L'épicerie fine fait peau neuve

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Ce marché jouit d'une bonne santé, porté par l'engouement des consommateurs pour des produits rassurants et de qualité. Mais pas seulement. De nouveaux intervenants et de petits opérateurs régionaux donnent un coup de jeune à ce rayon qui fait, de plus en plus, preuve d'audace.

Vêtu d'un tablier, Jérôme Blanvillain, le directeur général de A l'Olivier s'active aux fourneaux. En cette journée d'octobre, l'atelier des sens, un grand espace dédié à la cuisine, situé dans le XIe arrondissement de Paris, fleure bon les herbes et l'huile d'olive. Les champignons rissolent. Pour présenter ses derniers produits et marier Provence et Japon, Jérôme Blanvillain a fait appel au chef Keisuke Matsushima.

Cure de jouvence

LES TENDANCES

  • L'offre se fait plus large et plus moderne, tout comme les packagings.
  • Le secteur bénéficie de l'engouement des Français pour la cuisine et la gastronomie.
  • La GMS entend bien se faire une place sur ce marché.

Spécialisée dans l'huile d'olive, les huiles aromatisées et les émulsions, l'entreprise 100% familiale incarne à sa façon le renouveau du marché de l'épicerie fine. Enfermé jusque-là dans des codes très classiques, le rayon fait véritablement l'objet d'une cure de jouvence sous l'influence de maisons ancestrales comme A l'Olivier (la boutique parisienne date de 1822 !) mais également des derniers venus comme Eric Bur ou A la Table de Mathilde, créée en 2008 par Lionel Renault, un ancien de Larnaudie. Les packagings rêvent désormais d'une dimension beaucoup plus moderne et l'offre se caractérise par une largeur de gamme inégalée (près de 170 références par exemple pour A la Table de Mathilde). Un renouveau exprimé lors du salon Gourmet Food &Wine qui s'est tenu en septembre dernier, porte de Versailles à Paris. « Le secteur de l'épicerie fine bénéficie directement de nouvelles tendances de consommation alimentaire générées par l'extraordinaire engouement pour la cuisine et le fait-maison », explique volontiers Claire de Longeaux, commissaire du salon.

Deux grandes catégories constituent ce marché en pleine mutation. D'un côté, les produits de luxe, de l'autre, les produits du terroir.

Montée en puissance de la grande distribution

Pour autant, le chiffre d'affaires global généré par l'épicerie fine reste extrêmement difficile à apprécier tant les canaux de distribution sont divers: GMS, réseau des détaillants, enseignes spécialisées et sites d'e-commerce. « On note une montée en puissance de la GMS qui développe ses propres produits et se montre prête à faire de plus en plus de place à ce rayon extrêmement rentable », observe Xavier Barbaux, consultant spécialisé en marketing pour la restauration et l'agroalimentaire et fondateur de la société Talents et Gastronomie Conseil.

Le développement des espaces premium chez Intermarché ou les caves à huiles montées chez Auchan en sont des exemples. Les enseignes de la grande distribution se montrent assurément prêtes à faire de la place à des produits de qualité et regardent avec attention les tendances qui se sont exprimées lors du salon Gourmet Food&Wine.

L'une des grandes forces de l'épicerie fine est de proposer des petits plaisirs accessibles.

LIONEL RENAULT, fondateur de A la table de Mathilde

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Article extrait
du magazine N° 2HSEPICERIE2013

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