L'enseigne Picard de nouveau à vendre

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BC Partners, propriétaire de 79 % du capital du premier distributeur français de surgelés, a confié une mission à la banque d'affaires Rothschild pour évaluer les repreneurs et les options possibles.

Picard
Picard ©Bernard Martinez

C'était à prévoir. Le propriétaire de Picard à hauteur de 79 %, envisage de céder l'affaire, mais sans urgence. Le fonds d'investissement BC Partners avait racheté les parts de l'enseigne à un groupe d'actionnaires en 2004, il n'est donc pas absurde d'assister à une volonté de désengagement six ans plus tard. « C'est un classique pour un LBO. Les fonds sortent au bout de cinq ans en moyenne », explique Philippe Jaegy, vice-président de Solving Efeso.

BC Partners a réalisé de bons résultats sur Picard depuis son rachat (570 magasins en 2004, 813 en 2010, et une part de marché passée dans le même temps de 12 à 21 %), et l'heure est propice à une sortie. Deux options peuvent donc être envisagées : introduction en Bourse d'un côté, cession à une société, fonds d'investissement ou distributeur, de l'autre. L'actionnaire majoritaire de Picard a confié une mission à la banque d'affaires Rothschild pour analyser les possibilités et chercher les acquéreurs potentiels.

 

La Bourse trop frileuse

Le prix de cession est estimé aux alentours de 1,5 milliard d'euros pour un prix d'achat de 1,3 milliard en 2004. Cependant, si aucune option ne satisfait BC Partners, l'actionnaire est prêt à réinjecter des fonds dans l'affaire pour de nouveaux projets. Des précisions quant à un éventuel acquéreur devraient être apportées entre les mois de juin et de juillet, et une décision prise d'ici à septembre.

Si l'introduction a été envisagée, c'est en partie en raison du placement récent en Bourse de deux groupes détenus par BC Partners : Medica et Amadeus. « C'est une stratégie de BC Partners. En toute logique, on aurait pu s'attendre à l'entrée en Bourse d'une troisième marque de leur portefeuille », indique Pierre-Édouard Boudot, analyste chez Natixis.

Cette éventualité avait déjà été évoquée avant le rachat des parts par BC Partners. Mais compte tenu de la chute boursière des dernières semaines, les observateurs sont sceptiques. « Le marché est trop frileux actuellement pour des entreprises de capitalisation moyenne », explique Pierre-Édouard Boudot. Philippe Jaegy ajoute : « On voit plutôt des sorties de Bourse que des entrées ces derniers temps ! » Il ne reste donc plus qu'à trouver un repreneur. Des fonds d'investissement se sont déjà positionnés, dont Carlyle, Advent, Permira, Blackstone ou PAI Partners. Picard n'intéresse pas que les fonds. Des distributeurs auraient aussi exprimé leur intérêt pour l'enseigne.

 

Pour les repreneurs, deux options de développement

Qui dit reprise dit perspectives et projets de développement concrets. Picard, déjà très mature en France avec plus de 800 magasins, dispose deux leviers de croissance : l'international et le « build up ». À l'étranger, Picard est certes présent en Italie depuis 1999 avec le rachat des magasins de la filiale italienne de Gel 2000, mais n'y compte que... trois points de vente. Or, Picard « a tout la légitimité pour se développer à l'international », confie Olivier Decelle, ancien directeur général de l'entreprise.

Autre option, le « build up » consiste à développer de nouveaux services. « Exemple, confie Philippe Jaegy, un nouveau circuit de distribution en adéquation avec le positionnement actuel de Picard. On pourrait imaginer un service supplémentaire ou l'acquisition d'autres acteurs du marché pour proposer quelque chose de global. » En tout cas, les analystes sont unanimes : un troisième LBO serait relativement risqué. Il y a donc nécessité d'avoir un projet solide.

Un distributeur plus que centenaire

- 1906 Création des Glacières de Fontainebleau par Raymond Picard.

- 1962 Les Glacières de Fontainebleau deviennent les Établissements Picard.

- 1973 Armand Decelle rachète l'entreprise.

- 1991 Carrefour prend 10 % du capital.

- 1994 Picard devient une filiale du groupe Carrefour, qui détient 79 % du capital.

- 2001 Carrefour cède sa part à un groupe d'investisseurs qui, associés à la famille Decelle et au management, montent une opération en LBO (répartition de l'actionnariat : Candover 43 %, famille Decelle 21 %, Montagu 16,7 %, Chevrillon 11 % et Astorg 8,3 %).

- 2004 BC Partners se porte acquéreur de l'enseigne à hauteur de 79 % du capital.

Les chiffres

1,2 Mrd € de chiffre d'affaires (exercice clos fin mars 2010, + 3 %)

813 magasins en France

30 à 40 M € par an en investissement

21 % du marché en valeur sur le total des surgelés

3 300 collaborateurs en mars 2009


 

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Article extrait
du magazine N° 2139

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