L'emploi se maintient en grande distribution

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Selon le rapport de branche de la FCD, la crise économique n'a pas érodé l'emploi dans les grandes surfaces alimentaires. Il progresse même en supermarchés, mais baisse en hypers et dans les centrales.

Le pourcentage de femmes dans l'emploi salarié dans la distribution alimentaire
L'ancienneté moyenne en hypers et supermarchés
Le taux de CDI en grandes surfaces alimentaires
Le nombre d'heures de formation pour les salariés des grandes surfaces Source : FCD
L'intensification de la concurrence a des répercussions sur l'emploi dans les grandes surfaces. Elle amène notamment à revoir la répartition des effectifs entre le terrain et les fonctions support en centrale d'achats.
Le pourcentage de salariés travaillant le dimanche matin
Le taux d'emploi en CDI pour les salariées, contre 92 % pour les hommes Source : FCD

Le dernier rapport de branche du commerce de détail et de gros à dominance alimentaire pour 2008, établi par l'Observatoire prospectif du commerce pour la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), a surpris, y compris des dirigeants d'enseignes. En effet, les effectifs des entreprises se sont maintenus à 635 000 salariés, avec une érosion très faible (- 0,1 %). Les supermarchés enregistrent même une hausse des effectifs de 1,10 % - ce qui paraît assez logique avec la création et l'extension de magasins -, et l'emploi chez les maxi-discompteurs grimpe de 4,7 % !

En revanche, les hypermarchés voient leur effectif régresser de 0,1 %, et la situation est beaucoup plus tendue dans les entrepôts et centrales d'achats qui connaissent un recul sensible, respectivement de 3,6 % et 5,5 %. « Alors que la situation est difficile pour les enseignes en raison de la crise, nous avions craint un repli sensible de l'emploi. Ce n'est pas le cas », se félicite Jérôme Bédier, président de la FCD. Certes, les taux de croissance du début des années 2000, de 5 à 7 % en rythme annuel, ne sont plus de mise. L'emploi dans les grandes surfaces est désormais stable depuis quatre ou cinq ans. Mais, avec la montée du chômage et l'intensification de la concurrence, on aurait pu s'attendre à pire.

Pas encore d'impact de la crise

Il faut préciser que les chiffres de l'étude concernent l'année 2008 et ne reflètent pas les ajustements qui ont lieu actuellement. « Toutes les enseignes réduisent leurs coûts de personnel, tous les sièges ont été touchés, nous en sommes au quatrième plan social, et tout ce qui peut être automatisé l'est », observe notamment Dejan Terglav, secrétaire général de FO en charge du commerce. Il conteste la précision des données statistiques du rapport, trop partielles : les enseignes n'ont pas toutes répondu à l'enquête, même s'il convient qu'elle reste globalement pertinente et utile pour les partenaires sociaux. « Mais si une enseigne a supprimé 3 000 emplois et n'a pas répondu, cette baisse d'effectif n'apparaît pas », ajoute le délégué syndical.

Quoi qu'il en soit, les données apparaissent très cohérentes avec les analyses économiques menées par ailleurs. Le recul du chiffre d'affaires des hypermarchés, comme c'est le cas chez Géant ou Carrefour, ne donne pas lieu à une folie côté embauches. Au contraire, puisque 900 emplois ont été perdus dans ce format de magasin. Mais le turnover des salariés et surtout l'énorme capacité de recrutement des enseignes - « de l'ordre de 100 000 CDI par an », précise-t-on à la FCD - ont permis d'apporter les ajustements nécessaires. Et les emplois perdus là sont compensés par le déploiement des magasins de proximité, chez Aldi, Lidl et Leader Price (+ 5,5 % d'emplois), de même que chez Carrefour Market, Intermarché et Système U. « Nous avons créé 140 000 m2 de surface supplémentaire, il est évident que nos adhérents y ont placé du personnel », expose Thierry Desouches, porte-parole de Système U.

Au détriment des fonctions support

Avec la LME et l'intensification de la concurrence, l'emploi sur le terrain est redevenu le nerf de la guerre. Mais, de ce fait, les fonctions support dans les sièges et les centrales d'achats sont en phase de rationalisation. « Il y a encore beaucoup d'embauches, mais il est vrai que des fonctions dispersées, comme l'achat de chariots, ont été centralisées », ajoute Thierry Desouches. Et le côté positif pour l'emploi en grandes surfaces reste la formidable capacité d'intégration des populations les plus fragilisées par la crise, notamment les jeunes, ainsi que l'ascenseur social, qui y reste en vigueur plus que dans tout autre secteur économique.

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Article extrait
du magazine N° 2114

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