Franchise Expo Paris 2014

La 5e génération au pouvoir chez Cora

|

SUCCESSION - Philippe Bouriez passe le relais à ses deux fils, Pierre et François. À eux de conserver l'indépendance du groupe Louis Delhaize mais aussi de développer les enseignes Cora et Match, très présentes dans le grand Nord-Est, mais petites à l'échelle nationale.

Lundi 26 janvier, 20 heures, à Croissy-Beaubourg. C'est au siège de Provera, la centrale d'achats alimentaire de Cora, des supermarchés Match, de Maximo, Migros France et Francap que se sont réunis tout le comité de direction du groupe belge Louis Delhaize et l'ensemble des directeurs de magasin, soit quelque 230 cadres. Pour un moment d'émotion. À 75 ans et après trente-quatre ans de présidence du groupe Louis Delhaize, Philippe Bouriez passait ce soir-là le flambeau à ses deux fils, Pierre et François.

Une transition douce

C'est en descendance directe, la cinquième génération à prendre le pouvoir. Pierre, 43 ans, quitte la tête des hypermarchés Cora pour diriger les enseignes du groupe. François, 48 ans, quitte les supermarchés Match pour se charger de la stratégie, des finances ainsi que des relations extérieures du groupe. Comme leur père, ils sont presque aussi discrets que des moines trappistes. Le frère aîné, François, a toutefois accepté de rencontrer LSA pour livrer quelques confidences sur le développement du groupe de droit belge Louis Delhaize, lequel a réalisé 11 Mrds E en 2008, dont 8 Mrds en France, et possède 843 magasins. « La transition se fera en douceur, témoigne François Bouriez. Nous conserverons la philosophie élaborée par notre père. ». Entendez garder farouchement l'indépendance acquise de haute lutte de la filiale française GMB, qui représente 70 % de l'activité de Louis Delhaize, mais aussi celle des magasins, gérés - c'est unique - de manière autonome.

Le premier grand changement ? L'arrivée de Benoit Maitre à la tête de Provera le 3 mars prochain. Il remplacera Jean-Robert Desherault, l'actuel directeur général de Provera France Alimentaire, la centrale créée en 2001 suite à la dissolution de la centrale Opera que le groupe partageait avec Casino. Benoit Maître, directeur des achats alimentaires des Mousquetaires, quitte un groupement qui détient 11,9 % du marché en valeur (CAM au 28.12.2008, source : TNS Wordlpanel d'après un distributeur) en ne comptant qu'Intermarché pour aller dans une centrale qui, en additionnant les parts de marché de Match et de Cora, pèse 3,4 %. Une surprise de taille pour le monde des fournisseurs. « C'est un peu comme si le directeur commercial de Danone produits laitiers frais s'exilait chez Yoplait », compare un industriel. « Nous souhaitions nous renouveler et apporter du sang neuf au sein de notre centrale d'achats. Nous avons choisi quelqu'un dont les compétences se sont créées en dehors du groupe », explique François Bouriez.

Sans doute est-ce pour mieux amorcer 2009. « L'année 2008 n'est pas la meilleure année du groupe, sauf pour les jardineries Truffaut et le site marchand Houra [créé par son frère Pierre en 1999 alors qu'il revenait d'un séjour aux États-Unis, NDLR]. Et 2009 s'annonce incertaine, ce qui nous incite à gérer l'entreprise de manière très précautionneuse, déplore le nouveau directeur général. »

Délitraiteur bientôt en France

Les deux autres motifs de satisfaction : le gain de 1 point de part de marché dans les produits frais chez Match et le fait que Cora a amélioré son indice prix de plus de 1 point. Pour persévérer, ces deux enseignes vont mettre l'accent sur les MDD. Dans ce domaine, elles ont du retard face à des concurrents comme Intermarché ou Casino, qui vendent déjà un produit sur deux à leurs marques propres. L'an dernier, 310 références de MDD ont vu le jour. Le groupe compte cette année augmenter le nombre de références de ses trois principales signatures : Patrimoine gourmand ainsi que les marques d'enseigne Cora et Match. Autre axe stratégique qui ne vise que les hypermarchés : des galeries commerciales autour des Cora, soit par extension si elles existent déjà, soit par création.

Enfin, François Bouriez annonce l'arrivée - imminente ? - de Délitraiteur, une sorte de Lenôtre qui totalise 24 unités en Belgique. En France, son développement commencera par la région parisienne. « Là où habitent les gens qui rentrent tard chez eux et qui ont besoin d'acheter des plats à emporter, un paquet de pâtes ou une bouteille de vin », précise le fils aîné de Philippe. Un développement mené avec « précaution », le maître mot de 2009.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter