avec l’assureur et quelques jours de fermeture générant une perte d’exploitation.

N’oublions pas également les vols. Toujours à Nantes, plusieurs dizaines d’individus ont attaqué un magasin de sport et ont pioché dans les stocks de chaussures et de maillots. Un départ de feu a même été provoqué, alors que les employés et les clients étaient retranchés à l’intérieur. On imagine les séquelles psychologiques, et on comprend mieux pourquoi des Nantais boudent le centre-ville à la moindre alerte, avec des conséquences sur la fréquentation des magasins et, donc, sur les chiffres d’affaires. Il faut aussi parler du traumatisme des salariés. Dans l’exemple déjà cité à Nantes, ils ont dû se réfugier dans un appartement au 2e étage de l’immeuble et ont vu, par la fenêtre, toutes leurs affaires valdinguer sur le trottoir. Depuis, ils s’inquiètent au moindre bruit dans la rue. Voilà pourquoi des enseignes demandent à certains magasins de renforcer leur gardiennage (des coûts) et de fermer les sites (des pertes) à la moindre inquiétude afin de ne mettre en danger ni les clients ni les salariés.

Dans de telles conditions, des professionnels se demandent « que fait la police ? » ! Déjà que la conjoncture n’est guère favorable, que la météo n’incite pas à la consommation, et que les attentats de janvier puis de novembre?2015 ont fait baisser la fréquentation des touristes asiatiques, russes et américains dans la capitale française, bon nombre de commerçants risquent de mettre la clé sous la porte. N’est-ce pas le rôle de l’État de faire en sorte que les salariés soient en mesure de travailler dans de bonnes conditions ? Ne revient-il pas à la police de protéger des citoyens qui veulent faire leurs courses ? La sécurité des centres-villes n’incombe-t-elle pas aussi aux maires ? Avez-vous entendu Anne Hidalgo (Paris), Johanna Rolland (Nantes) ou Nathalie Appéré (Rennes) défendre le petit commerce, ou annoncer des mesures pour éviter que cela ne se reproduise, mais aussi pour aider financièrement ces petites entreprises – ces indépendants, franchisés ou coopérateurs – à passer ce cap difficile ? Autant de questions que les commerçants sont en droit de poser, et pour lesquelles ils peuvent légitimement attendre des réponses. Car, finalement, depuis quelques semaines, n’assistons-nous pas à une entrave à la liberté d’exercice du commerce ?

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