L'énergie photovoltaïque séduit de plus en plus les distributeurs

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Fini les tests à petite échelle ! Depuis plusieurs mois, les panneaux solaires fleurissent sur les toits des grandes surfaces. L'occasion pour les distributeurs d'afficher leur engagement pour le développement durable. Tout en cherchant, pour certains, une véritable rentabilité économique.

Utiliser le soleil pour rentabiliser ses bâtiments, il fallait y penser. L'idée a fait son chemin et, à grand renfort d'investissements et de panneaux photovoltaïques, plusieurs enseignes transforment une partie de leurs magasins et bases logistiques en petites centrales de production d'électricité. D'ici à 2012, Casino espère être ainsi en mesure de produire 70 mégawatts (7 % de la capacité d'une centrale nucléaire). Jacques Ehrmann, directeur des activités immobilières et expansion du groupe, précisait en juin qu'étaient pressentis le sud de la France, la Corse et la Réunion, sans préciser la surface concernée et le budget consacré. Une filiale ad hoc est en cours de création et pourrait travailler avec des acteurs extérieurs. Lidl s'est contenté fin mai d'un communiqué annonçant le développement de panneaux photovoltaïques sur ses bases logistiques dans 7 pays européens, dont la France, pour un investissement qui se calcule en « centaines » de millions d'euros.

 

Des économies... vertes

Après des essais clairsemés, cette technologie connaît une forte accélération, dopée par une fiscalité très attrayante. Chaque kilowatheure (kWh) photovoltaïque produit est obligatoirement racheté par EDF, à 33 centimes pour des panneaux non intégrés au bâti ou à 60 centimes pour ceux intégrés à la toiture et jouant le rôle d'élément d'étanchéité, alors que le kWh payé par le consommateur est facturé de 8 à 15 centimes.

Ce dispositif de rachat, valable pour une durée irrévocable de vingt ans, et d'autres mesures incitatives, tel l'amortissement accéléré sur douze mois, offrent des perspectives aux distributeurs, qui trouvent là un moyen de valoriser leur patrimoine immobilier et les immenses surfaces de toiture dépourvues d'intérêt. Tout en s'offrant une image verte...

Ces tarifs de rachat élevés doivent aussi les inciter à se lancer dans des investissements, dont les retours se feront à moyen terme. Ainsi, l'Intermarché de Negrepelisse (LSA n° 2099) s'est équipé de 1 000 m² de membranes photovoltaïques pour 326 000 E. « En intégrant le coût du matériel, l'usure des cellules et l'évolution des prix de vente, le retour sur investissement atteint douze ans et demi », indique Francis Boitte, responsable construction pour Intermarché. Avec un budget de 300 à 700 E par mètre carré équipé, le photovoltaïque est gourmand en capitaux. Et il nécessite des prérequis. « L'investissement initial reste significatif. Sans oublier des toitures orientées vers le sud, et un peu de pente pour capter le maximum de soleil », indique Pascal Benveniste, PDG de Stratego Solar, société spécialisée dans les installations photovoltaïques.

 

Des alternatives

La technologie s'affine, des membranes souples font leur apparition. Leur rendement est plus faible mais elles peuvent fonctionner par temps couvert et être installées sur des pentes légères. « Compte tenu du coût, les grandes surfaces ne se positionnent que lorsqu'elles entament des travaux », observe Pascal Benveniste. C'est d'ailleurs un frein majeur au développement, puisque l'incitation fiscale maximale (60 centimes/kWh) repose sur des panneaux complètement intégrés. « Poser » des panneaux est une alternative certes moins onéreuse (33 centimes), mais aussi moins intéressante. C'est pour cette raison que le ministère de l'Écologie souhaite « mettre en place à l'automne un tarif intermédiaire. Car le but est de favoriser le développement des panneaux sur des grands bâtiments du type supermarchés, qui ne remplissent pas tous les critères d'intégration au bâti », indique t-on dans l'entourage de Jean-Louis Borloo.

 

Être au rendez-vous

Si les panneaux solaires ont un intérêt économique, il en existe un autre, le respect de futures normes énergétiques. « Pour les bâtiments existants, le Grenelle 2 fixe les objectifs d'amélioration de la performance énergétique à atteindre d'ici à 2020 pour le tertiaire. Ils feront l'objet de décrets », poursuit-t-on au ministère concerné. Des règles sont attendues pour 2012. A priori, le bilan énergétique global des bâtiments sera mesuré, ainsi que l'apport de l'énergie photovoltaïque.

La composante environnementale n'en est d'ailleurs qu'à ses débuts : à partir de la fin 2010, tous les bâtiments neufs devront obéir à la réglementation « basse consommation », ce qui promet une généralisation des panneaux sur les toits. Avec la chute annoncée de leurs prix, la domestication du soleil ne fait que commencer

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Article extrait
du magazine N° 2102

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