L'éloquence au service des technologies

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Entré chez Sony France en 1987, PDG depuis 2002, Philippe Poels dirige désormais le syndicat des fabricants d'électronique grand public.

C'était bien son tour. Regroupant une vingtaine d'industriels, le Syndicat des industries de matériels audiovisuels et électroniques (Simavelec) compte trois géants dans ses rangs : Philips, Sony et Thomson. La présidence du syndicat venant d'être occupée pendant quatre ans par Michel-Bernard Brossard, de Philips, puis par Richard Guillorel, de Thomson, il était naturel que vienne le tour de Sony. Et en l'occurrence de son PDG, Philippe Poels, qui minimise son mérite personnel dans cette élection : « La présidence est tournante, cela se fait par consensus. C'est la première fois que Sony accède à la présidence, mais nous ne sommes membres du Simavelec que depuis dix ans. Ce n'est pas un exploit. »

Le voici désormais en charge de la défense des intérêts de son industrie, interlocuteur des pouvoirs publics et lobbyiste en chef pour les batailles qui s'annoncent. Titulaire d'un DESS de droit, passé au service juridique de Colgate- Palmolive avant de créer celui de Sony France, Philippe Poels devra sans doute faire montre de l'éloquence d'un grand avocat lors des confrontations qui s'annoncent, dans la télévision numérique terrestre, la haute définition, les droits d'auteur et le recyclage des produits en fin de vie. Les deux premiers sujets, plutôt techniques, devraient augmenter les ventes. Mais les deux suivants s'annoncent moins réjouissants.

Plusieurs éco-organismes

 

À propos des droits d'auteur, le nouveau président du Simavelec évoque « une juste rémunération pour les auteurs » et le « dépoussiérage » d'une législation conçue au temps des cassettes analogiques. Et déplore le déficit d'image dont souffrent les industriels face aux artistes. « Avec les technologies magiques que nous représentons, nous pourrions avoir une image plus chaleureuse, être plus proches du grand public », estime-t-il.

Plus compliqué encore, le dossier du recyclage place Philippe Poels dans une situation ambiguë. Comme président du Simavelec, il plaide pour l'éco-organisme que son syndicat s'apprête à créer avec les fabricants d'électroménager du Gifam et les distributeurs de la FCD. Comme patron de Sony France, il est concerné par l'alliance européenne entre HP, Electrolux, Braun et Sony Europe, qui travaillent à une structure commune. « Il n'y a aucune contradiction, assure Philippe Poels. La profession reconnaît le principe de concurrence, et il est souhaitable que plusieurs éco-organismes cohabitent. Quand ils seront créés, chaque société adhérera à celui qu'elle jugera le moins cher et le plus efficace. » Ce qui ne devrait arriver qu'au début de 2006.

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Article extrait
du magazine N° 1893

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