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L'impossible renaissance des films Polaroid

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Après l’arrêt de la production par le fabricant, des fans de Polaroid rachètent le brevet. Un pari fou qui a donné naissance à The Impossible Project.

Polaroid

En 2008, Polaroid, le roi de la photo instantanée, arrête définitivement la production de ses films à la suite de la baisse de la demande et à une interdiction programmée de certains composants chimiques utilisés dans le produit. La fermeture de la dernière usine aux Pays-Bas, en juin 2008, est l’occasion, lors d’une fête, de réunir des salariés de la marque avec des revendeurs et autres amoureux de ce format de photo. C’est au cours de cette soirée que Florian Kaps et André Bosman échangent sur la possibilité de continuer à faire vivre ces films et ce format d’image si particulier des années 80…

Les deux entrepreneurs ont alors rapidement contacté Polaroid pour racheter les brevets, les stocks et, surtout, stopper la destruction de l’outil industriel ! Polaroid avait anticipé cinq ans de production et tout a été vendu très vite. Ce capital a permis de financer les débuts de l’entreprise The Impossible Project, officiellement née en octo­bre 2009. S’en est suivi un long moment de recherche et de développement avec dix anciens employés afin de retravailler la formule chimique et d’en ôter les composants classés cancérigènes. Mars 2010, le film Polaroid renaît de ses cendres sous la marque Impossible, avec les produits PX 100 et PX 600. Trente nouveaux composants ont été ajoutés dans la composition de ces films en noir et blanc.

Le crowdfunding fait naître un boîtier

Il faudra attendre février 2015 pour voir débarquer dans la gamme les versions couleurs. La même année, The Impossible Project produit 1 million de packs. En parallèle, l’entreprise s’intéresse aux boîtiers, et lance une campagne de crowdfunding sur Kickstarter pour concevoir Instant Lab, un appareil photo qui repose sur une application permettant de transformer une photo digitale en photo argentique… 559 000 $ (soit 491 000 €) sont ainsi récoltés en octo­bre 2012, et 15 000 modèles seront vendus lors de la sortie en août 2013. La marque reste encore peu connue aujourd’hui en dehors des passionnés de photo. La distribution du produit est pourtant très hétéroclite, les consommateurs pouvant acheter leurs packs chez Colette à Paris, chez Leclerc, à la Fnac ou chez Darty, ou encore sur la Toile ou dans les salons de photo. Mais la cible privilégiée reste les fans de photo et les créatifs.

Le prix d’un pack de huit photos se monte à 20 €, Églantine Aubry, directrice du magasin parisien, soulignant la faible marge de la marque sur le produit : « L’économie de la photo argentique réside avant tout dans le boîtier. » C’est d’ailleurs la prochaine étape de The Impossible Project. Oskar Smolokowski, CEO de 26 ans, qui a repris la tête de l’entreprise à la suite du fondateur Florian Kaps, a présenté mi-avril le premier appareil photo appelé I-1. Un moyen de faire monter la demande en films et de rendre cette fois le nom de l’entreprise The Impossible Project complètement obsolète.

En dates

  • 2009 : naissance de la société The Impossible Project
  • 2010 : premiers films monochromes PX 100 et PX 600
  • 2012 : levée de fonds sur Kickstarter de 491 000 € pour fabriquer The Instant Lab
  • 2014 : 1 million de films vendus
  • 2016 : sortie de l’appareil I-1 en mai

En chiffres

  • 2 usines de production
  • 2 500 revendeurs dans le monde
  • 20 € pour un pack de 8 photos
Source : The Impossible Project

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