La bataille d’aloyau jugée peu loyale…

C’est le morceau de la discorde.

Interbev, l’interprofession du bétail et des viandes, s’alarme du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement TTIP, actuellement en négociations à Bruxelles. Interbev explique que les contingents ouverts, à savoir 200 000 tonnes de boeuf qui pourraient être vendues dans toute l’Europe, risquent de faire mal à la filière française, première productrice de bovins dans l’Union européenne (UE). La filière américaine valorise peu les morceaux situés à l’avant de l’animal, c’est-à-dire les pièces nobles. Avec cet accord commercial, des morceaux comme l’aloyau arriveraient donc en masse dans l’UE. Or, les modèles d’élevage de ces deux continents n’imposant pas les mêmes contraintes, Interbev estime que le prix d’un kilo d’aloyau varie entre 8,60 € et 13,70 € selon le lieu de production, aux États-Unis ou en Europe. Une concurrente directe qui fait craindre le pire pour l’avenir des filières européennes. « Cette baisse se répercutera sur tous les maillons de la filière de manière homogène, le prix du jeune bovin payé au producteur accuserait une baisse de 9,60%… soit une diminution de 40 à 50% du résultat courant des exploitations d’élevage », s’inquiète la filière. L’interprofession demande ainsi une exclusion de la viande bovine du champ des négociations du TTIP. Le cas échéant, elle souhaiterait que les contingents de boeufs américains autorisés à entrer en Europe soient revus à la baisse. Pas sûr qu’elle soit entendue…

200 000 tonnes de boeuf américain pourraient innonder l’Europe, à prix cassés. La filière tremble.

 

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Article extrait
du magazine N° 2355

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