La 4ème licence mobile aux oubliettes

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L'Etat aurait décidé de ne pas élargir le cercle des opérateurs historiques alors que Free et Numéricable frappaient à la porte. Les autorités souhaiteraient vendre la quatrième licence par paquets et favoriser les opérateurs virtuels.

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Free et Numéricable l'avaient longtemps espéré. Les associations de consommateurs l'appelaient de leurs vOEux. Aucun finalement ne devrait être exaucé. Selon La Tribune, le gouvernement serait en passe d'annoncer une solution alternative à l'attribution d'une quatrième licence de téléphonie mobile 3G. Du côté du ministère de l'économie, on se bornait cet après-midi à assurer sans trop convaincre qu'« aucune décision n'était prise et que tout était encore ouvert. »

L'attribution de cette quatrième licence, après celle d'Orange, de SFR et de Bouygues Telecom, avait vocation à apporter davantage de concurrence sur le marché de la téléphonie mobile. Mais elle ne semble plus d'actualité. L'Elysée aurait tranché la question la semaine dernière. « Si elle est vraiment abandonnée, c'est une très mauvaise nouvelle pour le consommateur », assure Edouard Barreiro, chargé de mission sur les télécoms au sein de l'UFC-Que Choisir qui stigmatise « des arrangements entre amis ». Les opérateurs actuels, au rang desquels Bouygues Telecom, auraient vu leur part de marché mathématiquement réduite si un quatrième opérateur était venu jouer les trouble-fête. D'autant que les deux prétendants promettaient des offres très concurrentielles.

Pour améliorer la concurrence, le gouvernement s'acheminerait vers une autre solution. Il souhaiterait favoriser les opérateurs virtuels (MVNO) qui ne représentent que 5% des abonnés en France et vendre la quatrième licence par paquets à plusieurs prétendants. Les trois opérateurs actuels pourraient d'ailleurs candidater pour obtenir de nouvelles fréquences. Etonnant, alors que le Conseil d'Etat s'était prononcé début février en faveur d'un étalement du paiement de Free. L'opérateur du groupe Iliad qui se portait candidat avait demandé à étaler le paiement de cette licence (619ME). Pour pénétrer le marché et monter son réseau, Free aurait dépensé près d'un milliard d'euros en plus de l'acquisition de la licence. L'Etat vient peut-être de lui faire économiser 1,5 milliard d'euros. Pas sûr que l'opérateur soit redevable...

Frédéric Bianchi
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