L'Unicef signe des jus de fruits frais

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Lancement L'organisation décline sa marque pour la première fois dans l'alimentaire. Une façon d'encourager les acheteurs à « consommer utile » en s'assurant un don sur chaque vente.

«Achetez utile ! » Après Max Haavelar et Alter Eco, ce sera bientôt au tour de l'Unicef de défendre ce slogan. En janvier 2006, l'organisme de protection de l'enfance lancera en effet, dans le cadre d'un partenariat avec Frische France, une entreprise spécialisée dans la fabrication de marques propres, une gamme de trois jus de fruits frais sous sa marque.

Les produits sortiront directement des usines allemandes de Frische, pays d'origine de ce groupe présent sur les principaux marchés européens et dont le chiffre d'affaires s'élève à 100 millions d'euros. En France, Frische fabrique notamment les jus de fruits de la marque Repère (Leclerc) et possède également Mon Verger. « Le projet remonte à février 2005 », explique Isabelle Tirel, directrice du marketing de Frische France. La filiale, qui est à l'origine de ce projet, n'a pas eu trop de mal à convaincre la branche française de l'Unicef. « Les produits dérivés représentent 30 % de nos ressources (50 millions d'euros environ), et c'est la partie qui progresse le plus », reconnaît Clément Chauvet, responsable du pôle entreprises de l'organisme des Nations-Unis.

Créé en 1946, l'Unicef, dont les collectes mondiales s'élèvent à plus de 2 milliards de dollars, n'arrive pas en terrain totalement inconnu. « Dès les années 50, les premières cartes de voeux faisaient leur apparition », poursuit Clément Chauvet. L'Unicef est sans doute l'une des organisations gouver-nementales les plus actives en matière de produits dérivés, mais, curieusement, elle s'était toujours cantonnée au non-alimentaire, comme les papiers cadeaux ou les kits pédagogiques.

« Ce projet est génial, s'enthousiasme Alexis Krycève, directeur des opérations en aval d'Alter Éco. Notre vision du militantisme a toujours été pragmatique [...] Ces initiatives qui proposent de réconcilier deux mondes a priori très opposés - le commerce et l'humanitaire - me plaisent, car elles sont constructives. » Sur chaque brique vendue, 0,20 E tombera directement dans les caisses de l'Unicef. De son côté, Frische France récupéra une part équivalente, afin de couvrir ses frais de logistiques et de commercialisation.

Évolution des mentalités

Pour l'instant, seuls Carrefour et EMC (Casino et Géant) ont donné une réponse favorable. Mais Frische France espère monter rapidement en puissance. « Ce lancement sera annoncé dans la revue trimestrielle de l'Unicef, qui est envoyée à plus de 500 000 foyers. Les produits seront également intégrés à la campagne nationale Brikaddo et au site internet de l'Unicef, ce qui devrait représenter près de 2,6 millions de contacts supplémentaires », souligne Isabelle Tirel. Le développement de ce projet intervient en pleine remise en cause de la société de consommation. « Il faut redonner du sens à l'acte d'achat, prône Alexis Krycève. Cette initiative prouve que les mentalités sont en train d'évoluer et que les entreprises ont moins de complexes vis-à-vis de ce type de message. » Les consommateurs français y seront-ils aussi sensibles ?

Le prix de vente des jus de fruits signé Unicef oscillera entre 2,35 et 2,45 E l'unité, soit un peu moins cher que Tropicana, mais avec des produits que Frische France estime « de qualité égale, voire supérieure, au leader du marché ».

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Article extrait
du magazine N° 1932

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