L’essayage virtuelsort enfin du gadget

Bien qu’encore perfectible, l’essayage virtuel atteint peuà peu des niveaux de performances qui en feront, demain, un allié précieux des chaînes de vêtements. Les développeurs de softwares fourbissent, du reste, leurs armes.

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L’essayage virtuelsort enfin du gadget

A Barcelone, calle de Provença, au fond d’une élégante boutique de la marque italienne de prêt-à-porter Roberto Verino, trône un étrange miroir. « Quand elles le découvrent, les enseignes ont tendance à croire qu’il s’agit d’un miroir pour se voir de pied en cap, mais c’est beaucoup plus que cela », plaisante José Maria Garcia Sala, directeur commercial d’Airtech (pour Artificial Intelligence Technologies), un « spin-off » de l’université de Barcelone qui a inventé cet Ai­mirror. Pour le sien, Roberto Verino a choisi la forme d’un luxueux smartphone géant. Mais cet habillage, variable selon les enseignes, est bien moins important que le software de cet appareil un peu magique.

Les mesures enregistréespar des capteurs visuels

Basé sur la technologie Kinect de Microsoft, celui-ci s’appuie sur des capteurs visuels 3D reconnais­sant la taille et les mouvements. La réalité augmentée permet ensuite de superposer des éléments virtuels, en l’occurrence des vêtements, aux séquences filmées. Le client n’a plus qu’à lever le bras pour sélectionner en haut de l’écran le vêtement qui l’intéresse afin de s’observer sous tou­tes les coutures, comme dans une vraie cabine. En plus d’affiner légèrement la silhouette, une intention toujours louable, l’Aimirror, connecté à internet, peut prendre une photo, puis l’envoyer à des milliers d’amis sur Facebook pour solliciter leurs avis. Certes, en cas de déplacement du modèle, le copier-coller du vêtement sur la silhouette n’est pas encore 100% parfait et le « tombé », avec ses plis, reste intraduisible, mais le résultat est tout de même bluffant.

« Bien que les choses évoluent très vite, la technologie actuelle n’est pas en mesure de remplacer les vraies cabines, qui demeurent un passage obligé. Mais l’Aimirror, bien utilisé, fait grimper le panier moyen », assure José Maria Garcia Sala. Sans contorsions acrobatiques derrière un rideau, il permet en effet de passer en revue une bonne partie de la collection en un instant. Surtout, en présence d’une vendeuse qui va suggérer des looks complets, c’est un excellent outil de vente croisée. Intégrant la reconnaissance des étiquettes RFID, il peut scanner un vêtement glané au préalable dans la boutique pour un essaya­ge dans la microseconde, qui donnera une première impression. Après cette ample présélection, l’essayage dans la cabine réelle s’avère beaucoup plus productif. La connexion de l’Aimirror à internet permet en outre de recueillir assez facilement l’adresse e-mail des clients, une information commercialement précieuse.

L’expérience magasin enrichie

En fait, sa limitation, à l’instar de toutes les autres cabines d’essayage virtuel, se situe plutôt en amont, au niveau de la modélisation en 3D des pièces de la collection, puis de leur intégration à la base de données, opération encore fastidieuse. C’est pourquoi, pour les chaînes d’habillement à forte rotation, qui changent en permanence de collection, Airtech recommande plutôt un usage d’animation dans les flagships ou dans des pop-up stores. Par exemple, la NBA américaine fait appel à l’Aimirror lors de son match gala annuel de basket, l’All-Star. Le calcul automatique de la taille par la machine accélérant la vente de maillots et de casquettes. « Enrichir l’expérience en magasin par le biais de l’événementiel, de l’animation commerciale ou en ciblant une collection restreinte est le principal atout de cette technologie », estime, de son côté, Johann Gobe, cofondateur de Kylii Motion, un créateur français d’applications de réalité augmentée. Ayant fait l’objet d’années de développement, sa solution d’essayage virtuel consiste en une box « plug & play », équipée d’un capteur 3D qui peut être reliée à tout type d’écran. Elle a déjà séduit la chaîne de magasins de jouets Oxybul Éveil et Jeux (pour l’essayage de déguisements), les Galeries Lafayette de Lille (dans le cadre d’une opération « mode 24 heures sur 24 ») ou, plus récemment, le centre commercial Cap3000, près de Nice.

La vente croisée stimulée

D’installation facile, l’essayage virtuel est en effet un très bon moyen de stimuler la vente croisée entre enseignes dans une galerie. Un autre de ses gros avantages, selon Emmanuel Pottier, directeur général délégué de la régie publicitaire Clear Channel, est de joindre « un fort aspect ludique à l’engagement client ». Il inscrit en effet celui-ci dans une première démarche pouvant mener vers la vente. Clear Channel utilise son réseau de 1 200 totems digitaux en centres commerciaux et en galeries marchandes pour proposer ce genre de service, comme avec l’enseigne Tex du groupe Carrefour, par exemple.

En définitive, même si elle n’est pas encore suffisamment qualitative pour le grand luxe et pas assez automatisée dans la modélisation pour les enseignes à forte rotation, cette technologie paraît pleine de promesses à un horizon de trois ou cinq ans. Les ensei­gnes, et particulièrement leurs départements marketing, qui ont parfois tendance à considérer la cabine d’essayage virtuel comme un simple outil boutique, auraient donc tout intérêt à… l’essayer, simplement.

4 500 à 8 000 EUROS

Le prix par unité et par an,selon les enseignes, avec une forte possibilité de modulation de la prestation, y compris sous la forme de paiement SaaS (Software as a Service)

Source : fournisseurs

Mon look virtuel by Tex

S’appuyant sur les totems digitaux de Clear Channel et un software d’Ayotle, la marque Tex, de Carrefour, a mené du 19 au 25 mars une expérience dans six hypermarchés : Mon Look virtuel by Tex. Les totems d’essayage étant situés dans les galeries marchandes et pas dans les magasins, l’impact sur les ventes en a peut-être été freiné, mais l’effet « buzz » a joué à plein avec de nombreuses retombées dans la presse.

Barbie

Du 11 au 19 avril, aux Galeries Lafayette Haussmann de Paris, Kylii Motion a déployé une cabine d’essayage virtuel Barbie. Face à un miroir installé dans le dressing, les petites filles et leur mère se glissaient dans les vêtements de Barbie et choisissaient le meilleur look parmi des dizaines d’options.

Style Me, de John Lewis

L’enseigne de grands magasins britannique a été la première à craquer pour l’Aimirror de la société barcelonaise Airtech. Pour un opérateur comme John Lewis, qui met l’accent sur l’extraordinaire qualité de son service, la cabine virtuelle peut s’avérer un allié précieux qui combine l’aspect ludique à une réelle utilité.

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