Marchés

L'étiquetage environnemental accélère sa diffusion

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recyclage - Après la nutrition, l'environnement entre en force sur les packagings. Intermarché se positionne sur le tri sélectif, Leclerc teste l'étiquetage carbone, où l'on attend incessamment Casino.

Trois emballages sur quatre recyclés. Selon Éco-Emballages, qui structure la filière du tri et de la valorisation des déchets d'emballage depuis 1994, 4,4 millions de tonnes ont été mis en circulation en 2006, dont 75 % ont été valorisés. Dans une étude diffusée début mars, l'organisme relève deux évolutions positives : le volume global d'emballages diminue - après un pic à 4,9 millions de tonnes en 1997 -, et la part de valorisation augmente. En douze ans, le volume de déchets recyclés a presque triplé. Ce qui équivalait, en 2006, à une moyenne de 42 kg par habitant, mais avec de grandes disparités, notamment selon les milieux de population.

Une aide au tri

Au pôle environnement du groupement des Mousquetaires, on estime que beaucoup reste à faire au niveau du tri sélectif. « Les Français ne maîtrisent pas encore bien ce geste, constate Philipe Manzoni, responsable du marketing de l'enseigne Intermarché. Aujourd'hui, un emballage sur deux est mal trié. Or, tri et recyclage entrent dans le premier cercle des préoccupations en matière de développement durable, au même titre que la gestion de l'eau, du chauffage et du carburant. » L'enseigne a choisi la Semaine du développement durable pour révéler un étiquetage simple et attractif, destiné à aider les consommateurs à trier correctement leurs emballages.

L'Écolo-Pass, comme l'a baptisé l'enseigne, s'inspire des grandes lignes du Nutri-Pass, sa communication sur les qualités nutritionnelles mise au point en 2007 : pédagogie, accessibilité, transparence et ludisme. « Les gens ont besoin d'une information simple, formulée dans le langage de tous les jours, insiste Philippe Manzoni. Nous le constatons avec le Nutri-Pass dans nos enquêtes clients ; nous avons donc choisi de concevoir l'information sur le tri dans le même esprit. » L'Écolo-Pass indique de manière claire si un produit se recycle ou non ; et si oui, à quel type de déchet il appartient.

La bonne idée vient surtout de la déclinaison du logo sur tous les composants du produit. Dans la plupart des cas, le consommateur extrait pots de yaourt, de confiture ou de lait de l'emballage principal pour les stocker. Du coup, les informations figurant sur l'emballage disparaissent. En revanche, l'Écolo-Pass a vocation à figurer sur chaque produit à l'unité, et sur le couvercle ou l'opercule.

Un sujet très complexe

Ce logo ne figurera que sur les marques de distributeurs, sachant que, chez Intermarché, celles-ci représentent une vente sur deux et 4 500 références environ. Elles devraient être toutes estampillées d'ici à fin juin 2009. Et pourquoi pas au-delà des seules MDD, si l'Écolo-Pass, premier étiquetage du genre, faisait école...

« C'est nous qui avons le recul nécessaire sur ces questions », fait-on valoir chez Éco-Emballages, qui a travaillé avec plusieurs filières industrielles sur des pictos informatifs. Le premier était apparu début 2007, sur des briques et bouteilles de lait. Il s'agit moins d'information que d'incitation, notamment à l'adresse des jeunes consommateurs, avec ce type de message : « La vache transforme l'herbe en lait. Le recyclage me transforme en essuie-tout. » Après le lait ont suivi entre autres des pots de confiture et des lessives (« Deux boîtes = une couverture de bande dessinée »). L'organisme analyse actuellement des études d'impact des opérations.

Nul doute que, malgré un risque réel de trop-plein d'informations et la pression pour réduire le volume des emballages, l'étiquetage lié au tri sélectif et au recyclage va devoir trouver sa place aux côtés d'autres indications environnementales. « L'étiquetage carbone n'est pas à l'ordre du jour, parce que le sujet est complexe et les consommateurs n'y comprennent rien », dit-on chez Intermarché. Sans attendre l'étiquetage de Casino, promis pour les toutes prochaines semaines, deux Leclerc (lire encadré) se lancent dans l'aventure, en testant un dispositif emballage-site internet-ticket de caisse.

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