Marchés

L'étiquette (eO) suit la fraîcheur des produits à vue d'oeil

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INNOVATION - La société Cryolog utilise le comportement des micro-organismes qui constituent son étiquette fraîcheur pour déterminer la dégradation des aliments emballés. Un produit destiné au monde de la logistique est également annoncé.

On se souvient de la puce fraîcheur lancée par Monoprix il y a une quinzaine d'années sur ses produits frais. Cryolog fait un pas de géant de plus en proposant (eO), une étiquette à base de micro-organismes qui réagit en fonction des conditions réelles de conservation du produit, en particulier en cas de rupture de la chaîne du froid. La petite fleur verte apposée sur l'emballage vire au rouge dès que le produit n'est plus consommable, et ce même si la date limite de consommation n'est pas dépassée. « L'idée est de simuler l'évolution de la dégradation de l'aliment », explique Illan Zemmour, responsable marketing de la société. Cryolog a déjà convaincu Monoprix en région parisienne et Leclerc en Bretagne (Scarmor) de tester son étiquette intelligente.

 

Un expert en micro-organismes

Basée à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, la jeune pousse biotechnologique a démarré ses recherches dans le laboratoire de son partenaire breton Adria, à Quimper. Réputée pour ses compétences en microbiologie et en bactéries lactiques, elle a développé des modèles mathématiques décrivant le comportement des germes dans les aliments. En juillet dernier, Cryolog a quitté le Finistère pour installer sa R et D et sa production à Nantes, sur le marché d'intérêt national. « Nous avions besoin de locaux plus importants, et Nantes apparaissait comme un bon compromis entre Paris, où se trouvent le marketing et les services administratifs et commerciaux, et la Bretagne, d'où est originaire la majorité de notre personnel de recherche et de production », indique Renaud Vaillant, créateur et dirigeant de l'entreprise, formé à l'école centrale de Lyon.

Cryolog propose déjà une nouvelle technologie, Echo, intégrée à un boîtier électronique : des modèles mathématiques de microbiologie prévisionnelle préenregistrés permettent d'évaluer l'impact des variations de température. « L'idée n'est pas de s'intéresser à la rupture de la chaîne du froid en tant que telle mais, lorsqu'elle est avérée, de se demander si elle a une répercussion sur le produit, explique l'entrepreneur. Jusqu'à maintenant, seule une analyse pouvait apporter une réponse. Dans un certain nombre de cas, on pourra s'en passer. » Et de préciser : « Il ne s'agit pas de s'affranchir complètement du contrôle qualité via l'analyse. Mais, inversement, ce n'est pas parce qu'une température n'est pas conforme au standard attendu que le produit n'est plus consommable ou qu'il a perdu sa qualité fraîcheur. »

 

Optimisation des temps de contrôle

L'entrepreneur se montre confiant sur la capacité d'Echo à trouver sa place dans la chaîne logistique : en optimisant les temps de contrôles, voire en réduisant le nombre d'analyses dont les délais de résultats sont compris entre quarante-huit heures et une semaine, l'outil participe à une réduction des coûts.

Et Renaud Vaillant de se risquer à la prospective : « La température de livraison est relativement basse aujourd'hui, autour de 4 °C. Il est possible d'envisager de la relever avec ce type d'outil. La plupart des marchandises transportées relèvent de la responsabilité des industriels et logisticiens. » La commercialisation d'Echo est, au terme de tests jugés concluants, en phase de démarrage.

Cryolog n'est pas le seul acteur sur ce marché. Parmi ses principaux concurrents, figurent l'américain Temptime et la société israélienne Freshpoint. « Mais il y a de la place pour tout le monde sur ce marché qui est mondial », estime Renaud Vaillant.

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