L'Oréal condamné pour discrimination à l'embauche

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Les sociétés Garnier, filiale de L'Oréal, Adecco, spécialiste du travail intérimaire, et une de ses filiales, ont été condamnées vendredi en appel à 30 000 euros d'amende dans un dossier visant une discrimination raciale à l'embauche remontant à 2000.

Cheveux L'Oréal
 
La Cour 11e chambre de la Cour d'appel de Paris a infirmé le jugement de première instance rendu le 1er juin 2006 par le tribunal correctionnel de Paris, qui avait mis hors de cause les trois sociétés et leurs cadres. Cette procédure visant des sociétés cotées en bourse était une première judiciaire en France, où les poursuites pénales pour racisme dans le monde du travail sont rares.
 
Les faits, qui remontent à 2000, concernent le recrutement d'animatrices pour des opérations de promotion de produits « Fructis Style ». Districom, la filiale d'Adecco chargée du recrutement, avait précisé dans un fax adressé à sa maison-mère les exigences requises : être âgée de 18 à 22 ans, faire une taille de vêtements entre 38 et 42 et avoir le style « BBR » (bleu, blanc, rouge).
 
L'auteur du document a constamment argumenté qu'elle avait voulu dire qu'elle souhaitait des personnes parlant correctement le français. Une enquête de l'inspection du travail a cependant montré que pour la campagne Fructis, les candidats noirs, asiatiques et arabes avaient été quasi-exclus du recrutement de l'équipe, où ils ne représentaient que 4 % des employés, alors qu'ils sont environ 40% dans les fichiers de Districom sur ce type d'emplois.
 
Le jugement de première instance avait relaxé tout le monde en estimant que les « poursuites » avaient « été engagées à partir de suppositions et d'approximations ». Mais la Cour a jugé les faits établis et les a en partie requalifiés en subordination d'une offre d'emploi à caractère discriminatoire, au lieu de refus d'embauche en raison de caractère discriminatoire qu'avait retenu le jugement de première instance.
« Garnier a décidé de se pourvoir immédiatement en cassation contre la décision qui vient d'être rendue », indique L'Oréal dans un communiqué « en rejetant catégoriquement toute accusation de discrimination ». Laurent Dubois, l'ancien patron de Garnier, juge « cette décision totalement stupéfiante. »

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