La baisse du prix des carburants a du mal à suivre celle des cours du pétrole

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Les prix des carburants à la pompe ne cessent de baisser, mais les proportions apparaissent bien plus faibles que les cours du pétrole. Il est probable que les revendeurs de carburant constituent quelques marges… Ce qui peut faire l'affaire du gouvernement, qui voit la recette de taxes sur les produits énergétiques fondre de plus de 200 millions d'euros. 

Les prix à la pompe ne cessent de baisser...
Les prix à la pompe ne cessent de baisser...© Kaspars Grinvalds - Fotolia

La chute brutale du cours du pétrole semble mettre du temps à être répercutée dans les prix de l’essence et du gazole à la pompe. Sans doute faut-il du temps aux revendeurs pour s’inscrire dans la tendance, mais il est aussi probable qu’ils reconstituent des marges. Notamment les grandes surfaces, qui restent toujours beaucoup moins chères que les pétroliers, mais qui doivent faire face à la guerre des prix de beaucoup de produits de grande consommation. Le prix de l’essence pourrait compenser des pertes ailleurs.

Répercussion lente

Selon l’Observatoire de prix et des marges, la baisse du cours du brut en octobre, de l’ordre de 20 % en dollars et de 14 % en euros, s’est traduite par une baisse de 6,4 % du prix du SP 95 et de 11,4 % du prix du gazole sur les cotations internationales de produits finis (en euros), soit  une répercussion quasi-instantanée de la baisse. En revanche, les prix à la pompe n’ont baissé que de  1,9 % pour l’essence et de 5,2 % pour le gazole. Les prix ont toutefois continué de plonger en novembre, au point que les Belges viennent désormais faire le plein en France,  selon France 3, mais l’effet "lissage" de la baisse des prix entre le cours du brut et le prix à la pompe a été maintenu. Les entreprises semblent donc engranger quelques marges.

Le frein à la baisse peut faire  l’affaire des entreprises et du gouvernement

L’affaire doit d’ailleurs arranger un peu le gouvernement qui, avec la baisse du prix du litre d’essence et de gazole, voit aussi fondre la TIPCE, une taxe sur les carburants, et la TVA afférente. Plusieurs dizaines de millions d’euros de recettes, prévues dans le projet de loi de finances initiale, passent de profits à pertes (de l’ordre de 230 millions d’euros depuis le début de l’année). Par ailleurs, en janvier, tous les types de carburants vont subir une hausse des taxes de 2 centimes par litre, au titre de la transition énergétique, et de 2 centimes supplémentaires sur le gazole, pour compenser la perte de la recette de la fameuse écotaxe.  

La hausse des taxes de 4 centimes par litre va capter les baisses de prix

Du coup, à consommation et prix constants, le rendement de la hausse de ces taxes se situerait à un niveau proche de 2 milliards d’euros en 2015.  Elles capteront donc une partie de la baisse des prix. Laquelle est de plus de 20 centimes d'euros par litre depuis septembre. Les enseignes et les stations des pétroliers ont peut-être décidé de limiter une telle baisse des prix pour éviter d’avoir à afficher une hausse à cause des taxes, et des effets de yoyo, qui déplaisent toujours aux consommateurs. Reste que sur le front des prix, il suffit qu’une enseigne choisisse de faire apparaître les prix les plus bas sur ses totems pour que l’ensemble de la distribution se lance ensuite dans la bataille… 

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