Marchés

L’industrie agroalimentaire use toujours trop de gras, de sel et de sucre

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ETUDE Selon l'étude de l'Observatoire de la qualité de l'alimentation (Oqali), les efforts de l'industrie agroalimentaire pour réduire les apports excessifs en sucres, gras et sel sont encore bien éloignés des préconisations du Plan national nutrition santé (PNNS 2). Au cours des cinq dernières années, les apports journaliers en sucres ont baissé de 0,4% pour les hommes et les femmes. De même la part des lipides (graisses) a fondu de 0,4% pour les hommes et 0,3% pour les femmes. Les apports de sel ont baissé de 1,1% pour les hommes et de 0,9% pour les femmes.

Na Cl (chlorure de sodium) la formule du sel, molécule encore trop présente dans le régime des Français
Na Cl (chlorure de sodium) la formule du sel, molécule encore trop présente dans le régime des Français

Légers progrès sur les laitages, boissons fraîches et charcuterie

Certes s’ils ont eu la main légèrement plus légère sur les glucides et lipides, les industriels sont encore loin des objectifs du Plan national nutrition santé (PNNS 2). Au cours des cinq dernières années, les apports journaliers en sucres ont baissé de 0,4% pour les hommes et les femmes. De même la part des lipides (graisses) a fondu de 0,4% pour les hommes et 0,3% pour les femmes, selon une évaluation basée sur les produits proposés par l'industrie agroalimentaire aux consommateurs français. Les gains ont été réalisés notamment sur les produits frais laitiers et les boissons fraîches sans alcool pour le sucre, sur les charcuteries pour le gras, selon l'évaluation transmise par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses).

Moins de 8 g de sel par jour

Côté sel, les apports ont baissé de 1,1% pour les hommes et de 0,9% pour les femmes. Soit « 3 à 5% des objectifs du Plan national nutrition santé (PNNS 2) pour les hommes, et 14% de ceux pour les femmes », souligne l'Oqali. L'impact étant plus important pour les forts consommateurs. Rappelons que le PNNS 2 adopté en juin 2012 préconise de contenir la dose quotidienne de sel sous la barre des 8 grammes/jour.

Les hommes au meilleur de l’objectif « graisses »

Pour les sucres, la reformulation des produits permet de réaliser 1,6% des objectifs du Plan (hommes et femmes), et pour les graisses, cette contribution au PNNS 2 atteint 28% chez les hommes mais 5% seulement pour les femmes. En général, les hommes ont tendance à consommer plus d'aliments gras (charcuteries...) que les femmes. Ces dernières en revanche consommant plus de produits sucrés que les hommes.

30 entreprises ‘’au régime’’

Pour mémoire, entre 2008 et 2012, trente entreprises de l'industrie agroalimentaire ont adopté des chartes d'engagements promettant de revoir leurs recettes pour améliorer la situation nutritionnelle des populations les plus exposées aux excès et déficits nutritionnels. Huit nutriments étaient ciblés: sodium, sucres, lipides, vitamine D, acides gras saturés, acides gras trans, fibres et calcium.

Haro sur l’aspartam et vive la stevia !

L'étude, qui a passé en revue près de 15.000 produits transformés témoigne de la grande désaffection pour l'aspartame "dès 2003", liée aux suspicions d'effets cancérigènes. Début 2012, il n'était plus présent que dans 39% des innovations à base de "faux sucres" (les "édulcorants intenses") contre 85% en 2002. A l'inverse, les produits à base de "stevia" (un édulcorant naturel) sont de plus en plus nombreux depuis l'autorisation du produit en 2009.

L’huile de palme dans un tiers des produits

Autre donnée: 34% des 15.000 produits de la liste contiennent de l'huile de palme, corps gras que le Sénat a vainement tenté de surtaxer pour en réduire l'usage (amendement dit "Nutella"), et qu'on retrouve notamment dans les pains, biscuits, gâteaux etc.

Les bémols de l'association de défense des consommateurs CLCV

L'association de défense des consommateurs, CLCV estime que cette étude témoigne qu'en matière de santé nutritionnelle, « faire appel aux bonnes volontés des professionnels ne suffit pas », que «l'effet de ces chartes est très décevant ». Mais surtout qu'elles ne concernent, au final, qu'une bien faible part des aliments consommés par les Français : entre 1% et 16%, selon les nutriments concernés, estime-t-elle
 

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