La baisse du prix du pétrole rapportera plus de 5 milliards d’euros aux Français en 2015

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L’institut Coe-Rexecode vient de se livrer à une analyse de l’effet de la baisse du prix du pétrole pour le porte-monnaie des Français en 2015. Bilan : plus de 5 milliards d’euros, presque trois fois plus que la mesure de baisses d’impôts. Et pour les entreprises, c’est plus encore…

L'économiste Denis Ferrand, directeur général de Coe Rexecode, analyse l'impact de la baisse des prix du pétrole sur le pouvoir d'achat et les entreprises.
L'économiste Denis Ferrand, directeur général de Coe Rexecode, analyse l'impact de la baisse des prix du pétrole sur le pouvoir d'achat et les entreprises.

Via un joli graphique réalisé à l’initiative de l’institut Coe-Rexecode, on obtient une bonne vision de l’effet de la baisse du prix du pétrole sur le porte-monnaie des Français en 2015 - dans l’hypothèse bien sûr où les prix du gazole se maintiennent à leur niveau actuel. Le chiffre est énorme : 5,3 milliards d’euros d’économie et donc de gain de pouvoir d’achat.

La baisse des prix des produits pétroliers mesurés au niveau des prix à la consommation contribuerait à elle seule à 0,5 point d’inflation en moins, soit autant de pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages en plus, explique une note du directeur général de l'institut, Denis Ferrand. Cette proportion correspond à 6,2 milliards d’euros de revenu en plus pour les ménages et à 5,3 milliards de consommation en plus (avec un taux d’épargne stable à 15% du revenu disponible brut des ménages)”.

SOUTIEN À LA CONSOMMATION 

Le chiffre pourrait même être supérieur. La projection de Coe Rexecode est réalisée sur la base d'un cours du "brent" à 44,5 € le baril. Or, selon l'Insee, en août 2015, le prix du pétrole en euros diminue nettement (–16,8 % après –8,7 % en juillet), pour s'établir à 42,2 € en moyenne par baril de Brent. Le prix a chuté de 44,9 % par rapport à son niveau d'août 2014 (76,6 €). Par ailleurs, les prix en euros des matières premières importées hors énergie se replient aussi (–3,4 % après +0,6 %) : cette baisse est généralisée, qu'il s'agisse des matières premières industrielles (–3,3 %) ou alimentaires (–3,5 %).

Voilà qui va donc venir soutenir la consommation puisque l’on sait que le consommateur utilise les économies réalisées grâce à la baisse des prix pour réinvestir dans des produits plus haut de gamme (ce que les panélistes appellent la premiumisation). Ainsi, la déflation a rapporté environ 1 milliard d’euros en 2014 au consommateur pour ce qui concerne les achats de produits de grande consommation. Mais celui-ci a tout de même dépensé 1,3 milliard de plus que l’année précédente. On imagine l’effet induit de plus de 5 milliards d’euros d’économie en plus, même si l’argent ne va pas que dans les produits de grande consommation, mais aussi dans les biens durables, l’immobilier, l’automobile.

Et en plus, 7 milliards d’euros d’économie pour les entreprises

Pour les entreprises, le gain est encore plus important. Coe-Rexecode l’évalue à 7 milliards d’euros, ce qui est énorme. “En prolongeant sur toute l’année notre estimation de l’impact de ce mouvement de prix relatif sur les marges des sociétés non financières, celles-ci connaîtraient une hausse d’environ 7 milliards d’euros (+ 2,1%), toutes choses égales par ailleurs, ajoute Denis Ferrand. Cet impact sera hétérogène selon les secteurs”.  Il n’est pas dit, d’ailleurs, que les marges s’améliorent. Tout dépend de l’usage qui sera fait du gain envisagé. Le montant pourrait servir à baisser les prix, ou nourrir des investissements, ce qui améliore la compétitivité, ou à l'inverse pour augmenter les salaires, les dividendes, voire pour offrir des primes de départ faramineuses à quelques PDG comme ceux de Sanofi ou d’Alcatel !

A quoi il faut ajouter Les baisses d’impôts pour l'an prochain

Du coup, l’enveloppe annoncée par François Hollande de 2 milliards de baisses d’impôts - mais toujours concentrée sur les plus bas revenus - apparaît bien moins généreuse que la baisse des prix du pétrole, qui s'adresse à un public plus large. Mais elle s’y ajoute, et va elle aussi renforcer le revenu disponible des ménages d’autant et donc le pouvoir d’achat. Dans une note, que nous publions ci-dessous, le ministère des Finances a donné de nombreux exemples de baisses d’impôts, 3 millions de ménages de plus n’en payant plus du du tout et 5 se voyant réduire le montant jusqu’à 500 euros. Pour un peu, on se croirait en campagne électorale ou en période de Père Noël. Mais c’est sans compter sur les impôts locaux, qui, pour de nombreux ménages, pèsent dix fois plus lourd que l’impôt sur le revenu versé au Budget de l’Etat. Et en la matière, bizarrement, aucune statistique macroéconomique ne permet d’analyser leur évolution globale et l’effet qu’ils ont sur la compétitivité de l’économie et le pouvoir d’achat des ménages….  

Les prévisions de baisse d'impôts pour les ménages à partir de septembre 2016

 

 

 
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