L'emploi dans le commerce résiste malgré tout

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Un peu moins de salariés, mais plus de femmes, davantage de personnes de plus de 55 ans et moins de temps partiels : ainsi se dessine le portrait social de la distribution en 2009, selon le rapport de branche de la FCD, publié en exclusivité par LSA.

Si je travaillais dans la grande distribution, je serais une femme, en poste depuis plus de dix ans, plutôt jeune, employée bien sûr, et sûrement à temps partiel. Jusque-là, rien ne change. Mis à part que, si je partais, je risquerais fort de ne pas être remplacée. En effet, pour la deuxième année consécutive, les effectifs dans le commerce alimentaire s'inscrivent en baisse, selon le rapport de branche publié par la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD). Une baisse légère, certes (- 0,1%), mais une baisse. Pire, et c'est une première depuis 1994, l'emploi dans le commerce, tous secteurs confondus, y compris celui de la réparation automobile, diminue de 1,7 % en 2009. En guise de consolation, on pourra toujours se dire que c'est moins que dans l'ensemble de l'emploi salarié qui, lui, accuse une baisse de 2,2 %.



Les effectifs des supermarchés chutent, ceux du hard-discount s'envolent

Dans le commerce, la variable d'ajustement se trouve dans les supermarchés, le format qui a le plus souffert en termes d'emploi. En trois ans, les effectifs y ont chuté de presque 25 %, passant de 297 000 à 221 000 personnes. Dans la même période, les hard-discounters ont vu leurs forces vives grimper de 30 % ! Mieux, en 2009, ce sont les seuls dont les effectifs croissent (+ 7,6 %). L'explication ? « Des supermarchés peuvent être transformés en hyper, d'autres, à l'inverse, ont pu trouver une seconde vie en maxi-discompteurs », avance Renaud Giroudet, responsable des affaires sociales à la FCD.

Ceux qui restent s'accrochent. Corrélée au dynamisme de l'activité, l'ancienneté augmente légèrement. Selon les données sociales du rapport, la part des salariés étant depuis plus de dix ans dans la même entreprise est en hausse de trois points. Et, en toute logique, celle des salariés étant présents depuis moins de un an baisse sensiblement de quatre points. Parmi les évolutions tout en douceur, il faut noter aussi la lente féminisation des effectifs. Si les grandes masses ne bougent pas vraiment (60 % de femmes et 40 % d'hommes en 2009, une répartition équivalente à 2008), les emplois dans l'encadrement ont tendance à se féminiser, les agents de maîtrise femmes gagnant deux points en trois ans (45 % des effectifs, contre 43 % en 2006). Seul bémol, le mouvement ne concerne pas les supermarchés qui se masculinisent, avec 34 % d'hommes, contre 30 % il y a trois ans.



Moins de temps partiels et plus de seniors en activité

La vraie bonne nouvelle concerne la diminution du temps partiel. De 37 % en 2006, la proportion de salariés employés ainsi est passée à 32 % en 2009. Une baisse qui se retrouve chez les femmes : elles sont 47 % à ne pas exercer à temps plein alors qu'elles étaient plus de 50 % (53 % exactement) à temps partiel en 2006. Encore mieux, le poids des femmes à temps complet a progressé de huit points en trois ans, de 45 à 53 %. Un progrès à imputer à la politique des enseignes, selon Renaud Giroudet. « Celles-ci développent de plus en plus la polycompétence, notamment pour les hôtes ou hôtesses de caisse. »Un avis que ne partagent pas les syndicats. Pour eux, le temps partiel reste plus subi que choisi, et la diminution du nombre de caisses a une incidence sur l'emploi. « Même si l'impact final des nouvelles technologies sur le " volume salariés " est encore très difficile à évaluer, l'introduction des caisses de libre-service a engendré une baisse des effectifs, entre trois et quarante postes pour une moyenne de douze postes par site », explique Dejan Terglav, secrétaire général de FO Commerce.

Enfin, le secteur de la distribution, traditionnellement jeune, commence à vieillir. Si 42 % des salariés ont moins de 35 ans, 7 % ont plus de 55 ans. En 2005, les « seniors » n'étaient que 3 %. C'est le résultat d'une politique volontariste des enseignes qui, sous la pression du législateur, ont dû recruter des gens plus âgés. Et devront aussi les garder plus longtemps.

Méthodologie

800 questionnaires représentant 336 000 salariés ont été retournés en 2010, soit un taux de retour de l'ordre de 53 %. L'échantillon des répondants est composé de 65 % d'hypermarchés, 37 % de supermarchés, 51 % de maxi-discomptes et 29 % d'entrepôts. Les déclarations des données sociales des entreprises ont également été compilées.

L'état des lieux sur le plan social

89 % La proportion de salariés de la grande distribution alimentaire étant en CDI

2 % Ceux qui sont en contrats de professionnalisation, contrats aidés et apprentissage

83 % La proportion d'employés, ouvriers, personnels de livraison

32 % Celle de salariés travaillent à temps partiel (hors contrats étudiants)

8,7 %

Celle des salariés concernés par un travail régulier le dimanche matin

37,8 ANS

L'âge moyen de la branche

+ 2,5 %

L'augmentation de la masse salariale des entreprises du commerce alimentaire

28 %

La proportion de salariés de la branche ayant utilisé leur droit individuel à la formation (Dif) en 2009

60%

des effectifs sont des femmes

8 %

des salariés travaillent la nuit, dont 80 % d'hommes

42 % des salariés ont moins de 35 ans

Source : FCD, rapport de branche 2010

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Article extrait
du magazine N° 2161

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