Marchés

L'idée reçue : Les fabricants sont coupés de l'amont et des producteurs. FAUX

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Dossier DES LIENS ÉTROITS se nouent de plus en plus fréquemment avec les producteurs pour assurer la traçabilité et la qualité des matières premières des industriels. MAIS des efforts restent à fournir pour généraliser ce travail et rassurer le consommateur.

S'approvisionner en matières premières. Un passage obligé, mais les solutions pour se fournir divergent. Parmi les poncifs couramment véhiculés par les clients, l'origine de ces matières premières relèverait d'un mystère impénétrable. En réaction, les professionnels du secteur tentent de valoriser ces produits à la base de leurs recettes. Les exemples de bons élèves ne manquent pas. Des marques, comme Max Havelaar ou Alter Eco, se sont ainsi construites autour d'une relation durable avec les producteurs de pays en développement et érigent leur discours marketing autour de la bonne rémunération de ces producteurs.

 

Sélection et intégration

 

Le secteur laitier est aussi connu pour la contractualisation des éleveurs qui sont directement « rattachés » à un industriel. Dans la viande, Hénaff, société finistérienne, a quant à elle intégré l'amont pour mieux répondre au process particulier de l'élaboration de ses produits de charcuterie : « Nous nous sommes construits autour de cette singularité : nous mettons l'ensemble du cochon dans nos produits. Dans le process, nous sélectionnons donc nos producteurs de porcs bretons et nous avons intégré les abattoirs dans nos usines pour travailler au mieux nos produits et justifier l'écart de prix avec les produits standards », témoigne Jildaz Colin, chef de marque pour Hénaff.

Aujourd'hui, le collaboratif remonte l'ensemble de la filière jusqu'à la matière première.

Christophe Heurtevent, senior vice président Trace One Europe

De même, l'initiative de l'association Bleu-blanc-coeur garantit une viande de porc de qualité pour les industriels et les consommateurs finaux. Le principe consiste à diversifier la nourriture des porcs élevés en France avec des plantes (graine de lin cuite, luzerne). Cette démarche, initiée aussi auprès d'autres élevages depuis onze ans, a séduit de nombreux acteurs : entre 5 000 et 7 000 éleveurs ont adhéré au label, ce qui représente 20 000 porcs abattus par semaine, soit 5% de la production française. Les principaux acquéreurs de ces animaux pour la grande distribution sont la Socopa (groupe Bigard) et Fleury Michon. Certains distributeurs s'en sont également emparés pour leur MDD, parmi lesquels Casino et Monoprix.

 

Humaniser le produit

 

Les enseignes de la grande distribution ont également bien compris l'intérêt de mettre en avant les relations tissées avec les producteurs. Récemment, l'enseigne des Mousquetaires a revu toute l'organisation de ses fruits et légumes pour favoriser l'origine française et privilégier ses liens avec les producteurs sélectionnés par les acheteurs. Pour valoriser cet effort en magasins, les visages des producteurs ornent les packagings, comme autant de gage de transparence du produit. Pourquoi avoir pris ce virage ? L'objectif est de rassurer le client, quand les crises alimentaires mettent à mal le peu de confiance des consommateurs dans ces industries. La notion de « minerai de viande », médiatisée avec le scandale de la viande de cheval, a mis au jour les nombreux intermédiaires possibles dans le circuit alimentaire. Peu rassurant, jugent les consommateurs. Maintenir le cap de ces efforts devient donc un impératif.

 

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