L’horizon s’éclaircit pour les multinationales

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Les grandes entreprises de consommation et de distribution voient l’environnement économique s’améliorer et la consommation rester solide partout en Europe, selon Standard and Poors. Alors que les pays émergents continuent d’apporter de la croissance.

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Les multinationales de la grande consommation, de Danone à Unilever en passant par Procter & Gamble ou AB Inbev, ou encore les grandes enseignes de distribution comme Auchan et Metro dans l’alimentaire, ou Kingfisher dans le non-alimentaire, devraient évoluer dans un contexte économique qui s’améliore un peu partout en Europe et qui reste porteur aussi dans les pays émergents, selon une étude approfondie de l’agence de notation Standard and Poors.

« Dans la majeure partie des cas, nous prévoyons des perspectives stables pour enseignes, même si elles évoluent sous la pression de la compétition », indique Raam Ratnam, directeur de l’analyse pour le secteur du commerce. Les enseignes alimentaires devraient améliorer leurs résultats de 1 à 2% l’an prochain, et celles du non-alimentaire de 4 à 5%. Même chose pour les multinationales la grande consommation. « Fondamentalement, ce secteur est résilient, affirme Nicolas Beaudoin, directeur de l’analyse pour les industries de la consommation. La croissance de la demande est toujours forte dans les pays émergents, la prémiumisation se renforce sur les marchés matures, la classe moyenne augmente, de même que la population. »

En Europe, pour ces sociétés, l’environnement économique s’améliore incontestablement. Les revenus disponibles des ménages évolueront en 2016 de 1% (en France) jusqu’à 2,9% (au Royaume-Uni), l’Allemagne se situant à + 2,5% et l’Espagne à +2,6%. Les dépenses de consommation restent très soutenues : +1,5% en France, +1,6% en Allemagne, +2,6% en Espagne et +2,9% au Royaume-Uni. Autant de chiffres porteurs qui peuvent permettre aux acteurs de renforcer leur activité. À noter toutefois des tendances parfois divergentes. Au Royaume-Uni, l’alimentaire n’apporte que peu de croissance, alors que les ventes de non-alimentaire s’envolent (+5,7%). En France, la situation est plus équilibrée. Mais, dans tous les cas, « les ventes en volume ont réagi positivement, à la fois pour le food et le non-food », à la compétition que se livrent les industriels et les distributeurs, via les baisses de prix. Enfin, le seul pays d’Europe qui reste à la traîne en matière de « confiance » est la France.

La meilleure notation à Auchan

Dans ce contexte européen, relativement tendu, Auchan conserve, avec A-, la meilleure notation octroyée par Standard and Poors pour les enseignes françaises. Mais il est désormais talonné de près par Carrefour, qui affiche BBB+, sachant que Auchan a une perspective négative tandis que Carrefour est stable. Le premier du classement est Apoteket, qui évolue dans la distribution pharmaceutique. Ahold apparaît en 5e position, Kingfisher en 6e, Delhaize en 7e et Casino en 8e. À noter qu’avec le rachat de Delhaize par Ahold, le classement va évoluer. Théoriquement, Ahold devrait s’en trouver renforcé.

En Allemagne, les discounters Aldi et Lidl détiennent 43% de part de marché, mais celle-ci n’évolue plus, ce qui peut vouloir dire que Rewe – futur partenaire de Leclerc pour les achats – ou Metro (désormais partenaire d’Auchan) ont trouvé les moyens de résister. Ce n’est apparemment pas le cas au Royaume-Uni où Tesco souffre beaucoup de la déferlante des deux discounters.

Les multinationales sereines

Du côté produits de grande consommation, les multinationales ne devraient pas avoir trop de souci à se faire non plus en 2016. Toutes les entreprises, depuis Nestlé, en tête du classement, en passant par AB Inbev, qui va absorber SAB Miller, affichent des perspectives stables. « Pour ces sociétés, la croissance apportée par les pays émergents, même si l’on observe un ralentissement, est majeure. Le rachat de SAB Miller s’explique en partie pour cette raison : 70% de ses ventes sont réalisés dans ces pays », expose Nicolas Baudoin.

Bien sûr, il y a des évolutions rapides à suivre, tels les ventes sur internet – L’Oréal a franchi la barre du milliard de chiffre d’affaires en ligne, sur un CA total de 20 milliards d’euros. Danone a, lui, investi dans le baby food, qui se révèle l’un des secteurs les plus porteurs, comme commence a le devenir le senior food, qui suit le vieillissement de la population.

Dans les produits d’entretien, les géants Johnson, Procter, Henkel, Reckitt Benckiser ont une part de marché si importante, chacun dans leur secteur (lessive, entretien de la maison, insecticides), que les perspectives sont très favorables. « Dans ce secteur, les sociétés disposent d’un solide business, avec un très bon profil de risques », indique l’étude. Ce qui veut dire qu’elles savent innover et valoriser des produits qui permettent de dégager des marges solides. Enfin, les biens durables – Electrolux, Philips – connaissent des temps plus difficiles dans les pays matures, sauf à innover dans les objets connectés, mais profiteront, en 2016, d’une classe moyenne mondiale qui entend s’équiper. 

Les raisons de la résistance des entreprises

  • La consommation continue de croître partout en Europe
  • Malgré la pression sur les marges, le chiffre d’affaires progresse
  • Auchan et Carrefour ont les meilleures perspectives de la distribution européenne
  • Les multinationales de la consommation comme Nestlé ont toutes des tendances favorables
  • Le non-alimentaire progresse plus vite que l’alimentaire

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Article extrait
du magazine N° 2387

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