L'emploi : tout pour rendre le travail moins cher

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Générique - rédaction - réunion

Les représentants du commerce sont formels : pour maintenir le commerce physique, il faut que le coût du travail soit le plus faible possible. Visiblement, les candidats l’ont entendu. À l’exception de la gauche (Hamon et Mélenchon), tous proposent de baisser le montant des charges patronales. Le candidat des Républicains va le plus loin, avec un allégement total de 40 milliards d’euros. « Deux fois plus que le CICE », précise Hervé Novelli. Seul hic, cette baisse des charges patronales serait financée par une hausse de la TVA de deux points. Ce qui risque de freiner la consommation. Emmanuel Macron, de son côté, souhaite transformer ce crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi en « baisse des charges pérenne », sous forme d’allégements dégressifs jusqu’à 1,6 fois le Smic. Quant à Marine le Pen, elle souhaite une fusion du CICE et de tous les autres dispositifs. « Vous serez au cœur du maintien de l’emploi », lance Joëlle Mélin aux professionnels.

25%

Le commerce recrute 25 % des jeunes de moins de 25 ans

78000

jeunes en contrats d’apprentissage

38000

en contrats pro dans le commerce

Source : Forco

Des charges qui pèsent aussi sur l’apprentissage, voie d’entrée sur le marché du travail et délaissée en France. Hervé Novelli promet d’exonérer de charges les contrats en alternance. Quel politique, rêvant du modèle allemand, ne veut pas favoriser l’apprentissage ? François Fillon souhaite prendre le mal à la racine et confier la gestion des lycées professionnels aux régions pour associer davantage les entreprises. « Si l’apprentissage fait pâle figure en France, c’est avant tout parce qu’il a été construit par l’Éducation nationale et pas par le monde professionnel. » Un avis partagé par beaucoup de représentants du commerce. Marine Le Pen vise plus large, avec l’exonération des charges patronales pour toute embauche d’un jeune de moins de 21 ans. Autant de mesures qui vont dans le sens de ce que prônent les spécialistes de l’apprentissage. « Il faudrait exonérer de charges sociales tous les contrats en alternance et élargir le crédit d’impôt apprentissage aux contrats professionnels », estime Marie-Hélène Mimeau, vice-présidente du Forco, l’organisme paritaire qui collecte les fonds versés par les distributeurs à destination de la formation.

  • Un allégement des charges patronales destiné à réduire le coût du travail.
  • Favoriser l’apprentissage par l’exonération de charges sur les contrats en alternance et une gestion différente des lycées professionnels.
  • Assouplir le temps de travail ou, au contraire, le réduire.

Le temps de travail divise davantage. Attaqués pendant des années, les 35 heures vivent-elles leurs derniers mois ? Mis à part Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, qui se prononcent pour une baisse supplémentaire du temps hebdomadaire, les trois autres militent pour un assouplissement. En rupture sur l’échiquier, François Fillon compte les supprimer et donne entre un an et dix-huit mois aux entreprises pour négocier des accords sur le temps de travail, avec les 39 heures comme référence. ­Marine Le Pen parle d’assouplissement, sans plus de précision. Emmanuel Macron adopte une posi­tion originale : moduler le temps de travail en fonction de l’âge. Ainsi, les plus jeunes pourraient travailler autant qu’ils veulent, les plus âgés choisir un temps de travail plus adapté à leurs désirs. Le travail à la carte, en quelque sorte, encadré par des limites d’âge (25 et 55 ans).

Emmanuel Macron

Sa proposition la plus audacieuse

  • Supprimer dix points de cotisation au niveau du Smic, six par la conversion du CiCe et quatre par une baisse supplémentaire des charges sociales.

Sa mesure la moins bénéfique

  • Iinstaurer un bonus-malus sur les contrats courts, utilisés souvent par le commerce

Marine Le Pen

Sa proposition la plus audacieuse

  • L’instauration d’un « patriotisme économique » ou une taxe de 3% sur les importations dont le produit sera reversé aux salariés touchant moins de 1 500 euros par mois.

Sa mesure la moins bénéfique

  • Une taxe sur l’embauche des salariés étrangers, pour un gain chiffré à 2 milliards d’euros par an.

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Article extrait
du magazine N° 2455

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