L'Ilec s'innocente des hausses de prix et Leclerc annonce des déréférencements

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Les esprits s'échauffent sur les hausses de prix. Leclerc a annoncé le retrait des rayons de produits de marques dont les tarifs explosent, alors que l'Ilec tenait une conférence de presse pour expliquer que les hausses de prix ne sont pas de leur fait.

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Est-ce un hasard ? Alors que le président de l'Ilec, Olivier Desforges, présentait ce matin des études fouillées aux journalistes visant à démontrer que les hausses de tarifs en 2007 ne bénéficiaient pas aux industriels des grandes marques, mais aux distributeurs, Michel-Edouard Leclerc menait dans la presse quotidienne nationale une vaste campagne annonçant le retrait des rayons de produits de marques dont les tarifs présentés aux enseignes sont en forte hausse. «Produits trop chers ? Il ne nous reste qu'une solution, ne pas le vendre », indique le slogan. Un cadre rouge barre six références de grandes marques en indiquant  « retirés de la vente ». La Vache qui rit figure en premier, avec une hausse de 20,63 %, Pulco 19 %, un produit Ajax 19,72 %, une crème de Nivéa 18,42 %, des brownies de chez Brossard 18,29 %, un produit de chez l'Oréal 18,52 %. Ces six produits seront retirés de la vente à partir du 1er février indique le distributeur.

Coup de fil de Bercy

En tout cas, la découverte « en direct » de cette campagne choc est venue interrompre le déroulement jusque là tranquille de la conférence de presse que tenait ce matin l'Institut de Liaisons et d'études des industries de consommation, l'Ilec, fédération qui regroupe la quasi-totalité des grandes marques de l'industrie de la grande consommation. Le président de l'institut a en effet dû interrompre sa conférence pour répondre à un appel de Bercy l'informant de la campagne publicitaire, laquelle a été immédiatement projetée sur écran. «Le comportement de Leclerc est scandaleux, a lancé Olivier Desforges. Pour plusieurs raisons, il induit le consommateur en erreur en faisant croire qu'il y a des hausses de prix générales de 20 %, il fait peur a tout le monde et va enclencher des baisses de consommation qui n'arrangeront personne. Nous ne resterons pas inactifs. Il faut sortir de ce twist politique qui consiste à répéter Nicolas Sarkozy m'a dit que, m'a promis que... ».

Le président de l'Ilec s'appuyait alors sur ses statistiques qui visent à démontrer que les prix de cession trois fois net des grandes marques aux enseignes ont baissé de 10 % en francs constants en neuf ans (+ 5 % en francs courants) et n'ont pas augmenté l'an dernier, tandis que les marges des enseignes sur ces produits sont passés de 26 % à 36 % durant la même période. Le conflit s'attise alors que les négociations entre fournisseurs et industriels ont désormais débuté avec une probable guerre des prix entre distributeurs, comme l'an dernier. Le contexte de la hausse des prix et de l'inflation va exacerber le sujet, alors que le problème du pouvoir d'achat reste la préoccupation majeure des Français. Leclerc semble avoir une fois de plus visé juste où l'intérêt de la population est le plus sensible .

Sylvain Aubril
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