L’offre alimentaire d’Amazon profiterait-elle (un peu) des conditions d’achats de… Carrefour?

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Une partie des produits alimentaires de grandes marques et quelques MDD vendues par Amazon et Amazon Prime Now proviendrait du grossiste Diapar, qui s’approvisionne indirectement aux conditions d’achat de Carrefour. Un clin d’œil savoureux à l’heureoù Amazon entend concurrencer le commerce de centre-ville, et notamment Carrefour.

Une partie des produits de grandes marques (et quelques MDD) vendus par Amazon et Amazon prime Now aurait une origine surprenante...
Une partie des produits de grandes marques (et quelques MDD) vendus par Amazon et Amazon prime Now aurait une origine surprenante...

La question peut paraître étrange. Mais elle mérite pourtant d’être posée. Car avec l’empilement des centrales d’achats, il n’est pas impossible qu’Amazon se fournisse indirectement auprès de la centrale d’achat de Carrefour pour une petite partie de ses produits alimentaires livrés dans le cadre de Prime Now. Une situation paradoxale alors que ce nouveau service de livraison en une heure à Paris vient justement concurrencer les Carrefour City et autres Market de la capitale. Selon nos informations, Amazon passerait par Diapar, un des adhérents de la centrale d’achat Francap (22 sociétés affiliées, 4000 magasins dont les Coccinelle et Coccimarket), pour s’approvisionner sur différentes marques nationales et sur quelques références de la marque de distributeur Belle France, propre à la Francap.

Capture d'écran du service Prime Now d'Amazon, avec un produit de la gamme Belle France (MDD de la Francap)

Un empilement des centrales d'achats en forme de poupées russes

Diapar (350 millions d’euros de CA, 250 magasins sous enseigne comme G 20, Sitis ou Diagonal et 600 indépendants sans enseigne) dispose du statut de grossiste. Ce dernier est donc totalement dans son rôle en revendant des produits qu’il achète à d’autres acteurs. Mais là où l’histoire pourrait se corser, c’est que Diapar est donc adhérent de la Francap, qui adhère elle-même à Provera, la centrale d’achat de Cora. Or, Cora a signé fin 2014 un accord à l’achat avec… Carrefour. Donc en résumé, et par ce petit jeu des poupées russes, il est possible – mais non confirmé – qu’Amazon profite des conditions commerciales de Carrefour pour concurrencer Carrefour à Paris. Interrogés par LSA, Amazon et Diapar n’avaient pas encore répondu à ce jour. Et selon une des entreprises concernées, ce type de montage "a eu lieu dans le passé, mais ne serait plus d’actualité".
Encore plus étonnant, Carrefour aurait déjà convoqué des industriels pour leur demander pourquoi et comment ils travaillent avec Amazon Prime Now. D’autant plus que lors du lancement de ce service, des prix étaient étonnamment bas. Si tout cela se vérifie voilà qui devrait alimenter des supputations et des débats dans les prochains jours.

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