L'ouverture de Costco France, une aventure côté salariés

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Tout s’accélère pour Costco. Avec l’inauguration du premier magasin français au printemps, les équipes vont passer d’une dizaine de salariés à plus de 250 en quelques mois. Un gros défi à relever pour mettre tout ce petit monde en ordre de marche et être prêt le jour J.

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Costco_Villebon sur Yvette.jpg© © Costco

Lors de la journée d’échanges Mission Costco organisée par LSA en septembre, il valait mieux prendre son mal en patience pour discuter avec les nouveaux acheteurs de l’enseigne. Tous présents pour l’occasion, ils se sont retrouvés face à de véritables files d’attente de représentants de grandes et moins grandes marques, désireux de parler business ou d’effectuer un premier contact avec l’enseigne américaine. Car Costco intrigue. Au-delà de l’ouverture d’un premier magasin prévue « fin avril-début mai 2017 », l’arrivée du distributeur dans l’Hexagone est aussi une aventure en interne.

Depuis que le go a été donné pour le magasin de Villebon-sur-Yvette (Essonne), la machine a dû se mettre en marche rapidement, et lancer les recrutements pour être opérationnelle. En juin dernier, l’enseigne américaine démarrait officiellement les embauches pour les postes clés du marketing, des achats, des fonctions support (DSI, contrôle financier, administration du personnel), symboles de la structuration de la société. De quoi marquer le début d’une nouvelle ère pour la petite équipe en place depuis des années. Elle va d’ailleurs quitter ses modestes locaux de Saint-Aubin (Essonne) pour migrer dans son futur siège, installé sur le site du magasin de Villebon-sur-Yvette.

Plus de 900 CV d’acheteurs

Parmi les postes incontournables, les acheteurs représentent pas moins de 18 personnes (9 acheteurs et autant d’assistants). « Les équipes seront complètes début novembre. Nous avons reçu 2 000 CV, dont plus de 900 pour les acheteurs », indique François-Xavier Taponat. Le directeur des relations humaines de Costco France travaillait précédemment pour une autre entreprise américaine dont le siège est à Seattle, un certain Starbucks. À partir de novembre, c’est une petite course contre la montre qui commence : tous ces profils différents vont devoir digérer le concept et tenter de reproduire en France « l’esprit » Costco, fait d’un assortiment réduit, de prix attractifs et de références coup de cœur parfois déroutantes. Si Marc Chapados (directeur des achats non alimentaires) et son alter ego de l’alimentaire Jean-Yves Mocquet sont en place depuis des années et maîtrisent les ficelles de l’entreprise, ce n’est pas le cas de tous les nouveaux arrivants. Certains baignent dans l’univers de la distribution alimentaire et des centrales d’achats depuis des années, alors que d’autres sont novices. Et une fois ce noyau dur opérationnel, des centaines d’embauches sont encore prévues pour le fonctionnement du club-entrepôt de Villebon. Son ouverture devrait représenter 250 emplois et 280 en vitesse de croisière. Autant d’emplois pérennes si le concept prend racine, avec qui plus est un taux moyen de turnover de 6 % constaté par Costco.

Une accélération exponentielle des recrutements

  • 2009 : ouverture du premier bureau de Costco en France (études de marché). L’entreprise compte alors un salarié. ?
  • 2012 : Gary Swindells prend la tête de la filiale française, toujours composée de… une personne.
  • Fin 2013 : arrivée d’Annie Boulet (adjointe du président), Marc Chapados (dir. achats) et Christine Januario (dir. financière). Effectif : quatre personnes. 
  • 2014 : arrivée de Jean-Yves Mocquet (directeur des achats alimentaires).
  • Juin 2016 : rejet du recours contre le permis de construire à Villebonsur- Yvette. Démarrage du recrutement pour treize postes clés.
  • 25 oct. : pose de la première pierre du futur magasin.
  • Nov. 2016 : les équipes d’acheteurs doivent être complètes, compte tenu des délais de préavis.
  • 2017 : ouverture prévue en avril-mai du Costco de Villebonsur- Yvette (250 emplois sur site).

Portraits d'acheteurs

Interrogés à l’occasion du rendez-vous Costco organisé par LSA, plusieurs acheteurs de l’enseigne ont accepté de dévoiler leur parcours professionnel, mais aussi leurs motivations et leur vision de ce modèle commercial inédit dans l’Hexagone.

Clément Richauvet, acheteur produits frais

« Je suis ingénieur agronome de formation à La Réunion. Ces quatre dernières années, j’étais chez Intermarché sur les pôles volailles, produits de la mer, où je m’occupais de la qualité et du développement. Je suis ensuite devenu acheteur. Je vais m’occuper du département frais de Costco (viande, volaille, marée, fruits et légumes). Il y a une notion très forte de fraîcheur sur ces catégories. On veut des produits consommables du premier au dernier gramme. C’est à nous de convaincre nos clients. J’ai une admiration pour le modèle économique de Costco, que j’ai découvert lors d’un stage effectué aux États-Unis. Nous sommes en train de prendre nos marques. Il n’y a pas de raison que cela ne marche pas ! »

Laure-Anaïs Giowachini, assistante acheteuse boulangerie, pâtisserie…

« J’ai travaillé chez Danone Eaux France. Puis à l’organisation d’événements chez Citroën. Ensuite, dans une agence de design. Je ne suis pas acheteuse d’origine, mais j’ai travaillé sur tous les points de contact avec le client. Et je suis passionnée de pâtisserie ! Les clients vont avoir besoin d’un temps d’adaptation pour découvrir ce concept. Mais ils seront séduits. »

Nancy Lessert, assistante acheteuse Pem, ameublement, literie

« Je ne viens pas du monde de la grande distribution. J’ai travaillé pendant quinze ans dans le monde de la musique, chez Sony Music. J’ai grandi à deux pas de Villebon-sur-Yvette, et je connais bien Costco, grâce à mes voyages. C’était prédestiné que je travaille pour Costco finalement ! J’ai rencontré Gary il y a deux ans, et nous avons gardé contact. Concernant l’arrivée de Costco en France, les gens ont toujours peur de ce qu’ils ne connaissent pas. Mais une fois qu’on y a mis les pieds, on ne peut plus s’en passer ! »

Christophe Sempé, acheteur bricolage, décoration, jouet, jardin…

« J’ai commencé chez Auchan dans le non-alimentaire en 1997. En 2000, j’ai rejoint le groupe Carrefour. Ensuite, j’ai évolué chez PPR (sourcing Conforama) puis Auchan international. J’ai toujours évolué en centrale d’achats. La logique, c’est qu’ici, on n’est pas staffé. C’est très riche, car la mission, c’est d’acheter, mais il y a aussi le versant marketing, suivre les produits au quotidien. On ne travaille pas en silo (marketing, commercial). C’est une logique commerçante. On est en mode start-up en France. On a encore cette agilité-là. On sort des référents GSA et GSS : le consommateur va prendre le meilleur de ce que l’on est. Nous ne sommes pas sur un positionnement d’entrée de gamme, mais plutôt sur du milieu haut de gamme, entre les grands magasins et vente-privee.com en dur. Avec une vraie volonté de pousser les marques. Et, comme au Canada, nous avons vocation à faire connaître des petits acteurs. »

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Article extrait
du magazine N° 2431

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